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DICTIOWAIRE
PATOIS DE LILLE
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DC MÊME AUTEUR
Etttdet lur la légwlalion mitUaire et sur la Jurisprudence des
Coiiseik de guerre et de rémim.i vol. iii-8", 1855. Paris,
Anselin; Lille, Vanackere.
Conférences mr le Droit rural (iDlroduclion), brocb. in-S",
1848. Ulle, VaDackere.
Législation des portions méuagèrei ou parts de marait dans le
nord de la France, vol. i(i-8°, iSSO. Piris, A. DaraDd;
Lille, Vanackere.
Le Bourgeoit de Lille, esquisses locales, vol. in-18, 1851.
Paris, Garnîer; Lille, Béghin.
Question de comjtélence à propos de iajditude personnelle à la
jouissance de certains biens communaux : affouages, marais,
broch. in-8«, 1851. Paris, A. Durand ; Lille, Vanackere.
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DICTIONNAIRE
nr
PATOIS DE LILLE
. Pierre LP^UAND
Netcb qiil iiauk inluu dulceriing ni
UllE
V VA^ACKEnE, ÉniTKi'n
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PRÉFACE
En rendanl comple de mon oufnige, dans le Revue du JVbrit,
H. Le Glay disail, avec celle bienveillance qui est l'apanage da
vrai talenl : e Je prédis une seconde édition au Dktimmaire du
PaUrit de Lille; je vois d'avance celle bonne et belle brochure
se transformer en un bon et beau livre que l'auteur enrichira,
non pas peut-être beaucoup, quanl au nombre des mots patois
définis, mais surtout quant aux citations heureuses et aux origines
étymologiques. »
Sang me Taire illusion sur le peu de mérite de mon travail, j'ai
voulu, autant que je l'ai pu, justiSer la prédiction démon honorable
critique, et, tout en approfondissant la matière iéji traitée, j'ai
élargi le champ de mes recherches. Grâce â de nouveaux efforts
do mémoire, et servi par des amis complaisants qui, pour alléger
ma tiche, sondaient leurs propres souvenirs et tendaient constam-
ment leurs oreilles, j'ai pu ajouter prés de trois cents mots d la
collection.
Je me suis appliqué sarloul à rechercher les origines des mots
f|ue je rencontrais, ou qui m'étaient indiqués, et d les appuyer par
1
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des eieinples, aBn de justJlier de {iliis en plus cette opinioD qae le
pilois de Lille, loin d'être un grossier argot, est In langue primitive
de nos incétres.
Que paloU Jûrive de ab atavit ou depatrieniii, c'est toujours Ik
langage paternel.
Je ne nie suis pas cru obligé, celle fois, à me borner à l'étude
des mots, j'ai peosé que le cadre choisi pouvait aussi, jusqu'à un
certain point, contenir la définitiou des choses, et je n'ai pas
laissé échapper l'occasion de m'eipli^uer sur les institutions de la
localité.
J'ai trouvé des renseigaements précieux dans lesandens trouvércsi,
dans tes vieilles ehrouiques, dans les histoires de l'illustre Valeu-
cieoDois Froissart, qui coansissait si Lieu notre Flandre. J'ai
pu aussi compulser avec Truil les chartes du pays , notimmeat le
Reauil des Franchùet, Loi* et Coutume* de la ville de Lille,
édité avec tant de soin par H. Brun-Lavainne, d'après le manuscrit
de Roisin.
On sait que Roisiu, qui n'était pas, coroine le pense H. Le Bon,
on secrétaire des Etala de Flandre, mais un modeste clerc d« In
Tille, a eu la patience if. recueillir et de mettre en ordi'e toutes les
coutumes tradilioonelles depuis tOG6 jusqu'en 1377.
Son précieDimaDuscrit.conlioué par ses successeurs jusqu' en 1S22,
contient les matériaux les plud intéressants. Au point de vue
philologique, qui rentre plus spécialement dans mes préoccupations
du jour, je ne puis m' empêcher de signaler la piquante application
de la prononciation patoise qui, au début, tombe sur le nom même
del'humhle écrivain.
L'histo rien. Ti roux, qui en fait un huissier à verge, l'appelle
sérieusement llogin; il rapporte que c'était dans son livre qu'on
lisait la formule des serments lors du renouvellement du corps
échevinal. i
C'est dans Roisin que nous trouverons 1> véritable qualification du
langage parlé é Lille au moyen Ige.
Ce dérivé de la langue d'oil, que H. Hécart appelle rovehi, et
dont H. Cachet fait avec beaucoup d'esprit la langue d'otoi, n'est
autre chose que le picard.
Kous voyons eu effet, an chapitre intitulé : « Comment on doit
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— m —
aller à &riM', i chapitre biiïé depuis sur Foriginal, le passage
suÎTaDtdes formules, dans lequel le langa^ parlé à Lille reçoit une
dénomination fort explicite :
L* même formule de prestation de sennent renferme des
prescriptions matérielles, jugées nécessaires au ht* siècle, et
dont l'absence a, de nos jours, autorisé plus d'un faux témoignage:
• Et si conrteDl que quiconqu«9TaDaSaliiB que li p08 de la maiDdonl U jure
Il faut aussi qu'il tienne sa main sur les saints i<mi eroUer et
«an» remuer.
C'est M une précaution que le juge. A l'heure qu'il est, en
plein m* siècle, est encore ohligé d'imposer à certains témoins qui
ne croiraient pas se parjurer par une parole mensongère passant
entre leurs doigts écartés i dessein.
Quant aui femmes, qui n'ont pas encore reconquis, dans les
mœurs des' campagnes, leur droit d'égalité devaot les hommes, A
quoi Càul-il attribuer cet état d'infériorité, si ce n'est aux vieux
usages, nés de k barbarie, et dont nous retrouvons encore un
exemple dans ce même chapitre de Roisin, où il est dit que :
(I Se femme va as Sains, autre si bien le demandans comme le
delTendans... li amparlier (avocat) ou chius qui les maine as
Sains tiegoe se main soui leur puingn au jurer, pour ce que
femme est de hastive et de voilage corage plus que li hom ne soit? i;
La plupart des litres recueillis par Roisin sont en latin, mais le
texte est accompagné de la traduction contemporaine en roman,
et la confrontation des mots n'est pas inutile pour assurer
l'exactitude des choses.
I Aller d Saint, t'iMl frUtr t
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La tridacboD romiine de la charle de foiidalion de la coll^iale de
Snint-Pierre. en JOltS, conlieol une naïveté curieuse.
L'écrivain qui avait à transcrire en roman les biens nombreui
aiïecics à la rondation, arrivé au territoire oà régnait Lothaire, se
trouva arrêté par les expressions lulines n juxla aquas grani, »
prèi à.' Aix-Ut-Chapelle , et il les traduisit par ces mots : t Da
lez les etauwes de grain, n près de» eaux de gratiw.
Un peu trop plein de son sujet, peut-être, le pauvre clerc,
moins fort qiie le tûoge de La Fontaine, avait pris la ville de
Gharlemag;ne pour une boissoD fermenlée.
nabelaism'aaussi fourni plusd'un renseign émeut philologique.
Le vocabulaire du malin curé de Meudon s'adaptait parfaitement
aui plaisanteries toujours un peu débraillées de nos aucètres.
Ghei eux, comme chez Rabelais, le fond est raisonnable et sain ; la
forme seule est toujours triviale, parfois obscène. Elle se ressent
des allures brutales d'un pays où depuis trop longtemps la matière
est préconisée. Mais quand l'honnêteté publique n'a pas cessé de
percer à travers le langage, quel qu'il fâl, quand la rudesse des
mœurs a contribué i entretenir la droiture de l'esprit, doit-on
regretter trop vivement un défaut de goiil ou de bienséance?
Nous le disons bien haut : Dans aucun des fantaisistes lillois,
depuis Jacquemart Gielée, le sagace auteur du romau de Renard,
jusqu'à Brûle-Haison, jusqu'aux chansonniers populaires de nos
jours, on ne rencontrera cesplaisanleries villonnienoes qui sentent
la corde, ces apologies des petites indélicatesses, ces allusions
déplacées aux châtiments judiciaires , qui constituèrent trop
longtemps lefond des poésies poissardes, à l'usage du peuple de
Paris qu'elles corrompaient.
Il est vrai qu'à une certaine époque le pilori était i la Halle.
Quant a nos chansonniers lillois, rimant pour le peuple ou pour
la bourgeoisie, ils se sont toujours inspirés du milieu homiéle
dans lequel ils vivaient, et toujours on a pu leur appliquer le
vers du poète latin, si heureusement rappelé ailleurs par H. Arthur
Dioani, i propos des trouvères de la Flandre :
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J'ai parlé de Brùle-Haison.
Pourquoi ce chansonnier , doni le mérite lilléraire est si nul,
t-t-il vécu jnsqu'i nos jours dios la mémoire du peuple de Lille et
des campagnes? C'est parce que, sous la rudesse de la forme et la
crudité de l'eipressian, il personnifiait en lui l'esprit et le bon
sens du pays; c'est qu'il est devenu un type comme autrefois
Renard ou Isangria, comme depuis Hayeui, Robert Hacaire,
Cocambo ; c'est que sonceuvre, qui n'avait paseu de corammcemenl
connu, ne devait pas avoir de Sa et devait se perpétuer, sous
■on nom, aussi longtemps que persisteraient les travers qui
riospiraîent, et l'humeur maligne qui porte j les chfttier par le
ridicnle.
Le cercueil de François De Cotlignies vient de descendre sur le
pavé de la Petite-Place, par une fenéb^ de sa maison; — le
malicieui chansonnier avait donné d'avance, pour sou dernier
vét^nenl, une mesure qui ne penoetlait pas le passage par
l'escalier'i — les Tourquennois respirent comme au jour où, pris
par les Partisans, Brûle-Maison devait être pendu i Tournai*.
Triomphe d'un moment ! Le recueil des chansons et pasquilks
se poursuit et se grossit à la grande joie du peuple de Lille qui ne
peut s'en passer.
Brûle-Maison est mort; vive Srùle-Maison !
C'est i ce point que l'ou s'obsline encore aujourd'hui à lui
attribuer la paternité de toutes les chansons qui se trouvent dans la
S"' édition du recueil io-32, imprimée chez M. Vanackere , y
comprises celtes sur la Comcriplion de» CMent', que le sujet
reporte évidemment à l'Empire, et la nouvelle procession de
JtanM MaaioU, en 1825'!
Pourquoi pas?
1 Toi» l'inonda rit
U'rir arriier l'mori p> l'taroïelle
fosiiuu I-eénioni<!g lonl Irop'lils.
IDUKOUIUIVI.)
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— VI —
Le même recueil ne Tait-il pas sérieusement figurer le n
Brùle-Haison dans VAti poétique de Boîleau?
Je transcris la note de l'avant- propos :
Distilla la fenia de ua traiu médiaBnu;
Aui Koots inaolsni) li'une boufllmne Jois
Ui tagta», l'Mpril, la boD sens fui en proia.
On Tit par la Ultois on paj» nTOUd
S'etuieblr ani dépens du Tourquennoli joué '.
BrAlc-Haisou aeu les hoaneura d'une notice deH. Arthur Unaui,
et, tout récerameiit, il a trouvé place dans la Gâterie dtt Cfcaii-
eonnteri populaire;, publiée par H. Charles Monselet daDslejouroal
Parit sous ce titre ; lo Comédie noiw.
« Ses parades rimées, dit M. Honselel, offrent ce caractère de
réalisme dont notre siècle se montre si friand. — Les peuples neuls
ont faim de poésie, les peuples vieui n'aspirent qu'a la réalité. Voici
une des pièces de Oecottignies d'une philosophie nsuelle. »
Et H. Honselet donne le dialogue entre un mari et une femme,
intitulé : PtuqmUe plaùanlt en poloif dt LiiU', dans laquelle
il reconnaît une mélancolie et une douceur qu'on ne rencontre
pas, dit-il, dans toutes les œuvres de Brûle-Maison.
On ne s'étonnera pas des. cita lion s nomb reuses quej 'ai empruntées
H cet nuleur, qui, par lui-même et par ses satellites, renferme
dans son œuvre toute l'école patoise.
Elles sufBronl sans doute pour justifier les définitions des mois
de mon Dictionnaire , mais elles seraient impuissantes , je le
reconnais, à pénétrer le lecteur, étranger à la ville, de tout ce qu'il
y avait de comique de bon aloi, et en mtme temps de Snesse
d'observation dans le chansonnier lillois.
Il faudrait copier tout le recueil.
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M.Monsclelianlc la douce philosophie de la pasquille entre le
mari et la femme.. . Quelle franche gnieté I quelle peinture eiacle du
ll^Tae lillois dans le dialogue eotreleSavetieretlaTourqueDDoLte',
qui fiait par pousser d bout son iulerlocuteur, à propos d'une
paire de souliers qu'elle cherche vainemcnl daos tout l'étalage
du savetier pour koq garçon!!! Et, â côté de cela, quelle leçon
de tolérance donnée, dans sa Chatuon platianU, i tous les persé-
cuteurs de l'esprit français.
Brùle-Haison est arrêté par des Psr^sans, la poche garnie de
chansons piquantes contre les uns et les autres; que deviendra-t-ilï
Les Tourquennois le pendraient sans miséricorde ; Haiarin se
serait contenté de te faire financer; lesPartisansparleDtde l'envoyer
ani galères.
Hais le chef de la bande, plus modéré, le renvoya avec ces
paroles pleines de mago
Jjs chofigoni ne fom pns In [luorn',
Mais Ta guerr* tkit fair' les chanson!
Va, rellr'loi, Brùle-Haisun i.
De CoUignies, ainsi que le montre sufllï^amment la forme de ses
pasquilles rimées, la nature même des plaisanteries qu'il débite,
avait dû s'inspirer des vieilles légendes du pays, il connaissait
les farces et les soties qui, avant lui, étaient en possession d'amnscr
la province.
Certes, il lui était bieu permis de s'approvisionner aux sources
auxquelles ne craignait pas de puiser Holiëre lui-mime, qui
regardait comme son bien tout ce qu'il trouvait de bon.
I Eircnnei laiirqiienriiiiici, S" rMutJI.
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Ju cite au hasard, i titre de preuve, la vieille Tarée de maître
nimiii, rapportie dans la Bibliothèqut Bltevirienne.
Maître Mimin a désappria sa langue i force de se barbouiller de
UtÎQ. Quel est le remède à cela? Sa mère l'a trouvé:
Pour lui rapprendra son langoge.
N'est-ce pas l'eipédienl inventé par le Tourqueonois pour le
jeune Flamand qui lui est confié *?
Peul-Hi|r' choaq'sii parolea.
Srîtle-Haisoa mourut é Lille, le 1" février 1740.
Kous voyons la date exacte de son décès dans le billet de mort
■oigueusement conservé dansie musée spécialdeM.Gentil-Descamps.
Mais la marotte du chansonnier n'était pas tombée en quenouille.
11 laissa un fils, Jacques De Cottignies. marchand mercier,
éventail liste, rue des Récollcts, à la LunetU i Angleterre, tenant
aussi boutique à la Foire, sur la Petite-Place, vis à vis la Bourse.
Celui-ci, soil occasiou, soit dédain du mirliton paternel, parait
disposé à emboucher la irtnnpette guerrière.
Nous avons de lui des vers naïfs, ainsi qu'il les appelle, sur les
conquêtes du roi Luiiis XV en Handres, el sur les ëvéaemenlS'
heureux qui signalèrent la Gn du régne de ce monarque :
En rhannear du ni de France,
Va Tel des lerses plein iea boasra,
Des quanchons, des Drguincnta
De Porls, de Lille et de Bnaen.
' Elrtnnct lour^titnaiui, !■ recueil.
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Il clianle «in», en mars ^7iZ, l'armée française narchaulsi
Fonlenoy. et le maréchal de Saxe qui ta coaduîl à la victoire :
Ne rions point: celle calèche d'osier c'est celle qui porta aux
endroits les p|js périlleux du combat le héros malade, souffrant,
mais jaloux de jusliller cette belle parole de Bossuel : « Qu'une
grande flme est toujours inaitresse du corps qu'elle anime, x
Puis vient eu 1746 la prise de Bruxelles oà se trouve :
Celle de LouTaîa :
Dani chel Tille qu'on [bU du u'»
Plus tard, le mariage du Dauphin el ta ^«esse de la Dauphinc
excitent de nouveau U verve du chansonnier naif :
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Qu'il y n loio de l'esprit goguenard et froadeur de Brftlc-Haisoii
i ees platitudes orOciellea!
Si déji nous voulions établir que l'humeur lilloise se prête peu
t la coiirtisaonerie de Louis XIV é nos jours :
Les eiemiiles fameui ne nous manquenieut pat!
La Révolution, à son début, parait avoir inspiré la muse p a toise.
Un dialt^ue entre deux savetiers, au sujel des députés du tiers
état, nous apprend l'opiaion du peuple à ce sujet :
Suivent les conseils au député :
Sa tenir droii, et puit dir' : SIra,
Je TOUS parle pour obéir.
Vinguun millions du liercbe âtat
Qui Mnl rdduits sur le grabat
Oui taudis ftji les impôts,
Soni murmurer, >ans dire un mi
Que le glergé et la iwbUohe
A ion tour lee impôts payclie...
Nous ne trouvons pas de trace de chansons populaires pendant
la Révolution.
Dans sa puissante centralisation qui absorbait le pays toulenUer,
la France n'avait qu'un chant, c'élait la ntarseiliaite, chant im-
mortel qui, malgré le nom de son auteur, ne se rattache en rien
â l'hislolre de Lille.
En dépit de l'aiiome du partisan que j'ai cité plus haut, l'Empire,
I Koni d'im candidat popuiaire.
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— Xi —
toujours eô guerre, n'a |ms Tuil naitre beaucoup de chuisous; je
crois qu'on garda prudemment en portefeuille ceilcaqai se [routenl
dans le recueil n* 10 sur la Caïueriptitm de$ ehietu, et sur 1a
DeteenU en Ângleletre.
Le pouvoir , qui prenait ombrage de la paciBquc l^cnde du roî
d'Ivetol, de noire Béranger, n'aurait pas sauQerlIiinaiDdreallu&ion,
même eu paloU, à ces sortes de choses...
La Restauration se dédonmagea pleinement de ce long mutisme.
De nombreuses chansons sigaalérent à Lille son nvônement.
^os oreilles cornsat eucore de celle qui fut composée en l'honneiiK
de Ponlaijûer :
le ne dirai rien du règne de Louis-Pbtlippe. Une seule cbnnson
{'sloise de ce lemps-li est restée célèbre. Avouons, à ta louange
du peuple, qu'elle accusait les rancunes du pouvoir plus que les
instincts d'opposition de la masse. Le peuple no connaît pas
la raison d'Elat. Dans sa bonne nature, il n'a que des aïm|ialhic3
pour le malheur, et ce n'est pas lui qui aurait ilagelléune princesse
Enfin Desrousseaui vint, et le premier à Lille
Dans le chant populaire introduisit le style,
Assouplit noire accent sous de moins nides lois,
Et réussit à rendre aimable le patois.
Citer Manieourt, Marie-Claire et la Càttehon Dormoire, c'est
Taire l'éloge d'uu talent naïf ctsouple à la fois qui mérite la popu-
larité doot il jouit dans les ateliers et dans les salons.
Brùle-Maison a trouvé son maître.
Dcsrousseaui a hit école; nous voyons autour de lui une
pléiade de jeunes auteurs, Dubuc, Danis, Charles Derottignies,
qui s'honore de sa parenlô avec le premier du nom. Henri Si»,
D,g,l.2cd|v,G00gk'
— xn
f^uis Veraie^se, et d'autres qui s'nCtnchent & rëhnbilîter le patois
de Lille, et, tout en l'épuranl, i conserver le moule poclïiiue dans
lequel, depuis plusieurs siècles, le peuple lillois jette, aussi
librement qu'il le peut, ses plaintes, ses regrets, ses joies, se»
espéTAnces, pour en faire sortir , au raomeDt donné, quelque
piquante boutade ; en temps de carnaval, des milliers de chansons,
lancées i la Toule impatiente, remplacent spirituellement les fades
eonfeUi de pMtre dont le peuple de Rome blanchit les passants du
Cono à cette mtoe époque.
Je sais Uen que certain critique préfère le bon français, comme
il préférerait sans doute V Apollon du Belvédère i la statue tronquée
de Patqam et de Marforio.
Ce serait plus beau, mais l'emploi ne serait plus le même.
L'esprit gaulois se sentirait gêné dons ses habits neufs, laissons-lui
KOD vieux sayon.
Est-ce qu'il n'y a pas assez depoêtesquicultiventle bon français?
Conservons dans notre coin du Nord le patois de nos pères;
gardoos-nous seulement de l'altérer par l'argot, cette langue des
prisons et des bagnes, ou, pour parler comme un grand poète :
(T cette langue entée sur la langue générale comme une espèce
De l'argot an patois il y a un abîme qu'il ne faut pas franchir.
' ^IctoT Kugo^ Dernier jour d'an Condaninà-
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PRÉFACE
DE U PREMIÈRE ÉDITIOU
Dam ton examen critiqw det dtdûmnatr», M. CharUt Noiief
itmande n U dtctùmnot/e concordant des patoit d'une langue ne
lerail pat un des plut beaux monumentt qu'on piU élever à la lexi-
cologie.
loin de moi la prétention de chercher à réalùer complètement U
vœu de Villuttre pMloloifue.
L'œvxTc serait au-deiiut de met forcet.
Mai* pour que l'architecte, encore inconnu, puisse élever ce noble
édifice, il faut que chaque patoi* local lui apporte sa pierre, et j'ai
voulu tout limplement, obscur pionnier, fouiller dont met louve-
niri de Liltoi* pour ratsembler quelques matériaux.
Cn mot (ur l'origine du paloit de Lille:
Quel que toit mon détir d'itluttrer le dialecte natal, il ne me
parait pat poutble d'admettre l'opinion de M. Derode, qui le fait
découler d'une louree particulière.
Lei patois dérivent de la langue prtmttttv, comme la rameaux
d'un mime tronc, et ce tronc commun, c'est la vieille langue fran-
çaise de Icujuelle, ainsi que nous aurons occotion de le faire remar'
quer par de nombreux exemples, notre patoit diffère trèt-peu.
D,g,l.2cd|v,G00glc —
Quand Jutei-Céiar pénétra daiu let (laalei, il y troava, comme
rliiileetei, au midi l'Aquitain, au nord le Belge et le Celle, dérivés
de la langue ini/i(cri«tMc det Gauloii ; l'occupation romaine modifia
profondément j'ûlwme primitif, à ce poirU qtte déjà, au- f' lUvle,
la langue dei vainqueur$ avait presque complètement absorbé celle
ttei foinctw ; tûit etuuite l'immiion det hordei germawei qui,
dépourvue* de l'ascendant qve la eivilitation romaine el le ekritHa-
iiisme avaient donné à la langue latine, ne purent faire triompher
partout, comme aux bordi du Rhin, le langage tudeique. Longue le
fot se retira de notre pays du ?tord, il ne retta tur la plage que
quelque* flaquei où germa le flamanil.
Enfin,au ¥11' lUcle, commença de s'opérer, entre te galla-romain
et le germain, ce travail de fusion quiproduisit le ro'nan d'où det'ait
sortir la langue franfaise.
Pendant que eemouTements'accompïissait dans les gratis centreu
intellectuels, il était suivi dans les provinces, mais de loin, irtais acec
des modilieations amenées par mille causes locales.
Une foisémaneipée.lalangue française, pratiquéepar tes seigneurs
de laeouT et de tactile, cédant aue caprices de la prononciation à
la mode, mêlée aux alliances étrangère», se pliant aux li/rannict det
grammairiens, domptée par des pluvie* d'élite, s'est insensiblement
écartée de son point de départ; le patois, au contraire, gui se glo-
rifie de son étymologie — ab alavis — oenanl des dieux, le patois,
parlé par le peuple ouvrier el campagnard, s'est moins détourné de
son berceau; il s'est conservé plus fidèlement.
Il en a été du langage, pour lepeapk, comme du vêtement, auquel
il reste si attaché; ajoutons, comme du patriotisme, comme de la
religion, comme de toulet les twbies (i-odilionj dont le foyer ne s'ctcinl
jamais dans son cœur ,
Aussi, bien que les divers dialectes du nord de la France soient
également formés de mots fondamentattx — reliquats celtiques, UUins
et tudesques -~ ne devons-nous pas nous étonna des variétés qu'ils
offrent entre eut, et surtout avec la langue-mhe.
Tel est notre patois de Lille. Ce n'est exclusivement ni le rouchi,
ni le wallon, ni le picard, idiomes voisins, ses frères en tangue d'oïl,
c'est encore moins la langue franfaise.
l/n«cireon((ancepariifuiièrfdoiiai-oircon(ritu^à individualiser
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fiotre patoit, foierai dire â U relever: it a Tenconlré un poèlc,el U\
poeU chanteur. C'ett une double chance d'immortalité.
C'est Cl <m'a pente Fratictrii DecoUigniet, plue connu lotu le nom
de Bnile-Haison.
It «ri peut-être utile de dire ici, pour les personnel qui ne sont pas
de Lille, que François Decottignies, trouvère et jongleur, exerçait
•on industrie de chanteur et de [eseitr de tours sur le» marchés de
Lille, et qu'il doit son sobriquet de Brùle-Haison à l'habitude qu'il
ocfliX de brûler un petit château de cartes dont la flamme, aperçue
de loin, outrait autour de lui un grand concoure de chalands,
BrUle-HaUon, né en 1 679, est mort en 4740.
Ce poètt,— il mérite ce nom,^ a compris tout ee qu'il y avait de
verve gauloise, d'ironie maliciease sous ce tiuieque placide de l'ouvrier
(illois, tout ee qu'il y avait de ressource», pour le vers mortfonl et
satirique, dans ion langage cru et décolleté.
Orale-Maison a projilé d'une de ces inimitiés de voisinage, autre-
fois plus fréquentes qu'aujourd'hui, entre les diverses localités d'un
même pays, pour aiguiser ses refrains contre l'excellente ville de
Tourcoing.
Jamais Athénien, jetant à poignées le sel de ion terroir sur les
infortunés Béotiens, jamais le Dijonnai* Piron, coupon! les vivres
aux Beaunois qui le poursaivaietU, en iAatt<att du tranchant de aa
canne les chardons du chemin, ne se montra plus aehamè, plus
persévérant dans sa rancune que ne le fut Brûle-Maison à l'égard
de nos voisins.
Tourcoing, hâtons-nous de le dire, n'était point alor* cette riche,
hoimtk et indttilrieuie dté que l'on pourrait présenter comme
modèle; c'étaitune façon de chef-lieu villageois, dans lequel Brute.
Maisonparail avoir concentré l'antipathie qui, à ccUe époque,ejcistail
entre Ut citadins et les paysans ; ces derniers loujoura repréteidét
comme de* types de crédulité et de bêtise, en miîme temps que de
suffiiaTKe.
D,g,l.2cd|v, Google
Le TourqueDDOÎs qui avale une araignée, celui qui croit que son
baudet s bu la luue, celui qui, pour avoir des carpes, en a semé les
croques , la Pnsqiiille entre une TourqueDUoise el un savetiitr de
Lille, le Flamand mis en cage, l'Histoire en proae de H. Herreng et
de Pierre-Joseph Delbaasedeule, loni dcpeftl* cheft-d' œuvre.
Brûle-MaUon n'apoi épargné tel compatriolei; lei cAonMtunir
tel Buveuses de Café, mr le» Blasés, ntr Ut Fourberies des Caba-
r«tiers, témoigttmt de ion eiprii ^obtervation et ie mn courage à
«ngier Ui vicei el let ridicules.
Comnu Taetmnel, Vaeteur gui excellaU dont let laoetiert, a de
fin l'on ditait qv^ilteraUdéplacédanitmeordoimer, BriU-Maito»
devenait déU$labU toute* Ut foi» que, tortoM du genre grivoii, il
wndait élever un peu ton col À la tuite det tmeret de ColU et de
Patmard, qui arrivaient juiqu'à lui. Set eoq-à-l'ânt n« lup-
portent peu la tectare, et il lu^ de citer let deux premieri vert
de lachaniimsuT lamaladiequ'ilafaileàDottai, pour juger la pièce
tout entière :
J'adretterai U mime reproche aux poilci de l'école de BriUt-
lUaiton,guiemprunt*ntUpatoi»de Lille pour compoier detromaiKes
tetitimentate* ou det couplet» à pointa de vaudeeille ; non pat que
je veuUU dire gu^Ht foreenl Ifur talent en agitiant ainsi, mais je
loutiem qu'tit faustent l'instrument sur leqttel ilt ehatUent. Il ne
faut pat téparer le fond goguenard et narguait Au Lilloit, de la
forme riAeîaitienne de ton patoiâ,
Quoiqu'ilentoii, Brâle-Maison a exercé une grajtde influence tur
notre patoit, pour lequel, tan* tracer de règlet précités, il a éttAlii
par set ehanton», une torte de poétique conservatrice.
SonreeueU, mntitmépar son fiU, Jacquet Deeottigniei, auteur
de* Vers naïfs tur les Conquêtes de Louis XV en Haudres, s'est
grosti chaque année des œuvres de collaborateur* anonymes.
Indépendamment de ces pièces imprimées, U en exisU d'autres,
d'une bot^onneric admirabU, qui lont confiée', eom»e le*
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raptodiei anlit/ues, à la mémoire de» eonteurt. Je ciUrai notammei»t
le Carrousel dsos un grenier, la Statue de saint Christophe, le
LQloîs sorcier.
Encore aujourd'hui le peuple, fdile au culte du ehamotmUr «orti
de ion tein, eontaered'htànlvde, par deepaïqmllt* runéet, te$ *o«-
vmin drolatiquei de la vtiU «t du foyer.
Cetl tuTloul en tempi de eamaoai que la verve du poète jmpu-
lairei'aiguUeetsed^oie. Une ehanum en patoit e»lcompo$ée tur
un dei évàunnenti de l'année qui ont Upiuê impresiionné la popu-
lation ; «Ile etl imprimét aux /roû d'une lociété, et, le-mardi gra»,
chatitée du haut d'un ehar par cinqmemt* voix triant tur tout le»
Umt et MiM tout la eottumei, avec aeeompagnement oblige de frotte
caitte, elle ett vendue par milliere aux ouvrier* dimt elle défraie ta
gaUé jutqu'au canuaial nHtxml.
Comment veut-on que le patoù te perde avec cet élément* repro-
ducteurs?
Malheureutenienteet chantant, tant étreobieènei.neteiUitinguent
point loujouri par la finette de lew atlicitme.
De tout lei ^énemenlt pattét, celui qui prête le plm à f équivoque
grivoite lera le pr«nH«r ehoiti.
Que vOttUi-vouiî
Le peuple, dont nou* rappelant le langage nai/, a tet défautt de
let qualitèt ;
S'U eit franc dont la peniée, il est cru dont l'expreuion.
Le Frantats, daaa les moli, veut être reipeclér
Ual9 le pstob DlloU brave l'hoonéleie.
J'ai betoin d'intitler tur ce point pour me faire pardonner, à
Cavanee, letonl9)re,brutqueela*iet peu parlementaire de» eitatvmt
que j'aurai l'occaiion de produire à l'appui de met définitioni.
Le dictionnaire que je présente eut loin d'être complet. Une foulede
vwtt, surtout parmi ceux qui tant ipéeiaux à ecrtaiiici profettiom,
a dé échapper à mon attention et à ma science. J'ai iearté volon-
lairement ceux qui, d'origine et d'application françaitet, n'avaieta
dupaUntque la prononciation. A ce compte il faudrait faire entrer
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NapolcoH Landau tout cnlfcr dani le voc(Aiitaire lillois. Je n'ai pat
roula donner droit de cUé dan» noire jiaUns à cet affreux argot de
Paris, qne rapportent quelques outriert de leur tour de Franee. En
revanche, j'ai peut-être été trop loin dam mes aàmùiùnu, j'ai peut-
être laissé entrer, sans passe-port en règle, dn expressions qui, pour
être de la langue d'oH, ne sont pas précisément éeloses dans l'ilot de
ta eoar Gilion; cela est possible.
Il y a des criiiquet ptiu graves que j'attends, sans trop m'en
effrayer ; ce sont celles qui jhrteront sur les définitions. J'ai mon
exevse dans la difficulté même du sujet : omiiis defioitio periculosa.
J'ai aussi ma consolation d'amour-propre dans la failltintité prover-
biale de» grammairiens. Qvant aux étymologies, malgré l'an^lew
du privilège qui, au moyen des apocopes, des contractions, des tytt'
copei, des transpositions et substitiUions de lettres, permet de faire
incontestablement dériver alfuie d'eqmis '; j'ai cru devoir, à cet
égard, réfriner mon imagination,
D'aitleurs, ainsi que je l'ai dit plus haut, je n'ai aucune prétention
philologique. J'ai été frappé de la rapidité avec laquelle diipa-
raissaienl chaque jour tard de mots de notre idiùme, et j'ai cherché
à en préserver quelques-uns de l'oiAli.Jene suis pas le peintre qui,
en reporttmt sur une ttnle savante un édifice ancim, lui donnera un«
nouvelle vie ; tout au plus suis-je le manœuvre qui, en fixant sur une
plaque, à l'aide du daguerréotype, des objets près de s'effacer à
jamais, prolonge un instant leur existence. Un autre, sur les fflotna
mauvaises de mes épreuves, reconstruira le passé.
Enfin, quoi qu'il arrive, ce qui dominera toujours pour moi dam
mon troïoif, c'est le bonheur que j'ai goûté à remuer mes souvenirs
d'enfance, c'est la joie d'avoir pu rencontrer une occasion nouvelle
de m'occuper de l'histoire d'une ville qui m'est chère à plus d'un
titre.
JuillH llfô.>.
Unis II foui avouer auui
Cu'on ïeiinnl de li jusqu'il
Il a bien cliin~é sur ta mi
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ESSAI
SUR LA PRONONCIATION LILLOISE
Cette lettre, qui se pronoDce Irès-ouverte à la fin des
syllabes et des mots, comme dans la, papa, embarras,
prend le son de l'e quand elle est suivie de IV. On dit :
lerdj lierd, pater, craine, pour lard, Uard, patar, crâne.
On dit aussi : plenures, esplenaie.
On peut du reste faire remanjucr ici, comme règle
générale, que le patois de Lille est fort sobre de
l'accent circonflexe; il prononce patte, cremme, conne,
jiouT pâte, crème, cône.
11 ne connaît pas davantage les lettres mouillées :
portail, éventail, médaille, font pourlui : portai, éventai,
médale .
A s'élide dans les articles et pronoms féminins :
f femme, s' mère, m'sœur. Aucommencementdecertains
mois patois, la lettre a forme une espèce d'augmentatif,
D,g,ucdb,C.OOgk"-
acravenler pour craventer, agripper pour gnpper, am-
eher pournic^; apaleler,atarger,atomber,fOitrpateler,
targer, tomber.
B sonne devant toutes les voyelles.
G
Cinilialse prononce A devant a,o,u: eapon, comédie,
tulolte. Même prononciation quand il est immédiate-
ment suivi de h, dans charpentier, charbon. Ce son dur,
substitué au son plus doux ck, est, suivant M . Fallot,
un signe de l'influence flamande.
C conserve le son de k dans chemin, chemise, chien,
dont le patois fait kemin, kemise, kien, et aussi dans
mouche qu'on prononce mouhe.
Il faut convenir que cette prononL-iation se rapproche
beaucoup plus des origines eaminus, camîta, eania,
musca, et même du français primitif. Il est curieux de
monlrcr ici, par un e:(emple, la ressemblance frappante
qui existe entre notre patois et le vieux langage de dos
pères. Je lis dans la Farce de Pathelin les vers suivants :
Qti'Ml'Ce qui t'illaque
A meo cutî etl-e» une vaque
Une moufque, ou un ïKirbolï
Ne les croirait-on p&s extraits d'une pasqiiille de
Brûle-Maison ?
On dit cependant assez souvent — mus ce sont les
beaux parleurs qui s'expriment ainsi — sereher pour
chérir, targer pour charger, ranger pour fiAonjer.
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1) est curieux de retrouver ce mode de langage au
XVI' Mècle :
N'oMT HMndre ce donl il « éU il iootcdI hIU anate se
vaDier de le e«rclur.
lu Baill) du
Peul-00 s'Étonner de ces bizarreries de langage,
quand les gens qui disent fréquemment caqse pour
citsgue. ne peuvent s'babituer à dire fixe au lieu de
fisque?
C se prononce eh devant les voyelles e et i .- plachette
pour plaeette, icAtpour ici, chetle pour celle.
C'estencore, ditM. Fallot, un indice du flamand .
D, suivi d'un e muet, prend le son du ( : limonate,
salate, malate.
Ë
E est la voyelle la plus caractéristique de l'accent
lillois. La façon dont il prononce les ^fait reconnaître
l'indigène ;]Ur-«an^ sous toutes les latitudes.
Il ne dit pas bonté, café, ainsi que l'enseigne M. Lho-
mond, muis bontaye, eafaye; et cette prononciation
s'applique à toutes les désinences on e.
loi encore les patientes recherches des érudits sont
venues justifier le patois de Lille. La modification de la
prononciation de IV par l'apposition de l't remonte aux.
premiers temps de la langue française. On terminait par
«t les adjectifs et les participes passés, comme rachetei,
tupplaniei, et les substantifs féminins comme nr^inifet,
ftadvitei .
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Au coromencomenl et au milieu des mots e se pro-
noDce comme s'il était suivi de « ; pmre, meure, pour
père, m3re.
E, suivi de m ou de n, se prononce presqu'invaria-
blement in : imharras, infants, pour embarras, enfants.
E se change en i dans bateau, château, chapeau, dont
on fait batiau, eatiau, capiau.
Suivi de u, il fait on : jone homme poar jeune homme.
Il se prononce iè dans fête, tête, bête, belle, etc. : fiête,
tiête, etc .
Enfin il s' élide fréquemment, surtout dans les articles
et les pronoms : t's'infanls, m's'amis.
Cette élision n'est qu'une réminiscence de l'ancien
français, où on l'employait Irès-frcqucmment pour éviter
l'hiatus.
F remplace le V presque partout au milieu et à lafin
des mots : veufe, brafe, eafe, pour veuve, brave, cave.
G
G a retenu l'aspiralion gutturale du flamand dans
gaufres, anguilles, aiguilles, qu'on prononce waufes,
anwuiUes, aiwuilles .
Il s'adoucit à la Gn des mots déluge, ouvrage, éponge,
pour faire déluche, ouvraehe, éponche. Quand on ne dit
pas : arteéponche, on dit : une ponge.
C'est ici le lieu peut-être de signaler un idiotisme de
langage fort remarquable. Quand le Lillois, pour le
besoin de la conversation, forge des mots, il les termine
en âge, qu'il prononce toujours ache. A quelqu'un qui
l'importunerait, en lui parlant de n'importe que) sujet :
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noce, iracail, musique, il répondra qu'il s'inquièle peu
Je loul ce noçage, Iravaillage ou musieage.
L' peur qu'on ■ de imelle In mên«che,
V«, lalchoni rha pour 1m rirb'a geni ;
Aïccleus argint
I n'acitront mie du riagc.
(Ilrill8-i(»l90r!. — TlMtaaiUnuiriatf.)
îia roi ■ là im matlrc Qru.
SI lin iirie pour les l>oni bajeut
No Dnuphin an ilu piiagt
Cumin' itànt bard k fafr' babige.
(PoBme burlejqiiB do la baioillo de Konienov,
De in^mc que dans l'ancien français, gn sonne n .-
sur la montane, à ma eampane.
Gle se pranonce gue, ongue pour ongle, aveugue pour
aveugle. C'est une conséquence 6e la suppression des
liquides remarquée chez les anciens auteurs. Gue, ter-
mînautun mot, se prononce que : baque pour bague,
Ge, quand il ne s'adoucit pas en cA, sonne dur comme
que : vet! fplonque. . . regarde, je plonge.
H ne s'aspire Jamais : un sapeur aveu s'n'hache.
ù'x'harmgt et d'z'haricols .
l remplace e dans presque tous les mots en emelen.
Un infant inuuyeux, imbétant. On dit mi, li. H, pour
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J prend le son dur du g dans jardin, jarretière,
jambon, qui font gardin, guertier, gambon.
L isalée sonne en palais commeen français ; redoublée,
elle ne se mouille jamais. On dit aujourd'hui, comme
au XIV* siècle : mervelle, consel; ce dernier mol se rap-
proche plus de consilium. que conseil. On prononce
famile, andoule, patroule, bouli, feule. Celte règle
n'a pas d'evceplion.
La lettre / est fréquemment transposée. On dit une
blouque pour une boucle. La déclinaisan macaronique
célèbre :
Dcblouqne memB,
Deblouquc memirum
prouve que celle transposilionest ancienne. Ici le patois
et l'ancien français ne seraient pas d'accord avec l'ély-
mologie qui fait dériver boucle de fibula.
On dit aussi Inguelierre pour Angleterre, tabelier
pour tablier.
Souvent / disparait : ble se prononce be : un homme
capabe; c'est abominabe. A son tour le b s'efface dans
diable qui fait diale; bl dans certains mots se mélamoi^
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pliosecomplétement; ainsi, pour semi/e et ses similaires,
on prononce senne.
I a la même innuence de décomposition après d'aulres
consonnes. On voit fréquemment élranner, Iranner,
poar étrangler, trembler.
On comprend la difficulté , pour ne pas dire l'impos-
sibilité, de tracer des règles grammaticales au milieu
d'une pareille confusion. L'oreille seule e[ l'habiludc
peuvent sûrement guider l'observateur.
L s'emploie aussi euphonîquemeat : Regardei là
bas-l-au, bout, cell' tà-l' gui vient.
H
K. Prononciation ordinaire.
N
N. Prononciation ordinaire. Euphonique comme chez
les Parisiens, pour adoucir certaines liaisons; mais cet
emploie de l'n est assez rare .
On dit ; vo n'komme pour votre homme; pain
n'épice pour pain d'épice.
Lea femmeE de courette
I n'en Télenl ausil.
(Bfûle-Holsaii.— Bweiuea de ca/Ï.J
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0, stirloiil suivi de n, se prononce comme s'il élail
précédé d"un e. Alleons! u« bateon, ttn' cane h eon,
m'capeote; j'sue d'keau; eh! souleol!
Les pronoms possessifs mon, ton, son. se prononcent
min, tin, siti:
Hom ilnit avoir isn plichon, un blanckrl. ten tabart
rojrrf, ten luquïton.
(Bi>i9ln.)
Souvent o dispiiraît dans ces mêmes pronoms par l'effet
d'uneélision très-commune, m'n'ami, î'n'onque. Signa-
lons à ce propos cette autre locution lilloise : Vo min
peur, sm mon onque.
Oi, ow conservent parfois le son de l'o. Ro bot, co
pour coup.
P
P conserve le son ordinaire.
Q précédant w a le son du c dur ou k.
Il ne se fait pas sentir à la fin de coq, on prononce co,
ainsi qu'on le prononçait dans l'ancien français, comme
le prouve le mol codinde.
Qtt s'emploie euphoniquement:
Que de (ablea gu'oD conte k Ullel
plus souvent après la conjonction quand .-
Quand qu'on est ti bien ensemble
Puadro-l-on jamais se qaitler.
[Cluair lie la M.
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_ 9 —
On ciinnaU le mot du fillier invilant, un jour du
Broquelel, s» sœur à monter en iîacre avec la famille :
Arrive, lUonïque, nous ti'sommes qu'à qu'onze.
Pareil scrupule euphonique existe dans le patois du
Pas-de-Calais.
Comme, à la iéunlon des Etals généraux, on appelait
les députés du Bailliage de Pernos, un seul se présenta :
« Et vos collègues, dit l'huissierf Monsieur, répondit le
député, nous ne sommes qu'à qu'un. »
R
A la dlB'érence du français d'autrefois qui- écrivait
arbre et martre, par respect pour l'étymologie, en pro-
nonçant ma/ire et abre -^ prononcialion vicieuse qui
nous a laissé candélabre au lieu de candelarbre, —
le Lillois écrit tout à la fois, et parle de cette dernière
façon : une fille mabre'e, un abre à prônes.
R disparaît aussi dans mécredi.
Toutes les Iransposi lions de l V n'ont pasété heureuses;
En disant broder, pour border (garnir le bord), froma(/e,
pour formage [venant d'une forme), le beau langage a
détourné ces deux mots de leur Sl'hs étymologique.
Malgré le bon français, le Lillois persiste avec raison
à dire pauver monde, pauverté pour pauvre monde et
pauvreté'; pauper, pauperlas. S'ildil/^erneapourprenei,
il y est^autorisé par ce vers de la chanson de RoJand :
Pernez mil ft'incB de France noire lerrf.
Et le Français qui dit trne brebis et un berger peul-i)
décemment reprocher au Lillois de dire une berbis et un
bregier, quand la racine commune verve:!! ks constitue
tous Iw deus en faute?
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II faut laisser nu patois lilluis cette Ireiisposilion spé-
ciale qui lui fait prononcer ercevoir pour recevoir, erela-
tner pour réclamer, et roblitération complète de l'r dans
registe, tnaite, pupite, papier à tetie.
5, même isolée, a toujours la prononciation douce:
Une voleusse, uaementeusse.
Entre deux voyelles, plutôt que de prendre le son dur
du z, elle se prononce comme lej .- prijeon pour prison;
rojin pour raisin, majon pour maison, nogeite pour
noisette. C'est un ojeau pou l'cat, dit-on d'un homme
cro(iué, qui a un pied dans ta tombe.
S, doublée, a le son du ck doux : picher, glicher, poui
pisser, glisser.
T
T n'offre rien de remarquable dans la prononciation.
V
Va fréquemment le son d'cw; eun' femme, des leu-
netles, un' leumerotte, alleumer s' pipe.
V pour où.ubi.
U, conjonction, pour ou, aut, se retrouve dans les lois
de Guillaume le Conquérant, monument du KP siècle :
El si alqueus u queus u préTOSl,
£( si quelqu'un ou nom!» ou prévoit.
Ajoutons, pour justifier surabondamment l'impossi-
bilité de donner une régie précise de prononciation
I
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tilioise, que /eu se prononce /«,el peu, pau : grosi' tiet'
pau de sens .
w
IF a le son ordinaire; il se rapproche du v dans les-
mots du vrai patois de Lille.
X, au commencement d'un mot, se prononce comme-
s'il était précédé de e -. Exavier pour Xavier .
Il a le son de \'s dans exlerminer , excuser. Il 8&
décompose plus souvent en ex qu'en es.
On dira ootamment Aleaandre; ofl dit aussi : prie
fisque.
T z
Ces deux lettres se prononcent comme en français.
Z est parfois employée comme lettre euphonique.
Courir à-x-osués, chercher des œufs, les yeux bandés :
aller à-z-œuës, sauter rapidement à la corde ; ce qu'on
appelle à Paris faire du papier m&ché.
Je ue terminerai pas cet essai de grammaire lilloise
sans présenter quelques observations générales.
Le patMS de Lille allonge volontiers certains mots,
a
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— 12 —
Ainsi il ajoute inulilement la syWabe de à^ns démépriser ,
se délamenler, dégriffer, debout, un àese<pioi, la
demoiiié, clc.
Il a aussi l'habitude de faire précéder le substantif de
l'adjectif qualiflcatif : du blanc-fer, le Bleu-Tôl, des
courus maronnes, etc.
Il a conservé, dans ses conjugaisons, la vieille forme
latine. Habemus, habetis, habent,se retrouvent dans
l'imparfait : Nous avimes, vous aviles, ils avottent .
Il m'en coûte designak'run défaut de logique à propos
delà manière dont il conjugue certains antres verbes.
Jecomprends bien que, dans sanaïveté, le patois dise ;
nous faisons, vous faisez, ils faùent, au lieu de nous
faisons, vous faites, ils font; mais je in'élonne qu'à
l'occasion du verbe meHrê, aussi de la quatrième conju-
gaison, au lieu de : nous mêlions, vous meltex, ils
mellent, le Lillois s'obstine à dire : nous mettons, vous
mettex,ilsmont.
« 31. le pre'sident, MM . les avoués mont leurs robes, «
«lisait, en pleine audience, un brave huissier, interpellé
parle tribunal à propos de l'absence de ces officiers
ministériels .
Bappelerai-jc le mot devenu fameux d'un honorable
commandant des sapeurs-pompiers, disant à un inspec-
teur, pour s'excuser du mauvais étal des tuyaux de cuir :
Mon yènéral, les rats s'y montÎ
Le Lillois dit aussi : je l'ai sui, je l'ai poursui, pour
je t'ai suivi, je l'ai poursuivi .
C'est encore un reste de l'ancien langage; nous trou-
vons, en effet, ilansFroissard, le passage suivant :
(ClroniqiL» - BatattedcCrecy.}
Dans les verbes pronominaux il use plus souvent de
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— 15 —
l'auxiliaire avoir que de l'auxiliaire ^(re. Ainsi il dira :
Nous s'tKons trouvé ensemble ; il s'a rendu malade; je
m'ai ennuyé'.
L'examen des vieux dictons lillois m'a fait retrouver
un exemple nouveau, et bien frappant, de l'analogie qui
existe entre noire patois et l'ancien français.
On sait que dans le langage de nos pères le subjonctif
prenait la terminaison ^e.
SulTre quc]u I a\ge
Souffre que j't/ aille.
{Lft Rail.)
HIelz cil que sul moerge.
lOieui vaut qua je meure tevl,
[CtaïuoN lie Ilalawl. ]
C'est par application de cette règle constante, et non
à cause de la rime, comme le pense à tort l'éditeur du
glossaire de Rabelais dans le Panthéon lilléraire, que
nous trouvons le mot donge pour donne dans les vers
suivants de la Farce de Palketin :
Je ne B^aj «i Je wnge
Je na; potol oppris qiie je donge
Me( drapi, en donnani ne velllanl.
Eh bien! si l'on veut se rappeler que le Lillois prononce
ge comme cke, on a ce même subjonctif dans ces locu-
tions : il faut qu'il l'euche; qu' nous l'ayoncke; qu'il y
vache; et surtout dans ce proverbe que je copie dans le
recueil de Brùle-Maîson :
Il est de l'rache des poux, y faut l' tuer pour ^t meurche •
Cemeurcke, n'est-il pas le moerje de la chanson de
Roland T
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DICTIONNAIRE
Abameh (s'), V. pron. S'amuser, se divertir.
Ablais, s. m., abladium. C'était, dans le principe,
la dépouille seule du blé. Ce mot comprend aujour-
d'hui tout l'actif delà ferme, il esl synonymed'acoic-
ment.
About, s. m. Limite; basse lalinité butum.
Abuser (s'), v. pron. Se tromper, se méprendre.
a Vous t'abusn. tous me pernez pour uon' aute. »
dit la jeune ouvrière qui repousse un galant propos
AcATER, V. a. Acheter; aeaptare, adeaptare.
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— i(i —
Acclamasses (faire des), s. C. pi. pousser de giantles
exclamations.
AcHELiNs, AssELiNS, S. m. pi. Pianclies de peuplier
ou d'autres bois légers sur lesquelles se clouent les
ardobes qui couvrent les toils des maisons.
AcHELLE , s. f. BufTet , étagère formée de simples
planches superposées; du vieux mot français ais.
Qunle plHis qui n'T i^^H «ur l'aehelle.
IBrule-HaiaiHi.- l'atqHilIe nouMUc.)
L'ménachi! ett Ju d' VachtiU.
Cette locution veut dire qu'il y a de la brouille
dans le ménage.
Acoupi (avoir ou faire). Sentir ou causer wie démangeai-
son. Deseopare, fustiger, en vieux français escopir.
Comme ud poa qui M acntipy.
(](iciiuesileCoiii!rnies. — k'/T» nuIfjiwL iifart
AcouT (donner de 1'), s. m. Prêter rorctUe à quel-
qu'un: d'acouter, auscullare.
AciiAviNTEU (s'), du latin aggravare. Ce mot. employé
pnr Rabelais dans le sens pronominal, pour s'éreinter,
figure, à l'actif, pour écraser, dans une naïve traduc-
tion fin si fractus illabalur oTbis. d'Horace, par
Philippe de Broïde, d'Aire en Artois.
Si quelque Cis le monile aminé,
felle Tri cassa nie ruine,
L'nura plalOI aeravinlé.
Qu'elle l'auia espouvai:!!.'.
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Adréciier. Adresser, réussir.
Miib, |>«r Taule de l'ouvrer «t le li«ucl phire qui ■<>btnlt
point romp^lom, le dit nssiif dvtihl) 'Ann adàreiehi«r.
iRi itt'n.—Sf}iii-nte lie Mrneijniwt dtÊ Compta, Si fcBri^rtiXi.
Ai'FiQiJËT, 8. m. Pelit instrument que les femmes
pnrlent à la ccinlure, pour !«ulenir leurs aiguilles
(juand elles Iricotciil.
Affligé, ailj. Estropié, infirme.
Affoler, V. a. Leviter Lœdere, (Duc.) Blesser légèreinenl,
csiropier.
Palle alToIce se dit d'une personne <)<>■ a liabituel-
lemenl In main pendante. C'est un terme de boucherie.
Si rm-il plMi il'uri un, l'tinni qu'il fui bii'n guArl ; maU il
demeura affolé.
{Chrw. rfe FriMHarl, chap.ILill.)
Affrontéf., adj. ElTronlée, se dit d'une femme auda-
cieuse, hardie.
Je t'pnlensi le première fol».
Affrontée n losarde.
Qui n'y « df le mouiarde.
(Grule-Xjljon.— Cluiitoa it Marianiif.)
ArruBLER, V. a. Mettre, couvrir, d'ajpfiuiare, agrafer,
d'où affubler; d'a^uJare vient fibula, à'oiiboucle, par
apocope.
Affutè, adj. Futé, toujours à l'affût, matin.
Apputjau, s. m Bagatelle.
Agache. s. f- Pie; Agace; il y a à Lifle une rue des
Sept-Agaches, qui doit son nom à une ancienne
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enseigne. Les enfants appellpnt pted-d'agaehele'ita
de la marelle où l'on pousse un palet à cloclie-pied .
Agés, s. m. pi. Connaître les aj^ej d'une maison, c'est
connaître sa distribulîon intérieure; du latin aggestus.
[Ducange].
Agobiles, s. m. pi. MenuR objets de ménage.
AomppKR, V. a. Accrocher, agrafer.
ÀQRippiN, s. m. Petit crochet qui agrafe à l'aide d'une
ouverture appelée portelette.
Agroulier, V. a. Saisir, prendre.
Jacques Decoltignies, regrettant qu'on n'ait pas pris
le duc de Cumberlaud à la bataille de Lawfeld, dit,
en parlant du général Ligonier, fait prisonnier :
AwsiN, adv. Ainsi.
Aioui, adj. Enjolivé, on dit aussi ajouillé.
Areuque un eofSnt bapléme,
Qui ilo'atoal ajouillé.
(Brùle-HalMn — Cbanion du Grand-Baplime.)
Alfos. adv. Quelquefois.
Aloteux, adj. Aleauteuz (Boquefori), qui manque à sa
parole.
Alou, s. f . Alouette, du celtique alauda.
Quand l'alos prliticbsDter,
ai commencirent i armer.
AuuA, adj. (Terrain) où il y a des maisons.
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- 19 —
AMBiELte, s. f. Petit poisson blanc.
Amendices, s. f. pi. AmendefAenls de la teire donnée
en location .
II esl généralement tenu compte au fermier sortant
des graisses et amendices.
Amekdisc, s. f. Se prend pour amende dans les vieilles
chartes.
Aheur, s. f. Émotion, émoi.
-FUtiUt
Ahicloted, V. a., pom amignoter . Caresser, dodiner,
dorloter.
Ainsi 1'«ut']our ean'pinv' dealelUére,
In amicIoEarUsinp'dtgarction.
(Desrousseaui. — //ConcfcdB iormoire.)
Ahitevx, SB, adj . Affable, qui fait des amitiés . Plusieurs
cabarets des environs de Liile, et notamment à Loos
et à Wattignies, portent pour enseigne : L'Amiteuse.
Amonition (pain d'). C'est par corruption, dit Ménage,
que le beau langage a fait de ces mots : pain de muni-
tion. Ce que nous appelons aujourd'hui !e patois était
le bon français du XVI* siècle. Nous trouvons dans le
Glossaire de Ducange : amonitio-cibaria, undè Galli .-
pain d' amonition.
Ahusette. Se dit d'un garçon ou d'une fille qui Qàne
volontiers .
Anette, s. f. Femelle du canard, canne, anas, anatis.
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. plur. Ouvriers de Tille.
L'i-omitë munldiipile
Entlndanl cht propo*.
D« rag« ïD n'^lo loulpll«,
A te T'nlr Vi'ang$lot$.
{t. P. — CoHteriptiOH if Ckient.)
Angouche, s. f. Angoisse; italien, angoteia.
ANiCHeR (s'), T. prou. Faire son nid.
Anichochb, s. m. Accroc, homme maladroit.
AouTEux, s. m. Moissonneur qui vient faire l'aoîlt.
Afarlbr (s"), V, pron. S'écouter parler.
Apbner, V. a. Sevrer, priver, de pénileneei par contrac-
tion pénence.
Apouchineb, t. a. Soigaer avec tendresse, donner, en uo
mot, les soins qu'une poule donne à ses poussins
(pouchios) .
Affatklkr, V. a. Appâter; se dit des poulets qu'on
engraisse dans la cage.
Approchant. Se dit dans le sens de presque, de bientôt :
Il y a approchant deux ans.
AHABii, ÉB, adj. Acharné, enragé; du latin rabies, rage.
Sin père dit: l'arTalreeil clouque.
Toi» lâtei qu'ann' inignle
Esl arabièe après des muuqaea.
(Brûlt-Hxltcia. — Cbanion iTun Tmrgueaiimi jid ooll «oU
■UH anisniii en aungtant M toupr.]
Archblibb, s. m. Menuisier qui fait spécialement des
coffres; du latin archa .
Archellr, 8. f. Baguette d'osier dont se servent les
jardiniers pour lier les piaules et attacher les vignes
aux murailles.
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— 21 —
On trouve nassi harehelle, diminutif de harf, lien
d'osier plus fort avec lequel on serre les fagots.
Tout en lour Bajard Turent 11 chevalier valllEint,
Dm Bareéltt àa boli lont le* eïtriers taiiant
PuE* Mnl iDoaiti dMaut, Reaaod eitan deraot.
Amia, ne velitïi gens de il pauvre lemblinl.
;nomBn dei Quilrc|IIi >t|Mui>i.)
Arland, s.m. qui arlandc. Lambin, maladroit. Auerland
est employé par Rabelais dans le sens de lourdaud .
Arlandeb, V. n. Lambiner.
AnMOQUB, s. m. Accroc, mécompte.
AnouTAGB, s.m. Marché aux vieilles férailles.
Arsouillb. Souillon.
Artichaud, s. m. Petit gàleau en pâte feuilletée qui
affecte la forme du légume de ce nom.
AssiTE, V. àl'impér. Assieds-toi, pour atete, du vieux
français aseter.
AssoHHOiB. C'était autrefois le nom d'un fameux cabaret
à genièvre, rue St-Sauveur.
Au lieu d'aller h leur ouvroir
ToQl d'iuitc T courent h l'attommoir,
[BriiMIiiinn. — Fnmpilt et ZalnUt.)
On a conservé le nom d'assommovr au café qui est
la dernière station du blasé.dans sa tournée alcoolique.
AssoTi, ÊB, adj. Affolé, infetué.
AsTEDX, adj. Joueur acharné, de as, monnaie ancienne ;
carte.
Atargeb [s'), V. pron. S'attarder, ralentir sa marche;
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de targia, lourd bouclier qui arrèlait la marche de
ceux qui le portaient . (Dueange.}
Dans les campagnes des environs de Lille, quelques
cabarets, où stationnent volontiers les tr^nards ,
portent pour enseigne : A l'targetle.
ÂTiCAN, s. m. Jouer d' l'atican, terme da jeu de
galoche ou bouchon, lancer sa pièce de champ, de
manière à ce qu'elle se fixe pr^ du bouchon; pour
Allouer ou abattre, on joue de lu plate, en faisant
glisser le palet.
Aiegar en saxon se dit de traits qu'on lance.
Atiqué, part. Attaché. Il y a dans Brûle-Maison une
pesquille fort naïve sur l'amour détiqué et ratiqué,
détaché et rattaché. C'est une réminiscence patoise de
Id fameuse scène du Dèpil amoureux, entre Marinelle
ctGros-Réné.
Ato (fêtes d']. Fêtes carillonnées: ce mot ato vient-il
d'ufor, parure, d'où atour, ou de alal, natal, qui du
jour natal de NoSi s'étendrait aux trois autres fêtes
solennelles reconnues? dérive-l-il au contraire du
roman ato, acte; du latin actus.acliaaîGrammatici
eertanl. . .
Cependant Dueange ne parait pas hésiter à qualifier
de jours naiaux les quatre principales fêles de
l'année, savoir : Noël, Pâques, Toussaint et Pentecôte.
Il s'appuie sur une charte de l'évêque d'Arras qui
reposait aux archives de St- Berlin. (Ducange, I. 809.)
Atomber,v. n. Tomber juste, réussir. C'est Wen à tombé!
Atoct, 8. m. Carte gagnante ; coup, par ironie.
Attriac, s. m. Cou, gorge; en rouchi : ateriau.
lit un granil laul
Deven rparlau de* tiiium.
Bien queu soixante pleda d'haut
Jusqu'à l'a tcWau.
(DriJfr-Malson.J
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— 23 -
D'après M. Escallier. adriau ou ateriau viendrait
du vieux iBol haterel qui se traduit en latin par
cenix, et signifie nuque, derrière de la tète.
Le patois de Lille, surtout en ce qui concerne les
femmes, donne à ce mol un sens tout oppwé : l'atriau
c'est la poitrine, la gorge proprement dite.
Cnblaunetrfau
Anui r^rme qa'ao gréa.
Attusé, Ée, adj . Appliqué fortement à un ouvrage.
Aubade, s. f. Ce n'est point toujours la symphonie
qui s'exécute à l'aube ; ce mot se prend aussi dans le
sens d' algarade, éckauffourée .
Jean-Iaeqnei, quelle triste aubade!
Dejiuis le malin.
No ponrcbeaa eit tenu malade.
AuBUu.s. m. Saule, aulne.
ÂtJHONDE, s. f. Aumône.
AvALEuRs DE VIN. Ouvricfs chargés de descendre le vin
dans les caves.
AvARiciEux, SE, adj. Avare.
Avisé, adj. Malin, qui a des avises.
Avise, s. f. Expédient.
AvoiEHENT, s. m. Actif d'une ferme. Dans la reprise
d'une exploitation rnrale, l'avoiement est onlinaire-
ment estimé à raison de mille francs du bonnier
cultivé.
AvuLE, s. m. Aveugle.
Awi, part. aff. Oui. Cette dernière afRrmation est le
participe passé du vieux verbe ouïr, entendre .
D,g,l.2cd|v,G00gk"- _
B
Babacub, adj. JouQlu; ime grosse babache.
Rabenne, 8. f. Bobine.
BABEN^EUX. Ouvrierqui bobine.
Bactêb, s. f. Déchets de viande etd'os.
L'tuler fiM, Je t'ai promii, Hithé,
De fp^TeraocraalDt et d'mlnger unn' bactét.
(P. P.— (TacMne Infitmak.)
Badine [aller h la] . Mareher bras dessus, bras dessous.
Badoulets (faire des). Jpu des enfants qui se laissent
rouler.
Badoulbttb . Grosse fille toute ronde .
Baffrbr, t. Manger goulûment.
Apréi atoir tten bu. beo dinié,
T te lont terloui mta k baffti.
(Brùla-HsiBun. — Béjoaiuancct delà roû-l
Bacou, 8. m. Parler facile et abondant.
Bagues (aller à}. Voyage que font à la ville les fiancés,
non pas seulement pour acheter tes anneaux d'alliance,
mais pour se fournir de l'ameublement de la maison .
Bagaes, d'où vient bagage, est le vieux mot géné-
rique de biens mobiliers: on trouve dans toutes les
capitulations la stipulation de vie et bagues sauves.
Ce lempi pendant, le aeigneur de Quievrtln, qael coromand
que le duc lai oll faii, se pirtid de la cour dn duc, le tSai
«ecreirment qu'il petil, lui deoilesme, el Tait emporter ■«■
inellleurf* bagu»t.
(Mémoire JuJacquBi Du Oercq.)
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Baik. Jupe.
Bailli. Agent delà fabrique d'une paroisse.
Dans plusieurs familJesde la campagne on conserve
ce nom aa plus jeune des garçons.
Cn ■ fin Mnner wn Iript;
Quind le bailU ttl venu « Mroir,
H a VCBU «Teuque ('n'hibtt noir.
Qa'meDt votex-voui rfilre inllcrrtT
Àlche un bnurgtoii qo'voui «llei TiIreT
(Biûle-MiiMn. — UMori norliImM^.I
Baleine, S. f Gène, désarroi.
Qoanil le commerce ue va pas, les ouvriers disent
qu'il est à V baleine.
Tout \it mélicrs font h \' bahliit.
Il liirel.
iDsirDuueliii. — Cbaïunn ilu Jtarchand ifepoiiuir) dcturri.)
Baller, V. n. Ne rien faire, s'amuser.
Le ballant, terme de marine, c'est la partie d'une
corde qui n'est ni rcide, ni tendue. (Nap. Landais.)
L'homme et la femme de la campagne prenncnl,
l'uQ son bissac, l'aulre son queTtin, même vides,
pour ne pas marcher tes bras ballanit, inoccupés.
fio/ter appartient au mAme ordre d'idées quejoquer,
qui vent dire tout à la fois vaquer et se divertir.
Il y a un trait d'union naturel entre ne rien faire et
s'amuser .
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Nous voyons dans La Fontaine :
Il sail danser, batlar.
faire drt toari île loule sorte.
tLlirelX.fub.;).)
Bal n'a pas d'autre origine.
BALLO^, s. m . Grosse pclolte de sucre .
Ballon, s. m. (Avoir l' ballon), être enceinte.
J'étot iveuc unne Bile
El elle Moll' baUtm.
(Som. — Sedétt ic Esinl'iInaiKt.)
Balocher. Balancer.
Balot, s. m. Saillie de la cheminée en maçonnerie
au-dessus du toit de la maison.
Le Blanc-Balo( est un quartier de Wazemmes,
ainsi appelé de la couleur du balot d'une guinguette .
Il a été question d'y établir le débarcadère du chemin
de fer du Nord.
Une ordonnance de tUS, ponr l'Âr lois, ordonne d'élever le:!
balolj tics cbemin^ de deux pieds et drmi au-dessus des
Ceillisures.
[Arcbitea iTAucli;.)
Digeot en neltiani un balot
TIeD, n')' a ta va lesoupe au pol,
Welte un pBu queulle Tungnere!
(Brùle^altQii.— i,( tel GtTtlmn.)
On raconte que Sanderus, surveillant l'exéculion
des planches de son Flandria ilttisiraia, eut soin de
faire fumer les balot» des chàteaus du pays où it avait
reçu la plus grasse hospitalité .
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~ 27 —
Balou, adj. Bèta, vient probablement de balourd, lour-
daud, ildiitau féminin balome.
Ce, mol est encore très - fréquemment employé.
Quand nos jeunes voyageurs de commeR'e, exilés dans
une ville étrangère, veulent savoir si, au milieu de la
foute qui les entoure, se trouvent quelques compa-
triotes, ils poussent le cri convenu : Ek! balôu! il est
rare que cet appel soilsans résultat.
L Écho du Kord a publié, en 1833, un article de
l'auteur du Bourgeois de Lille, intitulé: Ek! balou!
M. de Pradela improvisé, sur ce mime sujet, une de
SCS plus jolies chansons, dont le refrain est :
On remarque, dans le recueil de M. Desrousseaux,
la pai^quille de Jacquo l'balou ; elle confirme parfai-
ment In signification qu'on donne à Lille à ce mot.
Balooffe, s. f. Grosse joue.
Bakse, s. f. Manne, grand panier d'osier; femme qui
se conduit mal .
Le peuple continue d'appeler rue des Banseliers
la rue dite des Manneliers, dont les caves, du côté
de la Grand'Garde, étaient presqu'exclosivement
occupées par des vanniers qui étalaient leurs produits,
au dehors, sur la rue même.
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Banbb behchoirc. Berceau va osier.
Bangta, pour panier, se trouve dans un titre de la
comtesse de Flandres de 12S3.
Voir aussi DucaDge, v<* Bansla.
Baquet, b. m. Bateau plat.
Adonc mil le tire deSl-Pj ton pennoo tabaeqatl, et inlrs
tout le premier dedans.
Barat. Fraude, tromperie, d'où baraterie.
El eii doiTeul uier le ils voetlent aouslenir et mftlre le dmii
di'seare le loti el deseurc g[l1e et baral, et l'ilt Torllent drolc-
lierement jugler...
(Holtin. — Caniiilétiinimi fénératei nr lajutliu.i
Ce mot, d'après Nîcot, est d'origine méridionale; il
s'applique principalement à la fraude en matière de
(tomnierce.
Baron, s. m. Mari, du tudesque front, gardon; sui-
vant d'autres, du lalin vir.
Ché tetam' aveu leu baron
T daiiMlni treiou* au rond.
[ Bnae-Haiaon. — Chanson iId Grand Bapifmc.)
Barou , s. m . Tombereau à trois roues qui sert à
l'agriculture.
Barquette, s. f. Pelil bateau à rames qu'on loue, à
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six sous l'heure, pour les promenades au Gratid-Tour-
nant et kV Àrbonnoise .
L'ichelllére m' dit
VU r Ëar^ueir min p'iit.
{Durouauui. -- Uni Promenaée en baleav.)
Basainnea, V . n. Balancer, oeciller.
Basseb, V. a. CoDtractîOD pour bassiner; basser une
plaie, l'humecter avec un linge mouillé.
Batiller, t. n. Se biitlre.
Baudbquin. s. m. Petite nacelle, de l'allemand boolcken.
Bbard, adj. Qui regarde la bouche ouverte; de béer,
bayer, d'où bailler.
Ona fait observer avec raison que, par une bizarrerie
qui n'est pas sans exemple dans notre langue, le mot
bégueule, bien qu'exprimant Itttéfalemenl gueuU
béante, a pris, dans l'usage, la signification ie petite
bouche, bouche pmcée.
Beau (parler). Prier, supplier pour obtenir quelque
chose .
Bec-bot, s. m. Bee-bois, pic, oiseau.
On appelle ainsi un jeu qui consiste à lancer contre-
un bul, à l'aide d'une corde, un oiseau de bois qui
laisse son bec dans l'endroit qu'il atteint.
Beikpule, s. f. Boue liquide.
£lle iDMrcbe comme un' rrine
Data r btdonC mqr s'pUquer.
(Brule-H*i<i>n.— PerlraUik ia Viae àtaaru-r.)
Beguiis. s. m. PclK bonnet (l'enfunl.
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- 30 —
Béguin, s. m. Coiffe de femme qui a donné son nom
à un ordre de religieuses tnendiaotes, dites Béguàtes.
BÉGUINAGE, s. m. Etablissement où sont logées gro-
tuitemenl des femmes, pourvuee de prébendes, qui
leur donnent droit à un appartement séparé.
Elles étaient obligées autrefois de se coiffer d'un
voile dit : Béguin.
Le Béguinage est situé à Lille, rue de Jemmapes.
BÉNAcuE, adj. Bien aise.
Behiau (jeu de). Uàti surmonté d'un plsncber en pente,
percé d'une ouverture dans laquelle lejoueurclierche
à faire entrer, en les jetant de loin, des palets de fer.
Beniau, s. m. Tombereau; debenellus, diminutif de
benna.
BÉOTB. Aubetic, petite cabane.
BERDAinE (courir) . Aller à l'amour; corruption de lu
locution courir la prétentaine , laquelle s'applique
aux personnes qui font des counies, des voyages, dans
un esprit de libertinage.
V l'en aooren' ra poi d'un laar
D'iTeir couru btrdln l'amour.
(Brâl<H«>aon. — CnrouriiiinmiJtfai a battu um
due» ie «rgM.)
Behdelacues, s. f. pi. Objets de peu de valeur.
Beddouf, onomatopée. Exclamation pour rendre le bruit
que fait un objet en tombant.
Berlbau, s. m. Mauvais café.
Berlièhes, s, f. pi. Uéchirures, lambeaux.
Bkhlou, adj. Au féminin Berlouque, louche, strabique.
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- 31 —
Nous avons tous connu , dans la commuDe des
Moulins, un cabaret qui portait pour enseigne : aux
Trois-Berlous.
Le peuple croit généralement que les berlotts
voient double. Un des moyens le^ plus usité» entre
enfants, pour s'assurer du fait, c'est de demander
au camarade strabique , en lui montrant une main
plus ou moins ouverte : Combien y a-l-il de doigts?
Suivant M. Héearl, berlou ne serait qu'une con-
tradiction du wallon toarloumie et signifierait : voir
louche. Nous croyons que oerlou vient plulM de
l'anglais looh, voir, el de ber qui répond au bis des
Latins.
Ducange nous fournit un analogue dans le vieux
mot Crantais berlong, qui fait en latin bis longus.
Une troisième opinion attribue à berlou celle
autre étymologie : regard d'ours, de l'allemand, ber.
Berluser (se], v. pron. Se laisser tromper par un
homme.
Heo pér'm'a toudi défendu
De ta'berluitr 1 l' i' bcroraes.
(BrôJe-Htison. - Le jaaie Seiattur.)
Bernatier, S. m. Vidangeur.
BeaNBux. Même signification ; ce mot s'applique aussi,
dans certaines circonstances, aux petits garçons et
aux petites filles.
Behsile, s. f. Soupe maigre, panade.
Bertonneh, V. n. Grommeler, gronder.
Bic-BAC, s. m. Faire hic-bac, se balancer; ou appelle
bic-bac l'engin dont on se sert, dans les brasseries, pour
faire descendre les seaux dans le puits el les faire
remonter.
"■■i
D,g,l.2cd|v,G00glc __
BiBLLE. La belle; le peuple de Lille et de la campagne
appelle aiosi fort poétiquement la lune .
r^mme T filgeol biau rlnir de trune
Il a tu i'NeUi deven l'Iiu.
(llrùl»'llBii<>n.>7['N rMrfMRnoii^ulg cru fusairn
Bille, s. f . Branche de hallol .
Billet db mort, s. m. Lai^e pancarte d'une rétlac-
tion uniforme, qui est distribuée par l^s baillis de
paroisses à toutes les connaissances du défunt, pour
les inviter à assister aux funérailles.
Longtemps le format du billet de mort a clé propor-
tionné à l'importance du convui, il diminuait de
développement suivant que ce dernier était solennel,
de première classe, ou bourgeois.
Aujourd'hui, àl'exception de quelques familles qui
tiennent aux ancien*; usages, on se sert généralement
de lettres de faire part.
Voici la copie exacte du billet de mort de Brûle-
Maison; nous devons cette communication à la
complaisance de M. Gentil, qui est dépositaire du
document :
MESSIEUHS ET DAMES
ui élel priéi ifasiiiiltr an cmcog tlfunéraillct lU
FRANÇOIS
OE rOTTIGMIES
it Brûle-Maison, marchand grossier
en celte ville, décédé le premier février viil lept cent
Digiiiz^dt* Google
- 33 -
quarante, âgé de toisante-deux ans, qui se feront
mercredy trois dudit mots, à neuf heures, dans l'église
paroissiale de Saint- Etienne, où son corps sera mkumé.
L'assemblée à la maison mortuaire, sur la petite
place .
Ull DB PKOFVNDI8. s'U VOUS plait.
Les Dames sont priées de s'assembler dan» la chapelle
du Saint-Nom de Jésus, où les messes se diront pendant
tes funérailles .
Billet dk roi, s. m.
Dans les habitudes lilloises, la fève ne parait pas
avoir servi à désigner le Roi, an repas de l'Epiphanie ;
oD a de tout temps distribué aux convives des billets,
dits bUlets de roi.
A ceteETel, et pour éviter aux amphytrions des frais
d'imagination, on a inventé etl'on fait vendre par des
enfants, dans les rues de la ville, à partir du 4 janvier,
des feuilles sur papier gris, contenant une collection de
billets qualificatifs, avec l'effigie du personnage, et des
vers appropriés à sou emploi, depuis le Roi jusqu'au
Fou.
Les enfants les annonçenl en criant : Via des
billets de roi!
Sous le premier Empire on avait substitué l'Empe-
reur au Roi; depuis, l'ancienne formule a été reprise
et conservée, même sous la république.
Les vers se chantent sur l'air du Hirliton, le refruiii
invariable est :
J'ai du tulrlilon
Va l'en iiIuh lonf ,
Vus-ï toi -même,
J'ai da mirliton
D,g,l.2cd|v, Google
- 34 -
Disons que beaucoup de familles bourgeoises ont
secoué le joug de l'imprimé de M. Danei. Le malin
de la maison se charge du soin d'inscrire, sur chaque
billel, le nom le plus burlesque possible; le Roi et le
Fou seuls sont inviolables et sacrés .
C'est le plus jeune des enfanls qui distribue les
billets, exactement plies, en suivant l'âge des convives
qui doivent les ouvrir tous ensemble àun signal donné.
Les domestiques reçoivent aussi leur billel de Roi.
Pendant toute la semaine on s'interroge, dans la
famille, pour connaître les qualiBcations départies à
chacun par le son .
ItiRLOuET, s. m. Virhar, du vieux français vû^er,
tourner. C'est un jeu consistant à feire tourner sur
son pivot une aiguille qui indique, en s'arrôlant, le
numéro gagnant.
On donne aussi le nom de birlouet au petit
tonneau qui renferme les friandises mises en loterie.
6iEE(veDt de), de l'armoriciiin bii, vent de nord-est;
on dit de ce vent qu'il liisit le teint, qu'il le hàle.
Jeter quelque chose au bise, c'est le jeter au vent.
BiSER, V. n. Jaillir d'une manière aiguë, à la façon du
vent de bise.
Biset, s. m. Pigeon commun, noirâtre.
Bisquer, V. n. Èlre vexé; faire bisquer quelqu'un,
le tourmenter.
BisTouLE, s. f. Bagatelle.
BisTOQuER, V. Q. Faire un présent; il a dans Rabelais
une signification erotique.
Blâme, 8. m. Le peuple appelait ainsi autrefois l'expo-
sition au carcan .
Blanc-bonnet. On appelle ainsi les femmes, comme on
appelle les hommes ; les capiaux.
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— 53 —
Blasé, adj. Du grec «aAoïCftv, avoir l'esprit émoussé.
On applique à Lille ce nom à l'homme doot la
figure, d'une bouffissure moilc, accuse l'abus de&
liqueurs alcooliques. 11 y a dans le recueil de Brùle-
Maison une complainte fort originale sut les blasés .
Blbuët.s. m. Grosse mouche bleue.
Bleuets, s. m. plur. Orphelins, issus de parents
bourgeois auciennement établis, ainsi nommés du
vêtement bleu qu'ils portent. Un certain nombre de
ces enfants assistent, un cierge en main, au \ convois
funéraires de première classe .
BLE(iasE!<, s. f. plur. Mensonges; (' m' m conte
cfM&feiMs'ic'e&llémotoouieursdans un seos restreint,
défini .
Bleu tAt. Bleu toit, la GraDde Maison, l'hApital général;
ainsi nommé de la couleur des ardoises qui le
couvrent.
L'bleu tôt n'est mi fé pou' les qaiens, dit, avec une
résignation philosophique, l'ouvrier lillois que le poids
de l'âge empêche de travailler.
Bleu vu. Bleue vue, étourdissement, vue trouble.
Blo (porler à), porter sur son dos. Bloc, dans le vieux
français, se dit Je toute élévation .
BoBiNEUR au /regue, s. m. Ouvrier employé à garnir
les bobines de fil encore humide.
Bompieux . Bons fils, religieux du tiers-ordre des Francis-
cains, voués à la garde des aliénés.
il y avait, avant la Rcvolulion, trois établissements
de Bons'Fils dans notre pays: à St- Venant, à Armen-
tièreset à Lille.
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— 36 —
Bien que l'ordre n'existe plus, le peuple a conservé
le nom de Bont-FiU aux établissements d'aliénés.
Boni (avoir}. Être créancier de quelqu'un.
BoNNiBR, s. m. Mesure de terre de I hectare (I ares
76 ceiiliares.
Bonnarius, d'après Ducange, tnodus agri cerlis
limitibus, seu bonnù definïtus.
On retrouve le bounier, bunarium, dans un acte
de 868, concernant l'abbaye de r.ysoing. [De Godefroy
Ménilglaise.)
BoNNiQDËT, H. m. Coiffare de femme, formée d'une
calotte de linge que borde par devant une large bande
de tulle tuyautée. On dit d'un homme qui craint sa
femme : t'auras du bonniquet.
BoQDiLLON, 6. m. Bûcheron, qui épinche les arbres.
Et SoqutHotu de perdre leoronUI,
Et de altr pour le le faire riMidre.
(Li Porlllne, llrnT.)
BoKNiBus, 8. m. Borgne.
Boubou (faire). Faire banqueroute.
On appelle Empereur celui qui en est à sa Iroixiëme .
Boucan, s. m. Grand bruit .
BourrBB. Exclamation d'élonnement .
Bougonner. Gronder, murmurer.
BouGOiv, s. Qui bougonne.
BoojDN, s. m. Bâton de chaise.
BouRGAGE s. m. Bourg, bourgade.
Quoi! le d'm Den vu le livré
De noire brare dac d'Avré,
Seigneur de no hovrgagt.
(Ilrù'c-Ns^iuii.- Nurldii Au attarn
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— 57 ~
Bourgeois. Convoi bourgeois (voyez bailli), enterrement
modeste que \e bailli i^uaiifie quelqueroisde satisonnet,
par opposition an convoi solennel à l'usage du grot
mort.
Il va sans dire que le bailli préfère ce dernier mode
de funérailles; c'ost à ce propos que, dans un
mouvement de dépit jaloux, il lui échappa un jour de
s'écrier : à Saint Ils font tout ce qu'ils
veulent .
BouLLANT, adj. Mouvant, sable bouUant.
BouRLER, V. n. Jouer à la boule .
BouHLBB, V. n. Tomber d'une façon grotesque.
BouRLER COURT. Mal prendre sa mesure, manquer le but.
BouRLKTTE, s. f. Boulette de viande hachée.
BouRSEAu , s. m. Bosse à la tète, provenant d'un
coup.
Bouter, v. a. Mettre.
BocvACHE, s. f ■ Lieu où l'on abat les chevaus.
Brader, t. a. Gâter; un enfant brade'f brader marchan-
dise, c'est gâcher quelque chose.
Braderie, s. f. Fête populaire qui se célèbre le premier
lundi de la foire annuelle. Les enfants obtiennent de
leurs parents la permission de vendre, à leur profit,
une foule de vieux objets; ils appellent les chalands
aux cris Ae: A la Braderie ! au reste ! irais-quarts
d'hasard, par ici, venex voir, c'est la foire.
La certitude de faire de bons marchés allire, dès
le point du jour, les gens de la campagne dans les rues
de Lille où s'étalent les objets bradés.
La Braderie a fourni le sujet d'une des plus jolies
chansons du recueil de M . Dt^srousseaux .
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Brafb, du bas breton brav, beau. Brave, courageux,
bien mis, paré.
11 a dans Malberbe ce dernier sens :
Ou trouve ce mot avec la même sigoification dans
Pascal, La Fontaine ol M"° de Scvigné,
M'a veiiii voir chemanula,
Tonl mis h lia pn 6rav«.
(Brùl»-Mui]OD. — Sol Usrebtn.)
Bhaihb, V. n. Pleurer; bréoire, femme qui a toujours la
larme à l'a»!.
Ftmei braient, TlUlDii'escondent,
Car II rraD(cii Icnr queurenl seore.
(Guill. GtiUrt. — BranduieèHiftttisiïfiiagti.)
Brebigette, 8 . f. Petite brebis; il ciiste à l'angle
des rues Esquermoise et Basse une enseigne sous ce
nom.
Bkelles, s. f. pi. Cheveux raidcs comme Ifts berbes
de ce nom.
Bben, s. m. Matière fécale, d'où ôreneuat, et par
transposition berntux.
Brek d'Asache, s. m. Gomme qui découle de certain?
arbres à fruit.
Bren de Judas, s. m. Tâches de rousseur, lentilles.
Brbsettes. s. f. pi. Menues braises.
Quoi 1 l'âtr de ch'marchind i'^resellet.
Bheyou. Enfant pleurard.
Briffe, s, f. Brive, bribe, reste de pain.
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- M —
BniNBEVX, adj, Brimbeur, vagabond.
Ea lies, 1rs EergenUde la ^révAlé de Lille TetoiTentSXniln,
poar euli recréer ensemble, aprèa qu'ils eurent mené en halle
i;r*nd nombre de brimbeur», leaqnela furent cODgiéa de la illle
et taille.
(De [.sfOni Hélicacq. — Coulumit d'Btlairet.)
Sln père n'est qu'un CHniau
Et 11 ché un Moubgu.
(Bnde-HiLwn. — ItBoi Mt.]
Bringue, s. f . Fille de mœurs dissolues.
BniSàQuE, s. m. Qui brise tout ce qui lui tombe dans les
mains.
Briscadbr, t. a. Abîmer, gâter, gaspiller.
Brochon, s. m. Mesure de liquide.
Brondeler, V. n. Variante du verbe tomber. L'homme
qui brondielh ne tombe pAS tout d'un coup, il s'étend
dans la boue après quelques oscillations causées par
l'ivresse.
Bronseh, v.n. Trembler.
Bboquante, s. f. Ouvrage d'occasion.
Broquelet, s. m. Fuseau à l'usage des dentelières;
on célèbre tous les ans, h. la Saint-Nicolas d'été, la fête
du Broquelet, sous les cbarmilles de la Nouvelle-
Aventure .
Cette fête populaire a inspiré le pinceau de Watteau.
Broqder, V. 0. Surgir, saillir.
Broquet, s. m. Allumette.
Bsousi, ÉE, adj. Sali, barbouillé.
On appelle Rois broutés, la fête des rns qui se
célèbre à l'octave de l'Epiphanie, le jour du parjurai
c'est une sorte de parodie de la solenoité première.
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Brouter, y. a. Brouetter.
Broiîtei'r, s. m. Brouetteur.
Voui âinchei et jurei que eii l'eslil de GroultuM tout cud-
duirei hien etdeaenent...
[Bsitlii— Ckaptlra^itnwnli.XXIV.)
Bruant, s. m. Hanneton. Le mol Amant est une
onomatopée traduisant le bruissement que produit le
liaoneton en agitant ses ailes.
Les enfants qui vendent les hannetons crient dans
les nies : A bruants! à bruants! ou bien encore : i
Jionchin ! à Bonehin ! On suppose que ce village étant
fort boisé fournit les hannetons en grand nombre .
Les hannetons gris sont appelés meunier*.
WeHl«i cb'est un biau m«unf<r.
Ma mère,
AqutlM-m'en ij tou» plet.
[Briile-Haiioo.]
Pour stimuler les hannetons et les forcer à s'envoler,
les enfants leur pincent les pattes aveu l'ongle.
On dit d'un homme, lent de sa nature et difficileà
mouvoir, que c'esi wn bruant à quiii faut marcher
sur les pieds.
Brulin, s. m. Linge consumé remplaçant l'amadou
dans ta boite à feu de nos ménagères, au temps où le
briquet n'avait pas été déirAoé par les allumettes
chimiques.
BuCQtiE, s. f. Une molécule quelconque; le grain
de sable imperceptible que le vent chasse dans l'œil,
c'est une bucque.
On signale le stoïcisme de ce campagnard qui,
gêné durant une longue marche par ce qu'il appelait
une bucque dans son soulier, y trouva, en se déchaus-
sant au logis, la louche de bois de son cousin Philippe.
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- 41 —
BuissE, 8. f. Buse, tuyau.
Bl'Qubk, y. a. Frapper.
BuBEssE, s. r. Lavandière, blanchisseuse.
BuRGUET, s. m. Plate-forme en pierres bicaes qui,
avant l'élablissement des trottoirs, couvrait l'entrée
des caves, au bas de la façade de presque toutes les
maisons de Lille.
Du vieux mot burg, retrancliement extérieur des
pitils.
D'aprèsM. Derode, c'était un signe de bourgeoisie
qui obligeait au payement d'une redevance à l'éche-
vinage. (Histoire de la famille Prudhomme.)
... .g- Epitode dueomiat dea quatre
rigimenii de ta garnUox de Lilla en IT90.)
Les petit'! gin* dedsni Im uf et,
Meliolent <1r» qusndairi allEum^et,
Toalà nmour de leus burgaèi,
[lacqaia Diica(l]giii«s. — Sur Ua mumUtê du ni
m Flanàrei.}
BusETTE, S. f. Petit tube en fort papier gris, qui se
fiche sur une broche pour servir d'àme à la bobine.
BusiEB, V. n. Réfléchir; de l'anglais ^sj/, penser, plutôt
que de 6u«e, oiseau stupide. Non-seulement la buse
ne penso pas, mais elle n'a pas l'air de penser.
Cabas, s. m. En grec utCof, bas lalin ca^,- panier
en cuir vu en paille. Chapeau d'une forme arriérée.
Ou appelle aussi cabas les dévotes qui négligent le»
modes.
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— i2 _
Caboche, s. f. Tète; une bonne ou une mauvaise
Cloche.
Cabochus, Le peuple appelle encore ainsi la rue dite
des Ckats-Bostus , à cause d'une enseigne qui se
trouvait sur la maison qui forme l'angle de la place des
Patiniers et de celle du Lion-d'Or.
Cabiuette , s. f. Espèce de salade, dite laitue
pommée.
Cahus, adj . Pommé, cliou cabus ; en basse latinité cabulus
pour cajnttus; la racine est f^(e. Les Allemands disent
herbe à tête . On connaît le rébus qui ornait la porte
de l'église des Grands-Augustins, à Paris, où fut
inhumé Philippe de Comines : un globe pour figurer
la naissance du monde, el un chou pommé. Le monde
n'est qu'abus.
Cacaqub, s. m. Quelque chose de mauvais.
Caché-pbrdd. Un homme tout caché-perdu est celui
qui ne sait où donner delà tète.
Cacher perdu. Chercher une chose égarée.
Cacher, v, a. Chercher, chasser, venari.
Piilef . quoi eaektx-n
CaghE'QUien. Employé de la fabrique, dont la mission
spéciale est de chasser les chiens de l'Église.
HId ^r' rb^, «) J'in tmi crdre
Tou* kt minchaDt'i gint.
Un certain nommé Magloirc
D'ftglige enl ['taeh'quUn.
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— 43 —
Cachk'o d'mannée. L'ouvrier meunier qui va chercher à
ilomîuilc les grains à moudre au moulin.
Cachiveox, adj. Chassieux.
Caconnes, s. f. pi. Cerises sucrées, bigarreaux.
Cadot, s. m. Chaise d'enfant ou de vieillard, du latin
cathedra ,
Cafetiau, caf'tiau . Café très-faible.
CAFOTm, s. m. Étui pour aiguilles.
Cafouillage, a. m. Action de cafouiller; désordre
rebutant.
On appelle cafouillage de Douai un rôti de porc
accompagné de pommes et d'oignons.
Cafouiller, v. n. Fouiller malproprement dans une
partie quelconque du corps.
Dans ton vratr' il boute s' msin
El «aboutir dans les trlireltes.
(Brà]e-Mai»n. — Lt Tourguennfill ^iagBDerl l>
tenir,^itc son ckntjiow y chercher nalijMb:)
CAinsssE, S. f. Chaisière, qui loue les chaises dans
les églises.
Calé (être). Être bien mis.
Non* parloiu ealit comme des firinces.
(Detroiuseaui.)
On appelait autrefois cale une sorte de coiffure ; on
en a fait calotte.
Camanette, s. f. Commère qui habite la même
maison; cum manere, demeurer ensemble.
Campes, s. f. pi. Boites à détonation. Dans les
4
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— 44 —
environs de Lille on tire les campes en rcjiiuissance
des mariages ou des naifisanceB.
Canada, s. m. Pomme de lerre.
Camaiiibn, s. m. Serin, oiseau des Canaries.
Cahdelè, s. m. Chandelle.
Camdéliette , s. f. Donner une candéliette , suivre
d'assez près un camarade qui dégnole pour lui frapper
les talons et le faire tomber. On appelle pluB juste-
ment candéliettei les stalactites de givre qui s'atta-
chent aux arbres.
Canette , s. f . Diminutif de canne, cataut, ancienne
mesure pour les liquides.
Capable, (être uapable de], lociit. Se prend dans le sens
impersonnel . On dit en parlant du temps : // est
capable de faire beau .
Gafageoire, s. f. Dépensière.
Quoiqu' air eucbe i's majen»,
Elleeit trop eapagtoir»,
Toullirgent Qiilrolt
El elle me demeureroll.
(BrùLs-MlIfOn. — Entniiau s
GAranouLB, 8. m. Diminutif de capon.
Capiau, s. m. Homme.
QdoII ml prendre encore aaeaplau!
(Biûl»ltiHin. .- Le Mari mari ri MiMi^.)
Capon, s. m. Mauvais sujet, polisson et non poltron,
sens plus hubiluollemeat donné au mut capon dans
toute la France.
Capot, s. m. Sorte de gilet à manches de laine
tricotée .
CAHACOt.E,E. f. Voile, colimaçon.
D:,-:c.Jt, Google
Carafisn, s. m. Chariot à ordures; noir comme un
earafien.
Carahara. Visage noir, bohémien; vient de l'espagnol.
Le vue de jdîIIeI loliante-cinq, Jebnn Ferninile et Mar-
^erltePhlei, frère elsŒiir.... hsbfluts i la mode dei Egyptiens
H Carmarai, oDt élé coiiititués prlsonDien en la paroisse de
Bouppellues sar la Lys.
(U Poos Mâlii^ncq. — latrotactien ma couliaïui de la
tille dEslaiTcl.)
En 1703 Turent fii9iig<<.'i un homme, une [rmme et un botta,
DDB bernatlère et d«ui CaramaTot.
(DUûdc ~ffil(MfBliBtlIIs,l-II,p.(tH.|
Carcaillou, s. d). Caille, par onomatopée.
On donne ce nom à l'Iiomnie qui a de gros yeux
louches .
Carer (se). V. pron. Se donner un ajr, une figure; de
l'espagnol cara. visage.
Carlikh, s. m. Charron.
Caron. Une réminiscence mythologique fait donner ce
nom à l'homme dont le métier consislc à faire passer,
dune rive à l'autre, sur son bateau, les personnes qui
vont nager au Grand-Tournant.
Carré, s. m. Carré de jiniii d'épiite trés-dur et
fortement nnisé.
Les carrés de Lille sont fort renommés dans les
foires du déparlement du Nord.
Carré, s. m. Filet de pèche de forme carrée.
Carton, s . m . Cliarton , ouvrier de ferme chargé
spécialement de la conduite des chariots.
Catiller, V. a. Chatouiller, de tiiillare.
D,g,l.2cd|v,G00glc
— 4& —
Catimini (en), en druquin, en mueh' tenpol, sont syno-
nymes de : en cachette.
Catou, s. f. Poupée, fille légère.
Gauches. Chausses ; courtes caucke», filles chaussées
court.
Un drol' qui queurre h droile k gauvhe,
El qui aliD' bien les courles eauehêt.
{Bcùia-HMsan. — amoureux dcliquitl ratique.}
Censément, adv. S'emploie fréquemment pour atténuer
ce qu'il y a de trop absolu dans une proposition, dans
le sens de quasiment, pour ainsi dire .
Censé, s. f. Ferme, bien de campagne donné à
eeng, à fermage.
Censier, s. di. Fermier; eeruier de place, on appelle
ainsi par ironie les fainéants de la place publique.
Cent, s. m. Mesure de terre de 8 ares 86 cent.
cent verges ; ceïKenarium, en lalin vulgaire.
Cuaffloter, V. n. onomatopée. Marcber avec bruit dans
la boue ou le mortier.
Cbaobe, s. f. Prendre «ne pelile cliaudc, se chauffer
par occasion .
Chaudëau, s. m Lait de poule.
Cbifplotiau, s. m. Petit sifiict, fitre.
Chimentiére, s. m. <:imelière.
Chip-en-chop (aller de), loc. Marcher de travers.
CmpoTER, V. a. Chicaner, chercher dispule.
Chiquer, v. a. Manger; le mot est dans Rabelais. Lrs
écoliers donnent le nom de chique à toutes les friandises
qui entrent au collège.
Choque, s. f. Souche, stipès, en basse latinité ceoca-
On appelle aussi une choque de maisons un îlot
Compact de consiruclions.
D:,-:c.Jt, Google
— 47 —
Chouleh, V. a. Fouler aux pieds.
Chouler, V. n. Jeu ((uî <H)iisistc à lancer une boule de
bois appelée choulet, avec uoe crosse ; de l'allemand
sckollem .
Choulet, s. io . Boule de bois lancée par les joueurs à la
crosse.
Chucades, SuGGADES, S. f. pluT. Friandises de sucre.
J'il vu dent ou Irnla îsles
TroavA^i fii moa leiu»
De ehucadt$ tertlles.
Chuche, s. f. Bière.
Au Mimeuluqii', é iina Drsprès, j D'in (le 1' ehuehe, chfr
eomm' du Tin.
(DiBlocutr «ntrc deui cbnriites dam un cntr'uu dv
LoOmtka.j
Clachoibe ou Cachoire, s. f. Long fouet des char-
retiers.
Du viens, mot tbassouere, iecbacea.
Clacueron, s. m. Bout de ficelle qui sert de mëi:lie aux
fouets.
Claque, s. f. Fille indolente, qui n'est bonne à ma;
il existe à Lille une rue dite : rue à Ctaqws.
Claquoih, s. m . Pétonnih-e, tube en sureau par
lequel, au moyen de l'air comprimé, les enfants
cbassent au loin, avec bruit, des balles d'étcupe
mâchée .
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— 48 —
Clbi^kh, V. n. Incliner, pencher.
Y eleine du càii qui icut guerre.
Clique, s. f. Petite tape qui rcsonoe.
On donne des claques i un homme et des cliqnes
à lin enfont.
Cliqueb, V. a. Frapper, battre légèrement.
L'expression habit tout e/igiMinf nue, pour dépeindre
un vêtement quia tout son lustre, répond exactement
à la locution française, habit tout batianl neuf.
Cliquant n'est point dit pour clinguant, comme le
pense M. Desrousseaux.
Cliques et Claques . Prendre ses cliques et ses claques,
c'est vider les lieux, déguerpir.
Clique-talon (aller à), loc. Marcher avec des soulier»
éculés; àsavattes.
Cloeh, V. a. Clore, fermer.
Tbotenclaant s'ï'jeui.
Comme un suint reti)tieui.
I Brille- Vaiisn. — Le flei 5oil.)
Clouches. Terme de mépris pour peindre de maigres
aliments i mander des douches.
QuanJ j' mets men poiage h m' boaibe,
T n'esl ml pD> bon qn' dK* elouehet.
(Brùls-llBiiaD. —3* recueil.)
CoDAc, 8. m. Cffiuf; onomatopée.
CoDHELATS , s . m . pi . Chaudfons , ustensiles de
cuisine, tout ce qui est cuivre dans un ménage; du
latin cuidarium vase d'airain, chaudière.
J.deColtignies parle de iaitau de codre/dM; c'étaient
des pontons en cuivre destinés au transport de»
munitions par eau dans la campagne de Flandre.
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_ i9 —
Coi, Coite, adj. Tranquille, du latin quietus.
Queule coite! digent les olieurs, atQJgés de la
mollesse du veni pour leurs moulios.
Au XIII' siècle, les Gantois réclamèreot contre
l'usage des insiructions criminelles secrètes qu'on
appelait les cotes vérités .
CoiNNE, adj. Slupide; itre coirvne, être interdit, perdre
contenance.
Colas. Abréviation de Nicolas, bèta, balou; se dit d'une
espèce d'oiseau stupide.
T es-t-UD eola
Vcroire i loua rhn hél'u't II.
(D«rou»MUi. — CAstr* Ummaalin.}
Comptoir, Voyez montre.
Comtesse (rue et hApital], du nom de la comtesse Jeanne
de Constantinople, Bile de Baudouin IKet femme du
maiheureuiL Ferrand, le vaincu de Bouvines.
Jeanne, que des historiens ont appelée la Sémiramis
du Nord, a doté la ville de Lille de divers établisse-
ments charitables. On lui doit aussi la charte de
récréance de l'échevinage de Lille.
On voit encore son portrait dans la salEedn réfectoire
de l'hàpital Comtesse.
Contraire (venir au). Locution pour contrarier, déranger
des habitudes prises.
On dit : cela me vient au contraire de faire telle
chose.
Mil!, cher tire, Il tenriit t grand eonlrair« «t déplalsance i
lUM cooipagDonï el k ceui d« t'avani garde il It» ne m'avaient
en lear compagnie.
(Froi»»Fi1. — BBlaiUidt«iiwbajat.)
D,g,l.2cd|v,G00gk'
— 50 —
CopoN, s. m. CoupoD, exgraco N«nr<iv (Duc).
CoouABDiBR, 8. 01. PoulaîUer qui vend des volailles
et des œufs, pour coquetier.
Coequaisier se trouve dans Rabelais aiec le même
sens.
Le nom ieeoquetier appartient aussi au petit meuble
dans lequel on mange les œufs à la coque.
Il est regrettable que l'on ait perdu le vieux mot
ovier, quirepréseutait plus étymologiquemeol l'emploi
de l'ustensile.
CoQUELEU, s. m. Amateur de coqs, qui les fait battre.
CoQuiLLB, s. f. 6&leau de forme oblongue que petit
Jésus met, le jour de Noël, sous l'oreiller des enfants
qui ont été bien sages. J'ignore pourquoi l'on a donné
ce nom à ce gâteau, mieux désigné à Cambrai, où on
l'appelle quênioU ou cunioU, du latin cunœ, berceau,
maillot, cunalis.
F vai dlr" oud' pritre à p'til Jéius,
Four qui l'apporte ubd' eoquiUt.
(DurouHaïui.)
Corée, s. f. Poumon des bestiaux.
CoKiNcuE, s. m. Dévoiement.
CoRsi, te, adj. Qui a du corps; on dit d'un drap fort,
qu'il est corté.
CosETTB (un petit), locution. On dit aussi un petit
tempt, pour désigner un court intervalle de temps.
Et un petit coieCl« aprti
V ■ entré.
HMIfr-HabOD. — ChUBan lur l« Camp ia Cywbt(.J
CoSTiAUx, S. m. pi. Petites camisoles d'enfant ouvertes
sur le devant.
C0Tl^, s. m. Feu de braise; on dit en rouclii godctin.
CoTRON, s. m. Jupe qui s'attache sur les cAtés.
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_ 5! —
Coi^ET, S. m. Vase en terre qui sert àla cuisine.
Coule, s. f. Mensonge, Tanlerie. A chaque assertion
hasardée d'un menteur émérite, les plaisants de
l'assemblée lui jettentue mot : coule! M. Dcsrousseaux
le regarile comme une abréviation de couleur; d'autres
le font «iériver de l'italien cavilla, bourde, colle.
Nous pensons que ce mot a une siguification toute
différente, et que chacun comprendrait facileincnlsi,
au lieu de l'écrire, comme on le prononce en patois,
sans mouiller les l, nous lui avions donné son ortho-
graphe naturelle.
CouLiÉRE, s. f. Cloyère, panier au poisson formé d'une
sorte de claie d'osier; on dit à Paris une cloyère
d'huîtres; à Lille, les commissionnaires du marché au
poisson s'appellent porte-coulieres.
CouiLLON, s. m. Poltron, lâche [Rabelais). On appelle
les Berguenards, couillons de Bergues, je ne sais pour
quelle raison .
CouiLLONNADF!,s. f. Blaguc, plaisanterie de mauvajs goùt.
CouiLLomER, V. a. et n. S'entend de dire des plaisan-
teries et de goguenarder quelqu'un.
CouLON. nom propre. C'est !e fo.>;soyeurdu cimetière de
la ville; aller vir' Coulon, c'est mourir.
cil' tsl q' sans ch' bouillon
1 lop sur faire un tour tlin Coaluit.
D,g,l.2cd|v,G00glc
CouLON, s- m. Pigeon.
Il vit quiDd l'orlll.tnbe fui dcploi^ et ■■ bruine chue, un
blanc eoulon roler pir-desius I* batilllr An roi.
(Froilssrd.— BataiUeieRoi^ecqiii.)
Gouque-Baque, s. f. Sorte de crèpe confeclionnée avec
de la farioe de sarrazin, appelée boquelte, et du
beurre. Les couguet-baques, dites à l'anglaise, sont,
CD outre, sucrées . Les hommes de ma génération se
rappellent la cave de madame Dubois, maison
Kickemans, maintenant eafé Lalubie.
La vogue est aujourd'hui , pour ce genre de
pâtisserie toujours populaire, à la cave des Quatre-
Marteaux.
Il économlM uns peine
Sur le gain de chaque lemaloe,
D'qooi ntanger Iroit qialrToli par mof»
La Sa' eovqu' baqu' chez main' Dubol».
(ADODjme.— Lei Om/rien liUtii.)
Courette, s. f. Petite cour publique.
Courir tout son plus vite, locution .
CouRTiLLAGB, 8. m. Jardin aux légumes; de courtil,
hortus.
CouRTiLLBU, 8. m. Jardinicf-Iégumier.
CouRT-uois. Mois de février, le plus court des mois du
calendrier.
Coussin, s. m . Carreau de denteliére .
COTBTTE, s. f. Repos, tranquillité, de quies; être à
t'coyelle, être tranquille .
Cricué, part. Ressemblant. Quand on dit : C'est son
Digiiiz^dt* Google
portrait tout craché, c'est que original et copie se
ressemblent comme deux crachats.
Odc enhDt nr reutinble roleoi
Il aurait tracM
nni diffère Dec.
i,La (ara de Fallielln.)
Cbaghet. Petite lampe de fer à l'usage des campagnesi,
ainsi nommée parce qu'elle était alimentée pnmiti-
vement par la graisse.
Qae nul ne faaie ma lote de set Uni par nujta. i la chandelle
ni au eraehtt, sur 40 pdlarJs d'amende .
(L'ord. de La Basae*.)
Cbaihe, adj. pour crâne, lequel mot est synonyme de
fameux, excellent . Voilà de t'crame bière, (U l' cruine
soupe !
Crahillie, s. f. Crémaillère.
Cranpi, adj. Plié, courbé.
Crapb, s. f. Crasse, saleté.
Cbapeux, adj. Salop.
Crapin, s. m. Criblure de blé qu'on donne à manger
aux poules; petit bled, en latin vulgaire «Taprnum.
M. deGodefroi cite un titre de 11 82 où il est ques-
tion de crappin. (Abb . de Cysoing.)
Craqcelin, s. m . Sorte de pâtisserie croquante ■
Craquelot, s. m. Hareng fumé sans avoir subi les
D,g,l.2cd|v,G00glc
— S4 —
préparations qui permetlent de conserver les harengs
saurs .
Crasseux, adj. Avare, du financier romain Crassus. aussi
ladre que riche, lequel, au dire de Catulle, repienail,
eu revenant à la ville, au pythagoricien Polybislor,
le chapeau qu'il lui prêtait pour le garantir du soleil
quand il l'emmenait à la campagne.
Créchi, ib, adj. Ridé, ratatiné.
Cren-bouli. Crème bouillie ; (ait caillé préparé avec des
œufs et de la crème donce. Les fermiers apportent à
leurs propriétaires et pratiques des pots de crm-bouli,
le jour de la procession de Lille. On sert la crm-bouli
au dessert; quelques-uns y joignent du sucre, du vin
et des macarons .
Crevassin, s. m., ou Qubrvassin. Homme qui a
l'habitudede se crever, c'est-à-dire de se soâler.
Crevé, part, ou Queurvé . Soîil .
Cringber. Se frotter dans ses habils ou contre un mur,
par suite de démangeaisons.
Le mendiant espagnol de Murillo, dont nous avons
au musée une magnifique copie, par Souchon, repré-
sente parfaitement l'action d'un homme qui crincbe.
J'ai d' l'im<tar, el tous letJouM
Y Tant que |e me erainehê.
(Bnile-Haiion. — L'amanl prtué.)
Cringbon, s. m . Mauvais violon .
Crincbon, subs. ms . Cri-cri, cigale, crillon du foyer.
.Camcr, ussb (être). C'est présenter la difformité d'un
long buste sur de courtes jambes ; du tudesque ArauA,
. impotent.
t, Google
- 55 —
Choghb, s. f. Crosse, jeu qui consiste à lancer nu loin
un cboulet, à l'aide d'un bâton armé d'un talon appelé
crosse .
Croche-Pied, s. m. Croc en jambe, coup de Jaraac
donné en traître, contrairement aux règles de la lutte
loyale .
Crochu, dr ou use, adj . Qui a les jambes torse».
Il y avait au moyen âge, dans les fêles de Lille, un
Roi des crochus; il paraît que l'inQrmilé, trop souvent
remarquée à Lille, date de loin.
Crojette, s. f Croisetle, croix de par Dieu, livre élé-
mentaire pour apprendre à lire.
CrAleh, V. n. Remuer, touruer.
Crôles, s. f. pi. Cheveux en papillote, ou pluidt en lire-
bouchons.
Cbon, adj. Tortu; le sobriquet de erom'iièfe est souvent
donné à ceux qui ont le cou de travers.
Cron, 8 m. Débris secs du mortier employé dans les
coDstructions ; on appelle crons tous les menus
décombres .
Croutas, s, m. Planche brute, la première de l'arbre
qu'on scie.
Croquant, s. m . Genièvre.
Croque, adj. Légèrement ivre.
Croque-poux, s. m. Groseillcblëte on à maquereau.
Croques. OEwts de poisson .
Idil raul que je sème
Tous les eroquei, d'un eœurgdi.
(Briilg HAisgn. — l.t To«roiieniioli i)hi, [ mr
D,g,l.2cd|v,G00glc ' —
— bC —
CnOQUET, 8. m. Mot employé dans les vieux tHnes
pour clocher ; il y a à Lille une rue du Croquet .
Croucroii (senidlrcà). S'accroupir de manière à s'asseoir
sur les talons.
CftOosTOus, s. m. pi. Espèce», argent.
Cruau, s. m. Mauvaise herbe.
Cbuaudrr ou EcmiAUDEH. Enlever le cruan.
OkucHON, s. f. Croissance.
CuHittix, adj. Soigneux, ingénieux; un ounier curieux
est complet dans son art.
"Cdrissk (pain fle). Pâte de réglisse. Les enfants foni,
l'été , pour tisane, de l'eau de pain de curisie, en
agitant l'eau d'une boiileille dans laquelle ils onl
déposé <fiiel(ioes morceaux de pâte de réglisse.
Oàghe, s. r. Gton de soulier, de l'armariesin tach, don,
d'où vient ie mot attacher.
Dachot, s. m. Furoncle.
. Damage, s. m. Dommage, du vieux français tfam, (fui
a pour racine damnum.
Damas, s. -m. ?fom conservé par 'le peuple au r<T
de la guillotine.
Danobis, s. m. HommeàTairsimple, paraissant toujours
offrir de l'eau béiiitL'.
Di&QiioiRBi s. f. Averse, ondée; du latin aqtta, eau.
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- 57 —
Da,raiNj m. Dernier, ère.
V#ci li In darraine On de Ph. d'Aflerell«.
Dabon, s . m . Se dit pour baron .
'Pierral. »-tu tu le daron?
Daronne, 8. f. Femme.
Darus, s. m. Habitant de St-Sauveur.
Dardsb. Fille de la même paroisse.
Je trouve ces ^mots dans le poème burles^e sur la
bataille de Footenoy, dédié au BOt de Lille, sws
,pouTQir indiquer leurélymologie.
IU»R. Faire doser quelqu'un, lui faire oberolter un
.objet caché .par ^malice.
Dr, particule que le patois lillois ajoute volontiers A un
grand nombre demots, comme pimr leur donner plus
de force.
JHous avons 'indiqué déjà les mots :
Debout pour bout .
Degrioler pour grioler .
Demépriser pour mépriser.
Se de/ammter pour se lamenter.
Degriffer pour griffer.
Defntfant.pour mitant.
Nous aurons l'occasion de citer de nouveaux exem-
ples de ces tdiotismes ilc langage.
t, Google
— 38 —
Debodt, s. m. Buul ; il y u à Lilie la rue <lu Court-
Dtbout el celle du Bouge- Debout.
DÉBRIS Si-Étiëwnb et St-Sauveub . On a conservé ce
nom, à Lille, aux quartiers détruits par le bombar-
dement autricbien.
D£CAROCBtR, V. n. Quitter la voie ; déménager, perdre
la téle.
DÉCESSER, V. n. Vum cesser, il ne dêcesse pas de parler.
Souvent, pour exprimer la même pensée à l'éfjard d'un
bavard, on se contente de dira : il ne décesse pas .
DÉCLAQUER. Declincher.
(Itrùr»-H>»iin. — FatqiiiUe iilaHank:)
Déclaqucr veut dire aussi éclater de rire.
DÉGHOQUKTER. Dlviser les racines d'une souche.
DÉDICACE, s. f. Fête originairement religieuse , où
l'on mettait une église ou un village sous l'invocation
d'un saint patron; à celte pieuse solennité, le goût
de plus en plus prononcé des plaisirs mondains a ajouté
une fôte communale qui présente le programme ha-
bituel de trois jours, au moins, de jeux, de danses
et de festins.
Plusieurs villages ont la grande et la petite dédicace,
sans compter les dédicaces des cabarets, el la fête
des saints, patrons des divers métiers.
Au seigneur hiu( jusncier npiuirtlenl de Taire nuloienir la
dédicace d'Icelle ^gli^e el paroisse, el y Taire danser et meoes-
trauder.
Le mol de ducasse se trouve dans une traduction
D,g,l.2cd|v, Google
— 59 —
romane conlemporaine d'une charte latine du
XIV* siècle. (Roisin, 221 .)
DÉBSSE, s. f. Le peuple appelle l'déetse la statue
de Lille qui surmonte la colonne commémorât ive du
siège glorieux de 1 792 .
DÊPUNQUER, V . II. Décéder, mourir.
DioAGER {se} . V. pron. Se d pêcher, se liàter.
Dbgainb, s. f. Tournure, démarche,
Degazer, t. a. Abîmer, gâter: de l'ancien verbe de-
gosier, d'où dévaster et dégàl .
DÉGUBULER. Vomir.
Elli, r« mengenii livreidevlau,
Pour diguttiltr comme uo [NHirchiaii.
(Briilc-SlBlsan. — LeitaHlifrliUoif elIarourfiuiinDitl.)
Degobiller, V. n. Dégueuler et délouffer ont la même
signification; c'est vomir. Degobiller, littéralement,
c'est ccorcher le renard , de vulpei, goulpil dont on
a fait aussi goupillon. Toul le monde sait que le
goulpil a retenu le nom de renard, depuis le fameux
roman du xin* siècle, attribué à Jacquemart Gielée,
notre compatriote.
DÉGfliOLER (voir Grioler] . Glisser sur la glace.
DÉGRioLoiRE (voir (rrto'oïTe). Langue d'eau glacée, égalie
par les souliers ou les snbols des glisscurs. Les ruis-
seaux des rues sunt d'excellentes cfti^no/oireA. jusqu'au
moment où les prudentes ménogères viennent les cou-
vrir de cendres.
Deuuintkr (sej, v. pron. Pour se lamenter.
Déloqueté, adj. £n haillons, en habits déchirés.
Digiiicdb, Google —
DÉLouPBn, V, n. Vomir.
Puis diliwfant cniiiiiic îles iwiirthlaui.
Devélage, s- m. PrcparatioD liquide que ta marcluiBile
de couqiies-baques étend avec unecuiller sur sa plaque
ctiauSee, pour fabriquer ses produits.
On siui tin cwar craquer,
QuinJ nn vol griller
L'démitaelf sur rpUque.. .
(Desrotuaeaui. — Curwiiliii lillgivi.)
DÉHBPiusKR, T. a. Mépriser.
DeuiTANT. Moitié, demoitié.
Qimd}' D'arM qu'im' prone
T'e» tUTat YdtmitaM.
Illrûle-Maltuu.)
Depicbbs, V. a. Dépecer, décUiqueler.
OÉPLAOUEH, V. n. <]ai ex.prii»« Vétat At \a terie, légèfc-
mentgelée, dool an soleil ardenl détrempe la aurfoce
qui s'atlacbe par pla^tte aux pieds de» narcheurs.
Dbrne, s. m. Dernier. Demeàeoaper, sorte de jeu de
barres où un tiers, eu coupant (croisant>le5conreur8,
attire sur lui la poursuite. Donner le dene à quel-
qu'un, û'e»t lui frapper sur le bras tMi sur l'éfuiiileeii
disant : tu l'as. Il y a un point d'honneur enfaolin
qui consiste à rendre immédialemcDt le deme à un
autre camarade .
DETOtiiLLBtt, V . s. Démèier.
Dbuillant, subs. ms. Qui conduit le deuil aux eéré-
inonies funéraires.
Devemr. Faire devenir quelqu'un: l'ennuyer, le fwe
enrager.
On dit : Cet enfant me fait devenir. — Syncope,
pour devenir fou.
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- 61 —
DiFFULE», V, a. Ofer, lirer ; de di^ulare (Ducange).
Groi Joque il a pnrldMau
En diffuiant sou oatiiin,-
(Uri-ilfvMaisûn.)
Diar.oHPTE, s. m. £sco[iipI&, «ppoînl da ^^nge d:'iuie
pièce de monnaie.
Dodo, s. m. Camisole de auit que la bourgeoise
conservait fort avant dans la matinée.
DoDiNER, DODEUNEB, V. a. Chercher à endormir un
enfant en se balançât sur sa chaise.
DoNDAHiE. Dadaive^ dos d'àne.
Don, a. m. L'Qnfent «kntaniie du dor, cb désignant la
partie du rôti qui a l'apparence de l'or.
Doitcvx, adj . Syncope de daucereui, douUTel.
DoRÊ, s. m. Tade an fpoinage qu'on appelle goyire
dansleUuinaal.
Cftte friandise, qu'on parait ne plus connailrc à
Lille, se vendait rue de Tenremonde.
DoRLOHEs, s. f. pi. Parures d'op.
Dormant, s. m. Soporifique à l'usage des enfants.
Bonn'Hgini plaigne un brave iiomme
Qui dottiM k a» pouv^i cormii.
Quand I teut dormir un lomme
Pour une' pttlt' de soiu d' dormant.
DouBE, S. m. Double, pclitc monnaie.
D,g,l.2cd|v, Google
- 62 —
DouET, S. m. Ancien inslnimeiit de ménage, composé
de coupons de chaine de calmande, cloués au bout
d'uR bàlon et formant éponge pour ramasser l'eau.
On dit d'un garçon qai a la cliGvelure épaisse cl frisée
qu'il a une tête comme un douet.
DoUQUE-DOUQuE . Tlc-lac, battement de coeur.
Min coeur faijol doueq-iaacq' pus Torl.
(DtsTouBseaui. ~ LPatainache.)
Dragon, s. m. Cerf-volant, appelé dragon, sans doute
à cause de la forme que l'on a quelquefois donnée à
ce genre d'aérostat .
Dm, Au dri! contraction pom au- derrière. Cri pousse
par les enfants pour prévenir que quelqu'un est monté
derrière une voiture.
Drisse, s. f. Escréments liquides; foirade. Avoir la
drisse sedil de quelqu'un qui a peur.
Droulb. Chianltt, masque courant les rues, de l'alle-
mand troll, d'où l'on a fait aussi drôle. Les enfants
poursuivaient autrefois les masques au cri de : droule!
droule! Ce cri est aujourd'hui remplacé purcelui de :
ahu! ahu!
Druquin [en], adv. En cachette.
DucASSE, 8. f. Kermesse. (Voir Dédicace.)
La ville de Lille, indépendamment de sa ducassc
annuelle, a ses duuasses paroissiales qui viennent dans
l'ordre indiqué par les rimes patoises qui suivent :
André, Madif ine,
Piurre, Calleliie,
Sauieur, Ëlknnr,
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Odsque, prép. Forme primitive de jusque, dérivée de
de usque .
Si av«>entles Kiiibes nues
(ChanuiIaTuMniBj, ilannétparPbllippe-AugusM.)
Le palois de Lille retranche fréquemment la
première partie du motjusqueou dusque.
Nous trouvons un exemple de celle syncope dans
la chanson de Manicourt, de M. Desrousseaux .
rit'r-t pUisirde l'vir
Falr'dM jia.t d'zt|>hir,
Dei interchals pleltis il'éli'ginre,
IIC9 ail'idc t)iBeun,
Dp* nuls, qu'av iilarond I
ÉcAFiLLÊ, ÈE, adj. Eveillé, ée.
ÉcAFOTEii, V. a. Dégager la noix de son enveloppe.
EcARDEH, V. a. Ecailler, enlever l'émail d'une assiette,
écorner la porcelaine.
On appelle, en français, éekarde, un petit écbl de
bois, du danois shaar.
ÉCHucuER (s'), V. p. Parler de manière à s'épuiser, à
perdre son suc .
EcLiTB, s. f. Eclair.
Eiilremcnle».,. ^tc^TOnllU i
épaiue que merveilles H un
granit et mnull horrible.
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— 64 -
ËcOKCE, S. f. Lanlertie sourde; du laltn abscondere;
nous trouvons dans Ducange : cotua, scoma cl
absconsa, lanterna emea, lanterne aveugle ; celte
expression est préférabie à celte de lanterne sourde.
ËcoUAGE, 8. m. Autopsie.
ËcouANTs. Pesdauts, ballanls; se dit des bras qui ne
portent rien .
ËcoUR, s. m. Partie du corps sur laquelle la mère,
assise, lient habituellement son enfant.
hd. madone de Raphaël, dite la Vierge à la Chaise,
a le Christ sur son écour.
Il n'y a pas, dans la tangue française, de mot
absolument analogue, pas môme le mol giron que
l'on a indiqué souvent comme synonyme.
ÉcouRCHEU, s. m. Tablier, ainsi nommé sans doulc
de ce qu'il couvre l'écour.
ËcRÈPE, s. m. Avare, qui tire parti de tout.
ÉcRUAUDEH, V. a. Arracher le cruQu des cliamps.
Égard, s. m. Inspecleiir, eswardeur.
Egalih, V. a. Rendre égal, polir. On égalil une pièce de
monnaie en l'usant contre une pierre; on égalit un
terrain en le piétinant, une dégrioloirc à force deglisser,
Ëhou ! ÉBOU ! Exclamation poussée pour faire honte à
quelqu'un.
Kmblave. Ce mol pris adjectivement s'applique à
riiomme qui fait des embarras.
Vtanl v'air Jes voiiureK,
Chés malins Tour(|uenoîs
Uigeoiii', mit. i-hé i^our sure
Chés tmbiavM d'Lilloit
iFilii C. ~ Le rnNrijiir-iiiini^ iiHclutHiii ^ftr.)
Digilicdb, Google
— G5 —
Ehblaverie , s. r. Désordre; on dit qu'une terre est
emblavée quand elle n'est pas eneore dépouillée.
EuBu [ëlre]. D'imbutus, pénétré, imbibé; être légèrement
pris de boisson.
I^HiLioN, s. m. Lumignon, fragmeot de mèche de
chandelle encore allumé.
Émontée, s. f, Marche d'un escalier.
Eharvoyé, adj. Vient, suivant M. Esoallier, de maie
viatus; ce mot a le même sens que fourvoyé qu)
signifie hors de la voie .
(Àreh. du Nord.— Letlrei lur te patoii.)
Empifreh, V. a. Empifrer quelqu'un, le remplir de
nourriture; pifres tocamus gulosos qui largioribus
epulis indulgent.
(Dacan^c.)
Endèveu (faire) ■ Vexer.
Je ne l'ai prini qu'ï ce matio, malt d^]i ytftdesvt , Je
dégusine. je gmille d'élre roirié.
IRalialais. — l'oi.Iojiwl. ckaf. YII.)
EKFAnDEi.É, adj. Embarrassé; de fardel, fardeau, farde.
Enfenouillé (être) . Être fort affairé, embarrassé ,
empêtré.
Enfouiifellé (être) . Affairé (voir fourfelle) .
Enfiinqué, adj , Enfumé; dans les fËtes lilloises du vieux
temps il y avait le marquis des Enfunqués.
ËNGELÉ, adj, Congelé.
n puuvatl tiien venir Jusiju'aut mun
(ProisMril.)
DigilicJb, Google
Engélé se dit aussi d'un homme qui a grand froid .
J'engèle de frolJ itaa fn ni In.
(Urûlfr-Haiion. — PufaiOc pta^uuli-.l
Emgueuskr, V. a. Tromper, mettre dedans.
Ennokiller, V. a. Guigner de l'œil.
EnonT Est-ce non? Formule interrogntivefréqucmment
employée pour : n'i'st-ce pas ?
Enrostea, V. a. Soùler; s' enrosîer, s'enivrer.
ËNTOiiiLLÈ, È.E, adj. Mêlé, ée.
Car il D'^tall pas encore heure, [ani que la chose lut nileui
etiîouUlée.
(Froiswnl.]
Et furent les Françait si «ntoulll^senrrelrura ennemii qu'ils
a>ail bien cent hommes d'arme» «ur uo geii III homme.
(Frolswirtl.— BoloiUïdalUlieri.)
Entuulu (boire à 1'). Boire en tuHure, en chanlaDl des
refrains.
Envieillir (s') , V. n. Vieillir. Cette eipressioo se trouve
dans les écrivains du XVI* siècle.
ÉPAFFE, adj. Saisi, épouvanté, d'ftcpape/oc(M5.
ÉpAUTRER, V . a ■ Écraser, meurtrir : espaullrer est dans
Rabelais.
EptLiEH, V. n. Mettre en morceaus, en miettes ; vendre
une ferme à l'épilier, c'est démembrer une exploita-
tion rurale, ia moreeler pour vendre ou louer les terres
en détail .
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Epinchkr, v.n. Ëbrancher, émonder.
Elleiourducraidimaiirhe, sera ledii roi (ena de fairf damer
Mit damea ei dimoiselles. cbevalier», HKujtn, pour «iptncMtr
l'fapinellr.
[Roi^n.—File dtVEpiietle.)
Ekiupette, s. f. Large évenlail do bois pour raviver le
feu des fourneauk.
Ëfublle , 8. r. Ëpeulc, bobine légère garnie pour la
trame des étoffes.
Equettes, s. f. pt. Eclielles, menu bois.
lean Tiille a donoA A'i'iqitiUai
Pour mettre i chc Tu de Joie.
iUorl Ile Br^k-U<ùMn.j
du grec Cx'^» d'après l'abbé Bourlet.
Escarbille, s. f. Scorie de eharbon .
EscoFiEB, V. a. Tuer.
EscoKSANT (Soleil). Soleil coucliant.
C'est par.erreur, suivant nous, que dans l'intéressant
ouvrage des Sept sièges de Lille on a, à propos de
l'accord pour la reddition de la ville en 1 30S, traduit
le mot escnnsanl par éclairant.
Le traducteur a été séduit par un rapprodicment
entre esconsant et econce, lanterne; il a oublié que
l'éconoc est une lanterne sourde ou plutôt aveugle;
cœca, d'après Ducange.
Escous, adj. Secoué, duvicus verbe escorre.
Bteoui en a toute la flor
EscouasB, 8. f . Élan ; prendre son escousse, c'est prendre
du champ.
D,g,l.2cd|v, Google
EspisTERj V. n . Faire jaillir, éclabousser; on fait cspislcr
l'eau en mellanl le pied dans une flaque, ou en
fiiisant tournoyer un douel trempé; du latin er~
pargcre.
Ë8QCELIN. Escalin, monnaie de BrabanI .
Puur son luigeau cii eiqtitliii^ !
(Brùlï-MaisLii— U'Murlwi(.TfB.)
EsQCiiNTEU, V. 0. Assommer, creînler.
Étai-, s. m. Stalle, de stare, lieu où l'on étale,
Étaque, s. f. De l'anglo-saxon staka, lieu qui sert de
but dans uertains jeux ; allache de moulin à vont;
poteau; c'est de ce dernier mot pnlois que vient le
nom de la rue des Étaquet.
Étenelles, s. f. plur. Petites tenailles, pincettes, que
le peuple appelle encore épincetles.
Eteules, s. f. pL Slipulœ, ce qui reste de chaume dans
nn champ après la moisson .
Il parait qu'autrefois on appelait aussi éleules les
avéties elles-mêmes . Nous trouvons dans un mémoire
d'un abbé d'Anchin, en 12bt,
il les faun » IIII ou V homes de
sut les propres terres Nglise.
[KsciW. — Àhh.d'Àndim,)
ne Ui esltulei de ses lerru, en
Goilutrn;, — Abba^f ir C}isBV't.\
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— 69 -^
ÉTOQtKn. S'éloquer, contracHon pour s'estomaqnpr.
Vu rPilf /fo^u8
D'iiiciiifcr ilvi iiruiiiiPi.
(Drulj HaiJOEi.)
Ëtiiai.n, s. m. Paille, chaume; de stramen.
Éthanmîu. Étrangler.
Mnis ctic c.il. MDs r.icbon,
A éfraMié Fen coulon.
Toui.i^omni'uDn'mic.
(Utùlï-Hiisoo.)
ÈTBE9, S. m. pi. poiiraiires, j4(rta; distribution d'une
maison .
Éthive ou ÉTHiTETTE, adj. S'emploie pour tricheur, mais
n'a paa cependant la complète signification de ce
(Jcrnier mot.
Le tricheur fraude, l'élrite vioUnle; c'est plutôt
un mauvais joueur qu'un trompeur.
Le verbe estriver se trouve daos nos plus vieux
auteurs français, avec le sens de débattre, se disputer,
se quereller.
Façons, s. m. pi Cendres.
Fada (avoir le), locution. Souffrir d'nnc cliateur acca-
blante; vient de l'espagnol.
D,g,l.2cd|v, Google
— 70 -
Falluirhe. s. f. Paift aplali, cuil à la Qamme du four,
et qu'on scrl au déjeuner après l'avoir fourré de
beurre.
Farfouiller, v. n. Fouiller en brouillant (ttoquefori) ,
en éparpillant; de res|)agnol farfullar.
Fau, s. m. Hèlre; de fagus.
Fait d'auitiê (être), locut. Elre trompé en douceur.
fait au même, suivant l'argot du billard .
Fait (à). A mesure.
Fait a Fait, locut. Au fur et à mesure.
Troumiil In bnuffei si hnniX'S,
fat à fil qui les TaiiteoleDl.
mangé Irùp de B«,ÎP«.)
Faugard, s. m. Courte faux pour couper les roseaux.
Faucardeh, y. a. Faucher les herbes d'unélang.
Fauquë, locut. Pour seulement, je n'en ai fauque deux,
dérive du verbe impersonnel falloir; il n'en faut que
deux.
Fergu, adj. Vif; frétillant
Fekloupes, s. f. pi. Lambeaux.
Ferment, s. m. Cognée, sorte de pclilc haclicllc à
l'usage des bûcherons.
Digiiiz^dt* Google
Fi, s. m. Foie.
FiCHAu, s. m. Fouine. On dit : malùi comme un
fichau.
FiENs, s. m. Fiente.
La rue à Fient est ainsi nommée, sans doute, à
cause du passage des matières fécales enlevées de la
caserne des Suisses.
Filer, v. n. S'esquiver; partir furtivement.
FiLEBiE, s. f. Veillée où l'on file le lia.
Fif, adv. Se dit pour l'adverbe ampliatif tris. Cet
homme est fin tôt . C'est une syncope de infiniment.
Fm, fine, s'emploie aussi adjectivement, comme
exiensif, donnant plus de force à l'adjectif qui suit.
FiMOLER, v. n. Mettre de l'élégance, dii fini dans ce que
l'on fait.
FioN, genre. Avoir le fion, c'est avoir la manière, le
chic, comme l'on dit aujourd'hui.
Flahute. Flamand.
'S Flamunds sonl du FtahatM.
(Gamme lilloiee.)
Flahique, S. f. (voir Falluiche) . On dit d'un ménage qui
a peu d'ordre, qui godaille, que tout t'en va en tripes
et en fiamiques.
D,g,l.2cd|v, Google
Flandrin. De Flandres ; un grand Flandrin, c'esi un
hoflkime élancéet de maiiiTaisc tanrnMre.
Flauou flo. Mo».
SI l*roirftralic»Hiu/tau,
T o' l'arot point monlt li bnul.
tlKcq. De Coliigoies.— Maridji- du Omphin.j
Fléchette (jeu de). Variété du Ur à l'arbaïéte.
FlÈpes, h. f. pi. Haillmis; aller à jtêpes, aller areé des
lietiits déchirés, «Ta lalm ferpes, ferpotœ veslet, é'où
frepet par la traosposition de l'r, et friperie .
Flohaine, s. f. Femme flasque, qui Soie; duWeux verbe
Floïr, faiblir, ëtie flôr nou.
FouEA, V. n. avoir le dâreiemeDl, : dt foirar, nom
domé par ftabelaia ^dd rtiisin laialil.
Le sobriquet de Liih-Foreux est înuessamnent
adiessc' aux Lillois, psr les caiBpaga»rds.
FoNCBR, T. a. Enfoncer.
Les enfante diseat ; foncer barres.
FoDcer s'emploie aussi dans le sens neutre ; une
glace peu solide fonce sous les pas de l'iufvudent
pfllineur.
FoHDou, s. m. Forboutier : faubourg, faubourien. Fora*
burgi; ici encore le mol patois se rapproche plus que
le français moderne de l'ctymologie.
FoHCHK, «ti:E, loeulion pour l'adverbe tant.
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- 15 —
FoftSKNEit, V. n. feireeo' rut, se livrer k la (kbanehe.
VovAit, s. m. Taupe.
FouFARDES, 3. f, pi. Faofares.
FmvFE, s. f. LÔqne, chiffon; faire tes fouffes, c'est
meltrc du foin dans ses bottes.
FouBFELLE {èttc en) . Etre empêtré, affairé .
Cbe lourquenRDheD^ottr/'sIlï...
IRriile-Maiaoïi. — le BmAel I :Np-gariui.)
FouiiNAQUKR, V. H. Fascîner.
FouBONNEfi, V. n. FiweJer, maraurttr; du Fatin fur,
voleur.
Ycoureaugardin
En /Duronnnat padout.
(Dhilu-Haison. — lO* recueil.)
Fo^T^ER, V. n. Faire un trou, creuser la lerre.
Fiuici*E..C*e«l ain» qu'on appelle la ttsanne que vendit
les marchands de ooco. À la fraîche qui veut
boire P
FRAsoin, s. m. Plateau de bois perréde trous, ustemye
de ménage.
Fraïeux, adj. Qui occasionne Jes trais. On trouve
dans La Fontaine , pour la même idée, In mot
frayant.
D,g,l.2cd|v, Google
— 74 —
Friant-battant, locut. D'une façon délibérée, se dit
de la marche d'nne personne qui va droit devant
elle, sans douter de rien .
Fricasse (faire). Locution d'enfanl, frîcasser; faire un
petit ménage, la dînette.
Frisons. Cheveux bouclés avec un fer.
Chf9 ileui biaui frison».
Qui sonl BU vu front,
Autaï noirs queducarbon.
(Brùle-NïlaDD.)
Fbusqdim (Saint-) . Trésor provenant d'économies.
FuiLE, s. f. Paille de colza employée comme combus-
tible, vient de fuerre, paille.
FuNQuÉE, s. f. Fumée. Il y a à Fives un cabaret bien
connu S0U3 te nom de la Funquée.
Gadou, s. m. Matière fécale.
Gadoux [avoir les yeux) , locut. Les avoir doux et
tendres.
Gadhu, s. in. Gars'dru, gardon robuste bien portant,
gaillard.
Gafe, s. f. Gave, cou. Séraphin gross'gafe, personnage
d'une des p1usjolie'< chansons de Desroiisseaux {Le
Lundi de Pâques], a le cou gros, goitreux.
Gaga (parler) . Parler à la façon des enfants gâtés.
Digiiiz^dt* Google
— 75 —
Gaiole, s. f . Geôle, cage.
Toul J' même qu'un perroqut
J' (c meltrai eu gutole,
Tappreadra à parler
Prut dit choaqu' tii parole».
(Brûle-HiHCHi.]
GikLAFRE, S. m. Gourmand.
Galetbdx, s. m. Se ditdu charbon en gnlielte.
Gauette, s. f. Morceau de charbon de moyenne
dimeasioQ, entre le gros et le menu.
Galoche, s. f. Jeu de bouchon.
Galuriau, s. m.GamiD.
Galvauder, v. a. Gaspiller.
Gantois. Hospice fondé par le Gantois Delecambre.
Gahchonale.s. m. Petit garçon, terme de dédain.
Garçonnière. Fille quia les allures d'un gardon.
Gard. Terrain entre deux fossés servant à garder l'entrée
d'wne ville.
(RruO'Lavsinnc. — Lexique de Battin.)
C'est l'origine du nom conservé parlaruedu Gard,
où était une porte de la ville.
Gaspiau, s. m. (Voir garchonale.)
Gatelet, s. m . Petit gâteau qu'on ne fait qu'en temps
de carnaval . On annonce le défoumemcnt, à son de
trompe, i la porte des boulangers.
Tiroux rapporte que les Français crurent à une
surprise lorsqu'à la première année de leur occu-
pation ils entendirent ces cornets.
GADFnE-GOLiGHE , S. f, Gauffc motle, pâtisserie hol-
landaise .
Gaule, s. f. Vêtement à manches; camisole de nuil qui
a retenu ce nom de son origine gauloise.
D:,-:c.Jt, Google
- 76 _
Gauoue ou Gaucue, 8, f. Noix.
Gaoooieb, s. m. Noyer; d'après Ja couUime de Lille
»lore que les prommrs cl les ehimiers (Hc). el lei
î«o?o.«rs même des rergers élaient meubles, caleux
yens, le ja„^,«- isolé, p|„,é d„, ,„ ^J, j ,
ferme, pour protéger se. habilanls oontre lesteui du
soleil, était réputé immeuble.
Gavu. PigeoD .à grosse^or^e.
Ghinse, s. m, Loitbaltu, poiage.
Je [e fer»! du ghtim
l'oul comme 4u tébouU.
GiFPLE, S. f.. Soufflet.
GiGEAiSTt,,6 i. Femme en couoie,
^Bioaraa.nl'icn- V çigtanit.
Ils ODtoDblié retirant.
IBpiiÈe^aiaon.)
GiGEiNE, S. f. Gésine.
Gin, s. m Terme d'amilié pour désignar tm .enfant
^^Ptugm; singulier ^n usité du ^k c'Stf
(George Sand. - LaptHU FadttU )
G«Gm, S. m. Homme simple, faciie à tromper
GiKGLEB, V. n . Remuer, s'agiter.
Do enfant ginglard e.tgUt in dornuoL
Glaine, s. f. Poule, de gatlina.
CfcAKn s. m .CWlure àreiatre-voie, porte Kiilléc l.™
du Gland était probablement ainsi ferméf
D,g,1.2cd|v, Google
Le nom de Gland iluiiné à -celle Xorme de clôture
provient de l'ornement Uahtluel tjui surmonte les
moRlants de la grille.
Glaves (il pleut à). Locution qui répond à eeJlc-ci : il
pleut des hallebardes ; gla.ve, iegùuiium,g\aïve,épée,
lance.
Gloriettk, s. f. Tonnelle qui abrite Ia8 buveurs -dans
les guinguettes, notamment à la Nouvetle-iventure.
Glout, adj. Glouton, gulosjis. On dit d'un gourmand :
c'est une gloute-gueule. Une espèce de poire porte le
nom de glout-moreeau.
Godailler, y. n. Se livrer à la bonne clière sans aucune
mesure . Le mot vient de good aie, bonne bière, qui
se trouvait surVenseigne de tous les cabarets.
Godiche, adj. Comique, plaisant.
GoDw, s. m . 4loltron .
Ke craignez pofnl. sllubutlro
Cet godoni, panWB h poli,
Car QD de nout en raolqualre
GoGu, adj. Gai, content.
QoGUHiiu. Mauvnie plaisant ; pierrot .gogueUtse 'Irowe
dans Rabelais .
GouRDAiNEs, s. f . pi. Courljnes, riileatn.
Gourer, v. a. Tromper, allraper, circonvenir.
GouviON, s. m. Goujon.
Graissirr, s. m. Épicier.
GnAUBNT, adv. Syncope pour grandement, beaucoup.
Grand-Magasin. Bâtiment érigé en 1730 par les états de
Lille, pour les provisions de grains .
Il a été abandonné au gouvernement qui 'en a Jail
une annexe de la>inaauleQtioa.
D,g,l.2cd|v, Google
— 78 —
Un préjugé populaire, dont je n'ai pas cherché à
vérifier l'eiactitudè, attribue à ce bâtiment butant <le
fenêtres qu'il y a de jours dans l'année.
Grkignard, 8. m. Mauvais plaisant; grimacier. On
appelle greignards d'apothicaire ces tètes grotesques
qui figurent à la porte des pharmaciens.
Grbigneh, V. n. Rire en se moquant. Y n' font qu'rire
et greigner .
Grifflr, t. a. Égratigner; on dit aussi dégriffer.
Ghingues, s. f. pi. Cerises noires sucrées.
Grioleh. (Voir DégrioltT). Grioler a, je crois, la même
signification, et probablemeiit la même origine que
fringttler, qui se dit à propos des voitures qu'un pavé
trop glissant fait dévier à droite et à gauclie du milieu
de la route. Je vois dans les vers naïfs nllribués au
fils de Brùle-Maison, sur les conquêtes du roi en
Flandre, le mot ^rto/er appliqué à une fusée qui part
en zig-zag :
Grippette, s. f. Petite fille hargneuse,
Gboiseillbs, s. f . pt . Groseilles. Notre patois encore ici
a conservé le mot primitif.
On lit dans Marot :
Mais si vous curillez des groyselUt,
Envoyez-m'en, car pour loutveoir,
Je iMi» grot, mal) c'est de tous leolr
Quelque malin mes damof telle*.
(KonriMU une damo^teUxt perittaÊiit
d'escrircà leur» ami:)
GoRLiER, S. m . Bourrelier .
GouTERSANCE. Hôtel du gouverneur militaire, rue de
l'Abbiette, aujourd'hui de Tournay.
Digiiiz^dt* Google
— 79 —
Grais de sel {porter à), par corruption de grande selle.
Les porteurs unisseot leurs mains droite et gauche, et
sur celle selle improvisée s'asseoit l'enfant qui leur
serre le cou de ses mains libres.
Ghand-Tourna>t. Partie du canal de la Deûle qui forme
un arc assez pr-ononcé. C'est l'endroit oii l'on allait
nager avant l'établissement de l'école dt natation .
Gringbih (St). Un grognon, qui se plaint sans cesse.
Gros-Jean, jeu des rues. Gros-Jean poursuit d'abord
lout seul ses adversaires, à cloclie-pied, toutefois, après
leur avoir demandé la permission de sortir. Chaque
prisonnier qu'il fait augmente sa famille; la poursuite
collective qu'entreprend Gros-Jean avec sa femme et
ses enfants a lieu en faisant la chaîne par les mains
réunies. Les adversaires cherolient à briser celte
chaîne à coups de poing; c'est aussi à conps de poing
qu'on reconduit à son poste la famille Grug-Jeon
débandée.
Gros-Jean peut-il sortir tout seul, ou avec sa
femme, ou avec ses enfants? — Sorte gueux! est-il
répondu .
Gros Mort, s. m. Enterrement solennelavecdislribulioti
de pain aux pauvres.
Su' l'i lui'j paraiis's cha va incor,
On a IM la t«mp> un groi mon.
(Dwrounsoaui. — Ckoittcet Thràellc.)
Grouaqes, s . m . pi . Escarbilles .
Groulkr. Grouiller, de crôler, remuer; on dit que le
yeaire grottle, quand il est travaillé de borborygmes.
Gruau, s. m. Gros nuage noir qui se fond en pluie;
giboulée, averse, grain . Esl-il éclaire d'un pàtc rayon.'
on dit vulgairement : Voilà un gruau qui se chauffe
au soleil .
t.C.oogIc —
GuERNATES, 8 . f . pi . V'ià des beliées gueriiatcs ! cri (les
miirclianiiesdecrevetlfs; du flamand gemaerds, dont
les Qiimands de France onl fait grenades .
(D« Bertrand. — .Volirs fur Zuydeooli.)
GuERNONS, S. m. pi. Crocs, moustaches de clial.
Il porlallniif paire ili' muuitachei d'une Intiguear ilénirtorie.
Ces (lusmoni étalent il'unc rsideiir'f lr«nge ei |iru ruurnis, de
iurle qu'uD ne murail mleui les di'ptindre qu'en rnpiiel.inl ceux
d'un cbat eo colère.
(DeriMla. - Fanitlr rVMUnmne.)
GuGEiNOTEn, V. n. Palpiter, frissonaer; en terme de
cuisine, bouillira petit bouillon.
GuERNU, E, adj. Grenu, plein de grains .
GuERTiEB, 8. m. Jarretière.
Guet, s. m. Agent de police municipale.
Giii, GÉE, s. f. Levore de bière.
GuiLEB, T. n. Se dit d'un liquide épais qui s'écliappe
insensiblement par une fissure. On voit gniier du
vase l'huile, la mélasse, le miel.
Guise (Jeu de) . La guise est un petit bàloii aminci à ses
deu\ extrémités qu'on pose sur un pavé, et qu'on fait
sauter bien loin en frappant l'un des bonis avec
un bàlon plus long. Le jeu consiste principalement à
lancer la guise dans une direction, ou à une distance
qui ne permettra pas à l'adversaire de la recevoir.
GoiTERNE, s. f. Guitare.
Il existe à Lille une cour Guilerne, étroit passage
qui conduit de ia place Saint-Marlin à lu rue Saint-
Jacques.
J'ignore l'origine du nom bamionicux donné à ce
cloaque qui, dans aucun Icmps, n'a pu être propice
aux sérciiiides espagnoles.
Digilizcdt^GoOgle
— 81 —
, Il tul, en 1789, le 8 avni), le théâtre d'un meurtre
commis sur deux soldats de Boyal-Vaisseau et de la
Couronne, par des chasseurs de Normandie .
(Victor Derodc. - HItt. dt Lille, III, 10.)
Gcive. s. f. Figure difforme . En latin, wifa, guife; signe
matériel de prise de possession d'un objet; cachet
apposé, d'où est venu le mot griffe, signature sléréo-
typée.
Gykie, s. f. du grec, ■yvfaf, tour. Faire des gyries, c'est
De pas aller directement au but , employer des
manières. Oyrer, de gyrere , tourner, est dans
Rabelais.
Habile, adj. S'emploie dans le sens de prompt. Un
homme habile est moins un homme capable qu'un
homme expéditif. Pour presser quelqu'un d'agir on
crie: Habile! habite!
Halbran, s. m. Maladroit; homme qui n'a pas plus de
cervelle qu'un jeune canard .
Halles, s. f. pi. Passage ainsi appelé, non parce qu'il
conduit au marché aux poissons, mais parce qu'il est
sur l'emplacement de l'ancien échevinage, le forum
lillois.
Ballot, s. m. Saule, adonné son nom à la rue de la
Uallolcrie.
Happe, s. f. Hache. Terrain m happe. Cette loeulion
se trouve dans tous les vieux litres.
Haqve 1 Exclamation de dégoùl ; pour cacaque.
D,g,l.2cd|v,G00glc
— 85 -
Hard, se, adj. Pour hardi, ie.
HAtiDil Exclamation pour encourager.
Harna, s. m. Appareil pour le lissage.
Haton, s. m. Echoppe, sorte de tente soutenue perdes
piquets, où l'on étale des marchandises de peu de
valeur. C'est, suivant Le Ditchat, une conlraclio»
de habiiloD, habit. En français, hailloo est une bar-
raque d'ardoisier, (Nap. Landais); c'est du mauvais
état des toiles qui flottent au vent que vient le mot
baillons, vêtements déchirés.
Hatube, s.f. Haie.
HiMEGR,s. f. Pour humeur.
HOBKTTE, S. f. Petit bâtiment, annexe A'un moulin à
tordre huile.
On appelait ainsi le corps de garde établi en 1 866
sur le cimetière Sl-Pierre, pour protéger le chapitre
contre les attaques des Gueux.
(HAntucTit de lu bitttioUi.)
HocHBPOT, s.m . Sorte de ragoût très-esti'mé des Lillois;
c'est du bœuf bouilli accommodé aux carottes.
Ce mot vient de kolchpoch que le Glossîùre de
Ducange définit ainsi :
Condimentitm quoi in oUâ pturibHs carnibus et
escis invicem misiis et confusii eon/icilur.
D:,-:c.Jt, Google
— 83 —
HocHBNNOiRE, s. m. BerceBU .
S'mèr' l'a mii Uini s'n'oekennotrt.
(OosrouMeaui. — L'Cancloo d.>niiiiirf.)
Ce mol vienldehocher, balancer, remuer, comme
hoche-queue, bergeronnette, petit oiseau qui agilo
toujours la queue .
BoLE, 6. f. HuilCj d'o/eum.
EoNAiNE. s. f. Chenille. Il y a à Lille la rue des Sept*
Honaines.
HouPBTTE, H. f. Petite houpe; un' bieW houpelte! excla-
mation de dédain.
HouRDAGB, 9. m . Appareil pour la construction des bâti-
ments; de l'allemand hourd, échafiiud .
HoL'SKAiix, s. m. pi. Espèces de guêtres pour garantir
le bas des pantalons; de l'allemand houser, botler.
Housse, s. f. Faire housse, lutter.
Pour (aire ftouiie avec noa bourbons.
Un ['j a raconté
Qae l' remmF ralgeot kovit»
A boire du caté.
{ClnnuiDinrle). BuiKUiti ikcali.}
Huis. Porte, d'où huissier, du latin osfium.
J'eiilendis biiquer il m' Aui.
(Drùlc-Huison. - UUlKhii ic Jcaifl^ouil.
HuvETTB, S. r. Bonnet de nuit ; du vîeuiL latin eufa,
coiCTe, par aspiration Aw/a.
D,g,l.2cd|v, Google
biBOHGNEUX, s. m. Maladroit.
lNcmNQUEii{s'), V. p. El re engrené, empêlré.
Qi
'A'I
iNDULdENCEs, S. f. pi . (Voycz paîHperbôles . )
Induque, s. f. ÉducalioD. On dit indifféremment: avoir
d' l'irtduque ou avoir d' l'école.
Mtn pire alon, qoi s d' t'hole.
Ikfant, s, m. Enfant, infans.
Infileu, V. a. Atlrapper, engueuser.
Infilurk, s, f. Manière de faire.
iNFonctitÉ (être). Etre forcé, en périi ; faire des eflorls
pour se tirer d'un mauvais pas.
Le ro), qui le vil en dur paril el trop efforci it ta eiiDemlJ,
demanda en regardant le ebevalier : A qui me rendral-Je 1
[Frotsiard — BatalUe ie Poilkii']
Inguer. Viser, chercher à atteindre. Ce mot ne me paraît
pas tirer son origine soit de in(]uirere, comme le
pense M . Escallicr, soit de ankanare, suivant l'opinion
de M. Le Glay; je crois qu'il provient plutôt de
Digiiiz^dt* Google
- 85 —
aguiiare, d'où agupl. insidias struere, d'après Du-
cange. On troave dans Rabelais indaguer pour
chercher, /n^uer pourrait venir de ce demin- mol par
syncope .
l>NocHBNt. (nnocenl, coflserre dans le patois le sens
étymologique d'inoiïensjf.
InSiPiDB, ai\i< S'emploie pour insupportable, coftimc
indigne .
Intendance. Ancien hdtel de l'intendance générale rue
Royale; il fui afTecté par Napoléon au service (le la
division militaire, malgré les réclamations d6 la ville .
C'est iâ que mourut, dans l'exercice de ses fonctions,
le lieutenant-géDéral marquis de Jumîlhac.
La Préfecture y fut transférée sous M, de Mural.
Jacotin, s. m. SortedeOBpot.
Jappe, s. f . Avoir une bonne jappe, parler beaucoup et
facilement .
La Jappe est le nom d'un hameau de Fâches, dont
le nom prèle au calembourg, comme celui de la Com-
mune métropole.
Les gens de LaJiippi?passentpourparler beaucoup,
et ceu2 de Fâches pour prendre facilement la mouche.
Jacquart Cloche de la retraite, ainsi appelée du nom
d'un comitllssaire de police vigilant, v'ia Jacquart qai
sonne :
Va a'tfilead pa» sonner Jacquarl .
IHeniiSii.- ftiwelElloiicilciKiô.)
Jeûner, t. n. Faircdesjeunes^ mettre bas.
D,g,l.2cd|v,G00gk'
— 86 -
Jo, de to. Cri de Irioinphc des anciens, d'où le mot
joie.
Jo .' men père est rô ! crie l'cnfanl, dont le père ,
habile lireur, a eu le prix de l'arc .
JofiiiE, 8. m. Abrévialion de Jobard. Joblin, pour
nigaud, est dans Rabelais,
JoNNB, adj. Jenne; «n virus jonne homme pour un
célibataire.
Je retrouve le moi jonesse pour jeunesse dans une
lettre écrite à la reine de Hongrie par le bailli de
Botiasu, à l'occasion du siège de Metz.
« y eutt plusieurs prisonniers |<rin<, ksi)iivls mainleniirnl
« qu'il y avait deil«ns bult mil honiDifS c( K^ndc jonetie
R vl noblesse de Friuce. n
[Gscliord. — Dacunieiili «ir tliurlt»- ««"'■)
Juoujus. Renversé, à terre.
I.'tmt i'eii|>ar[ el le curps jai ehiet.
(Botn. d« Gonn.l
On dit queweju ou ruer ju, pour tomber à terre,
cl jeter à lerrc.
Le duc d'Avrée, de che co Ik,
Il a queu j'u de sin que^a.
IBrûlb^atBOn. — Mari dn duc i'Harri.]
Ne ro'aianchu nrn, min dîalr,
J' le rumi/u.
(Orûle-Mdson.)
Cette locution- a fourni à Rabelais l'occasion d'un
jeu de mots assez pKiisanl :
Je croy que eest le propre monstre marin qui feut jadii des-
tiné paurd^Torer AndromË<la.Nou«somnies tous perduz,o que
IHiur l'occire présentem'nt Teust Icy quelque vaillant Ptrt^in.
l'trcé («» fit mut sera responiJist Pantagruel.
(Lit. IV, ctif. XXSIU-I
Digiiiz^dt* Google
Ju, suivant M, Desrousseaux, fterailemployécommc
participe pnssé du verbe choir, tomber; p^ Iransfor-
matioD'lu ckeoj.
Nous croyoDs que c'est là une erreur qu'établissent
suffisamment les exemples rapportés plus haut, où le
motju se trouve à côté des mots chiel et queu, temps
du verbe choir, cadere.
Ju ou jus, dans le sens de renversé, est le parti-
cipe passé d'un vieux verbe dont il ne reste plus
guère qu'un lugubre indicatifà la troisième personne.
Le verbe gésir, d'où provient ci-gît .
En ce) lermiDC si avint ao grant damage en CoDstoDlinopIc -
que li caeDS Hues de sain Pol qui afail longnement gta d'une
iiialadie de goie flna el morul.
(Viiidh.-*».)
Ju», pris avrc l'acception adverbiale pour dessous,
à terre, par opposition à sus qui a la signification
dessus, debout, en haut, dériverait, suivant M. Ampère,
du latin deorsum — de-vorsum, deverto, qui devint
bientôt deosum, josum,jumm, jus .
Jus signifie aussi à ras.
El parla même KDlenee 11 fut ordoond que cbacun luraU
\n cbeveux «ifti loul jui.
(Relalùn (Tun dul judiciaire d Kulsncienrwt ta 1155.}
JuETTB, S. f. Un homme ou une femme qui joue mal.
JuEux, adj. Joueur d'instruments.
JoPON.s. m. de l'allemand ^oppe. Jupe de femme.
On appelait ainsi autrefois les vêtements d'homme.
Quand Derlrand enirndll que le dui le niauda.
Il a dit au héraul qu'atec 1j, ira,
Tanlost avccques lui il t'ostel le mena
irn bon gippon de soie en l'eure lui donna.
D,g,l.2cd|v, Google
- 88 —
On donne cncorf! le nom de jupon à l'htibil- veste
que portent les hommes de In campagne.
Nous retrouvons ce mot appliqué à un vêlement
masculin, dans Molière:
Rabelais appelle veau engeponné un veau en robe
de docteur.
Joo«ER, V. n. Chômer, suspendre son trivail.
Karhlsse, s. f. pour kermesse (voyez Dueatse).
Krabne. Grue qui sert, au port, à décharger les mar-
chandises des bateaux : du grec ■} ifo-vot.
Lachoirr, s. f. Tricoteuse.
J'dccosic eiiD' vieil)' taekoire
l\)esroaaeB\Èt.— VuleUe.)
Laidoux, ouze. Homme ou femme d'une figure peu ave-
nante .
Laignb, s. m. Bois; de Hgnum.
Laigiie d'escartelage, bois fendu en plusieurs
quartiers.
Aiiis, P'iur cuire \Ml bra»in ri jmur bratl'ier le grain, unfi
crnl eldoiii) qaatlroa dtlaigneittitartilageh LU loliiiGteDl.
(Experliit du <U decembie ISIS, Entre lu Eclmin/ cl la
Arawiiir» /Ir l.itb-)
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Lainehon,s. 11). Lange d'enfant. C'est aussi le nom <l'une
cloche appelée lameron par corruption de min'ron,
vigneron, eabarelier.
\voul' toithcr l'iainerott.
(benoasiedm.— L'Ivrogne el u frrame,]
Voir l'art. 5 de l'ordonnimce du 7 juillet 1742 sur
le feu de Meschef.
Voir aussi les comptes de Vhôlel de ville de
Be'tkune où il est question de la palette de ia cluclie
du vigneron.
M. Deroile cite la cloche, nommée le vigneron, qui
sonnait tous les jours la retraite .
On n'a pas oublié, d'ailleurs, que, dans le moyen
âge de notre histoire locale, il se consommait à Lille
plus de vin que de bière.
En 1356, l'impôt des vins rapportait 5,878 livres,
7 sols, 6 deniers.
Celui de la bière seulement 4,298 livres, 13 solsj
9 deniers.
Lala [le château de madame). Jeu des rues. La châ-
telaine est sur le trottoir el cherche à saisir les petites
filles qui courent sur son terrain, en chantant '■ Au
châleaa de madame Lala.
Langrcux, adj. Contraction pour langoureus.
C'est ainsi que s' exprime Jacques De Cotttgnies dans
ses vers naïfs, en parlant du maréchal de Saxe qui
nccompagnait à Lille, en mars 1746, le roi Louis XV,
marchant sur Fonlenoy.
Il se dit aussi d'un enfant maladif.
D,g,l.2cd|v,G00glc '" ■
- 90 -
Lapitb, pour lapiJé ou lapithe : fait comme tin lapiie,
c'est être dans le misérable état ou l'on se trouve, soit
après une lapidation, soit après un combat avec les
centaures.
Lahi avec un r se prend dans le sens de galté, kiloritat .
Che udd' grau' maml
Qui entend ben Tlari,
Et quand ttaeti sérieai
EH' l'cnlend cncor nileui.
(Br4Ja-Hi<Mn.- LeBuikfK.)
Larnesse, adj. Contraction pour larronnesse, voleuse.
Penic-la que flrals étrt ktmeti» ?
(Drùle MaboD.]
Labri, S. m. Désordre, pèle-mële d'ameublement. Du
celtique larris, terre inculte, Larricivm en basse
latinité.
Fnncola etulolanl ntalnie lelve,
Se vont logier tous Hong en PelTe,
Toal au lonc d'un lurrfi laarage
Plein de fuaiei, piét <\e boicsge.
(Gnill. Galint.~ Branche tbi n>f*iaUtnagti.)
LÈBouLiiS. m. Lait bouilli; bouillie
Leburé, s. m. Lait de beurre, lait battu.
Lesquin [moulin de). Moulin célèbre par le préjugé qui
lui attribue la propriété de frapper de folie ceux, qu'il
atteint de son aile.
On dit d'un homme timbré .- il a passé sous le
moulin de Lesquin .
Leurre, s, f. Trompeuse.
Te v'Ia rerenu donc bielle [aurrsf
(Hiùle-SiDiNn.- l'utfiiilfe plaiiame.)
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C'est un vieux substantif qui vient du latin latua,
flanc, côté.
Employé comme préposition, il signifie à cdlé :
la Madeleine ^»'Lille, pour à cAté de Lille.
Lez-à-lex, pour câteàcôte, se trouve dans les vieux
auteurs.
t lempero:
LiACHE, s. m. Lac, lâche, lacet
Lille (l'île). Nom que le peuple a spécialement conserve
à la cour Gilson, quartier situé dans un Ilot qui fut le
berceau de la cité et qui lui fournit son nom.
LiKCHEUx, s.m. Pour draps de lit et linceul.
Liste, s. f. Lisière, de lista, basse latinité.
Liston, s. m. Bande, ruban qui serre la ceinture de In
culotte.
Lomuelet. Etablissement d'aliénés situé à Lommelet ,
bamcau de Marquette.
Un cabaret du village porte pour enseigne tm
Ifommelaid.
Loubard, s ra. Nom conservé au mont de piété. Cette
institution est originaire delalx>mbardie.
D,g,i.2cdiv, Google
- 92 -
La rue des Lombards esl ainsi nppeiée d'un
élaNissemeot de prêts sur gages qui s'y trouvait
atilrefuis.
Loque, s. f. Chiffon, d'où déloqueté, déguenillé.
LosTE, s. m. Espiègle, hurluberlu.
Lot, s. m. Double litre.
Louche, s. f . Cuiller à pot, appelée aussi œil ; cuiller de
bois pour manger le potage.
Louche. La Housse (place de), dans le quartier S'-Sau-
veur, où se tient un marché.
Ce nom provient du vieux français ousche, olca.
olcha, défini par Ducange « une portion de terre
arable entourée de fossés ou de haies. »
Tel était probablement l'état ancien de la place de
la Housse.
A» marqué (f^niieAt an jour Thrln<^lie,
Hanhaiido' ua piiniiier il'angDuns.
(DeiroiUMnui. — OmùwelTlIriMHe.)
LoL'CHET, S. m. Bêche. On norome ainsi le cabaret, avant-
dernière station des blasés; la dernière est Vassom-
moir .
LozARD, s. m. Lézard.
LozAHO, DE, adj. Paresseux, se.
LuiJEAU, s. m. Luiseau, cercueil; du vieux françiirs
luseau (fereirum); iuseau vient du latin locuUus ou
locellus- (Ducange).
LuMBR,v. a. Allumer.
LuMEROTE, s. r. Petile lumière, feu follet,
LusoT, TEj adj. Espèce de Dàneurquî perd beaucoup de
temps sur lis moindres choses (Brun-Lavainne); de
ludere, jouer
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MABKi, adj. au féminin mabresse. Qui a eu la petite
vérole, les poquMes; marbré, nuancé, grêlé. Le
peuple dit volontiers des individus, devenus de plus en
plusrares.qui ont conservé les traces de la petite vérole,
qu'ils ont été vacfinéi avec twie écumelte, ou qu'ils
sont tombés le visage sur des petits pois.
Il y a un proverbe lillois, très-consolanl pour ceux
qu'afflige la petite vérole, qui dit : Un biau mabré
n'est jamais laid.
Magaus, roux. Blé macaux. blé roux.
Che Tolirqucnuois
\i»H pour tes (nuris prendre
Dn biau eilmaeot.
(Brûle^aiioiL— le Coaton pani.J
(Arrête de la malria de Lille du S octobre IHU.)
Macaveulr, adj . A moitié aveugle.
Macuiiqué, adj. Frappé, battu comme avec une massue.
Macbuxé, adj. Noirci de suie ou de charbon, contu-
sionné, meurtri. Il est dans Rabelais.
Madouiller, V . a . Tripoter avec les mains; Il diffère de
cafouiller en ce sens que ce dernier mol s'applique
plutôt au dedans qu'au dehors des choses.
Maflant, adj. Ennuyeux. M. Desrousseaux a fait une
chanson sur les maflants.
Je n'ai trouvé ce mol dans aucun recueil ancien .
Maflu, adj. Grasse, ma/lue et rebondie; ces synonymes
que je trouve dans La FoDtaiae sont en rapport avec
la significalion lilloise du mot ma/lu.
Det bi«llu tarit) lochn,
Maflvs'i i tohMt^.
(BrùlB-XaiMn.)
Magemeut, adv . Méchamment.
Maguette, s. f . Chèvre, biçue, et non bicbe.
Maie, adj . Mage, méchant, de magus.
Maladie jaquette. Mal sans impOTtance. indispoeîlion
d'un homme qui s'écoute trop.
Malva. Un enfant tout malta est un enfant mal portani,
qui se développe mal.
Icbi ch'csl grand queva.
Vicas Midal malva,
(DcsnHiueaai. — CwiaMNitilMtM.)
Mamklot. Endormi.
Mande, s. f. Manne, ptanier, bance.
Manoquevs, adJ. Hmnme eserçaiil plusieurs états.
Crispin, des Folies amoureuses.
Qui tiXt toai les oiélferi d'après te nabire),
est uu moHoqueux .
Manmée, s. f. Partie de blé portée au meunier.
Manquer, v. n . Bilboquet déûnii parfaitement ce qti'oD
doit enlcndre par ue mot qui, daos le patois plus
D:,-:c.Jt, Google
relevé de la bourgeoisie de Lille, signifie : faire
faillile.
Cabochard «1 en déconfllurr, II • manqui.
AtALA,
De combien manqveH'il?
■ILBOQDBT.
Il mauqtu de loul... el lereiie eit pour tei créancier*.
MANUEt, pour Emmanuel. Nom d'une cloche de la
paroisse Saint-Etienne; avant la révolution c'était la
cloche du beffroi .
Quand nous étions petits enfants, les sons joyeux
de Manuel, revenant de Romr, nous conviait, le
Samedi'Saint, à la recherche des osufs de Pâ<]ues,
soigneusement cachés soug les livres de la bibliothèque
paternelle, et sur tes arbustes du jardin .
Un tTolt mis un' toagne cordlelle,
Sllot qu'on a oujt Uaniut;
Cn a mis ITu à nnne fuiée.
(ItnaaVi.)
Maqua, s. m. On dit d'une femme bornée : un gros
maqua.
Maquiller, v . o . Cracher à petits coups .
Maraille, s. f. Pour marmaille. Le mot s'applique
cependant à un enfant pria isolément.
Mardoché, adj. Affligé, meurtri.
Marêk, 8. f. Ce qu'un fermier apporte au marché au\
grains.
Mariolle, adj. Malin, rusé.
Marooulette, s. f. Figure grotesque.
Margouli>, s. m. Voyageur de commerce de bus
étage.
D,g,l.2cd|v,G00glc
- 96 -
Mabiage, ()ru de); on a un mariage quand on réunit
dans ses cartes le roi et la dame de la même couleur^
on marque deux jeux quand on a le beau mariage,
c'esl-à-iîire le roi et la dame de la couleur de la
retourne. Quandon voit deun époux bien unis on dit:
marquRx deux jeux, voilà le beau mariage.
MiRiCHAU, s. m. Maréclial.
Si l'avog TU Vmarithaa
Courir drrrlère nprés cbe ilnu.
(Hrûlf-StiBon.— l'ack< « non. )
On vend aux durasses un jouet dit des mariekaux,
lequel consiste en deux bons hommes de bois, gros-
sièrement peinturés, et frappant allernativement du
marteau surune enclume.
Marjoler, V. a. Engeoler, engueuser.
Marotte, b. f. Poupée.
EhoD, i;rand« loite
Qui Joue encore i l'maro(I«r
(L(KDti«i liJloin.)
Maronne, s. f. Culotte; vêlement mâle, démo*.
SI les mannn't queU', mels des berlielle>.
(VI«iUe cbniHon.)
Marron, adj . (être) . Être trompé.
Mastelle, s. f. Sorte de gâteau plat, à l'anis.
Chei mura l'écartitlleot.
Tout romme an' matUlt»,
Quind un tape deiiai.
(Rrùle-Haiaon. —DénwiiUaii de Menia.)
Maovaishté, s. f. Vieux mot pour méchanceté.
Or, Ti>y-je bi«D que la maulvaiitét <t« feinmfs Burmonlera
crlle dci bummes.
{Dialogue )•' du Cynitialiun nniRdi.)
t, Google
— 97 —
Masse, s. f. (jouer àla). Il y a la masse à /'être qui
consiste à se tenir en faction près d'un bouchon que
Ion doit relever, chaque fois qu'il est ahatUi par les
palets des joueurs, jusqu'à ce qu'on ait .saisi un mala-
droit, le palet levé, et \a.maise à porter à blo; dans
ce dernier jeu, celui qui a renversé le bouchon s'éloigne
à reculons, et le patient doit relever le même bouchon,
et poursuivre le fuyard qu'il rapporte sur son dos
jusqu'au point de départ.
Mat, Mate, adj. Fatigué, sans force; de l'allomand
matte; peut-être du grec fiAmiv, dompter; se dit en
français d'une couleur sans éclat.
Maton, s. m. On appelait ainsi autrefois le lait caillé.
On donne le nom de maton à une substance qui se
forme quand la bière se décompose.
An roDd lu maiùia j soot.
(Proferbo mrois.)
MËCODLE, S. m. Poltron.
Menbtte, s. f. Cuvelle.
Menoules, s. f. pi. Bagatelles.
MEQVAinE, s. f. Servante.
On disait autrefois mescin d'un jeune garçon et
meseine d'une jeune fille.
Suivant les conditions sociales, jeune homme,
garçon, fille, se prennent encore dans le sens de
commis, domestique, servante.
HApilal des Harihes, pour buîl [uiiivres femmes svei
miêchint Hroote.
(ManuKril nir les TomlBiioii) charliolildi d* Lille. -
D,g,l.2cd|v, Google
Mettrf, (se) . S'asseoir ; ne s'emploie guère qu'à l'impé-
ratif : meltez-vous, pour assey ex -vous .
Mets. a. f. Huche à pétrir le pain.
Meulb, s. r. de moles, masse ; amas de gerbes de blé
ou d'autres avëlies symétriquement écbafnudécs sur
le champ môme où elles ont été recollées.
MÉTiER'HAiTE (jouerà). C'est lejeu des métiers en action.
La société se divise en deux baudes dont l'une exerce,
et l'aulredevine.
Le dialogue suivant précède inTariablêment l'action :
— Bonjour maile !
— Qaea métier qu' TOM faitciT
— Le métier de twinaller, vont rvcrrez quKnd j l'ra tAlt.
Ml, pr. Moi; au datif, c'est une contraction de mihi.
Quand on est familier avec une personne, on est
avec elle à ii et à mi.
Mie, employée comme particule dubitative et négative
dans ce sens : je n'en veux mtF, est le substantif mie,
mie de pain, exprimant l'idée de peu de choses, comme
un pas, passus, un point, punctum, qui, de sub-
slanlifs, sont aussi réduits, par la dérivation de notre
langue, à l'emploi de particules négatives.
MiER, V. a. Contraction, pour manger.
Il Taul mettre dra habllt noir*,
Miir noir et q Dolr,
No duc d'Af i^e est morl.
{DeuHdea Tourquennois-]
Minable, adj . De mauvaise apparence.
MiNGK, du flamand myncken .- diminuer. Lieu où l'on
adjuge, au rabais, les poissons frais . Le lot est obtenu
par la marchande qui interrompt, la première, la série
descendante des prix, en criant : mynek.
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— 99 -
Mine, s. f. Mile, insecle.
MiNOu, s. ni . Chat ; toute espèce de fourrure.
Du minou d'vsnl et derrière.
(Ilrùl»)laiian. — Brattettc.)
MlTA^, s. m.CeDlrc, milieu. Ce mot est, suivant Ducange,
une coDiraclion de medietaneusi M . Escâllier le fait
dériver de medio sians .
Mode (à ma), locul. A mon avis. Selon moi.
J'ii dis, farceui' rh'esl polnl de l'riaDle,
A ro' miHl' que cbeil du cabillau.
(Ch. DecDiUgniu.— ViamktMa^ÀménipiL-.)
Moïse, adj. Pour moite, humide.
Mo» . Syncope pour maison ; je vais à mon Dubois, pour
à la maison Dubois.
Monteuse de modes, s. f . Marchande de modes.
Montre, s. f. Comptoir de chêne ou de noyer qui garnit
toutes les boutiques, et derrière lequel se tiennent les
marchands pour étaler les ariiclex de leur commerce.
MoRDREun, s. m. Assassin, meurtrier; de mordrum,
meurtre, basse latinité.
MonEAu, cheval de couleur de mure, morellus. llya à
Lille une rueduNoir-Moreau, ainsi nommée d'une
enseigne.
MoHGUES, s. f . pi . Grimaces ; mauvaises façons.
MouGHOiN, s. m. Moineau; du vieux français moisson,
moissonneti et par syncope, moisnef, d'où moineau.
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- 100 —
MoubHE, V. a. Traire, moudre les vaches; du lalin,
mulgere.
MooKPLE, B. f . Gros gant fourré ; recevoir ta mouffle»,
èlre congédié.
On dit Dolanimenl d'un amoureux, éconduit : il a
reçu set mou f fies.
Mi \e ït' »t polnr cDCore pourquoi.
Quf cbf garchnn ■ eu letmoulflei.
(F. F. — Marlaliemangii^deChambala.j
MouLET, 8. m. Coquillage, escai^ot, petite moule.
MouHHOULETTB, 9. f. Grossc iDOUIe, cracliat.
Elle a le* reoi fendug,
LargM comm' on' mourmoulttli.
(BriAe-Uataou. — PerlTaililt la Piite ànarùr.)
Mousse, s. f.Moue, àtmusel, mouset, museau ; faire la
mouste, bouder.
Saoi nom Tair' U motitu j répond.
Pour cbiu qu'eir vaut pernez m'uDclion.
(DcBraDHcBUi.— U trai CdrcAon iHrate.)
MoussET, S. m. Mousse végétale.
En ISOl en allouait quatre soui i Biiifl Pnmurd pour Ici
deiii Jours qn'ti arail ptnit à liier quérir du tnoutiet au boJi
deBariin.
(DeLalOiHlIéitcocq.— jtrffilef du nord rie la Fraaee.)
MousTAFiA, S. m. Emmout taché; Mustapha, personnage
turc.
BtiatI cheli li.
Aveiiqu* tet mousiicbn de cal,
l.'moailafia,
Uaot l'pnriao m'eDlrilua.
t'iimp itr.jtu'iug.)
Digiiiz^dt* Google
— lOi —
MouTBE, S. r. Montre, échantillon.
AlooTETER, V n. Faire un mouvement, movere, s'emploie
plus fréquemment dans le sens négatif : il n'ose pat
mouveler,
MocTUR, s. m. Sournois. C'est, je crois, le nom popu-
laire d'nn oiseau.
MoTE, MoïETTE, S. f. Grande et petite meule.
On all.i aui bois lolnlalns et prrichaint et commença') -on i
figoter à grand' pleolé, et a|i|ior[er cl aargei sut let tatUi, cl
là Taire mofe« pour plus ébahir cili de U giriilsun.
(Frobs»rd. — Sidga itàadenariit.)
MouzoN, s. m. Qui fait In mousse (moue); grondeur
d'habitude.
MucHRR, V. a. Cacher; de musser, mucen bas lalin,
mustare, lequel pourrait bien dériver du grec ftux*'v,
cacher.
Les soldats appellent musette un petit sac en dehors
dq leur équipement.
Une rue de Paris, où l'on reléguait autrefois les filles
perdues, portait le nom de Puie-y-Mv-sse . Elle est
devenue, par corruption, la me du Peiit-Musc.
Les enfants qui, en jouant à mucher, cherchent
leur camaradii, chantent en cliœur ;
i\. Ëscallier donne pour origine à ee mol le latin
mua, rai, souris, taupe.
MuCHETTE, s. f. Cachette,
Much'tin pot (en), adv. En cachellc.
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MuGOT. S. m. Pourmagol ; argent caché .
Le patois mugot rst plus étymologique que l'ex-
pressioD fratiçaise.
Il n'7 a qu'mi el l'holPïie
<iiï\ Mil qa'J'al min mu^ot
Sureb' l'hillct.
(flrtle-MaLion — UT(„,,„
ri^Hraahaiilifuii arbre.)
Mdot, s. m. Muel.
Nacoue, s. f. Emanation qui frappe désagréablement
l'odonil.
Queulnacqw! dit un Lillois, en passant devant
une boutique de fromage.
Nacqut se prend aussi dans le sens de flair, nez.
Nactieux. adj. Degoùlé, qui a delà répugnance à
manger certaines choses, ou avec cerlaincs gens .
- Le GarcftAR iHffiMê.]
Ce mot a la même origine que les précédents, nasum,
nez; peut-être vient-il de nactus, parlicipe de
nanciscor. Le nactieux trouve trop facilement les
objets qui le dégoûtent.
Nageoires, s. f. pi. Larges favoris.
HE^, particule négalive ne, suivie de la consonne n
employée euphoniqucmcnt.
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— 10Ô -
NicDouiLLE, S. m. Jucriftse, bêla.
NiEULLB, s. f. Pnin d'Iioslie.
Niqur-Naque (faire), loc. Se dit des fripiers qui, après
s'être entendus dans les venics publiques d'obji'ls
mobiliers, pour nepasse démonter, partagent ensuite
entre eux les bénéfices.
Le jeu de nicgue et nocque figure parmi les amu-
sements de Gargantua.
NoBiuAU, s. m. Petit noble; liobcrenu.
Noble-Tour. Vieille constniction, sitnée sur le rempart
â gauche de la porte de Paris ; on la considère comme
un reste des premières fortifications de Lille.
Aucun document, jusqu'ici, n'a purenseignerl'nr-
chéologuesurl'origine du nom pompeux qu'aconserïc
cette tour qui serlde magasin à poudre.
Noble-Épink, s. f. Aubépine.
Nom-Jeté. Sobriquet.
NoQUE, s. f. Auge pour les porcs.
NoQUÈRE, s. f. Nochère, canal qui descend à terre les
eaux pluviales retenues au bord du toit par la
gouttière.
D'après l'ancienne coutume de Lille, l'eau pouvait
découler des toits directement sur terre et non par
Dochère.
CoajIuiDF cil, f[ usages en chesie ville que eiuwe puel Kair i
«uiile li^re de gouliere de couvrelure emi plue ei non mie de
noe, nedeiilpc (le plomb, ne de bi»aeconve[ieDijhenele|Hifle.
(Holain. — U capiUei ia iretagei, M> XI.)
Chsqu' noquère aan l'candelièie.
[DwruusiGiui. — PrMiclKin de l'.Jrmcia.)
NoQDET, s.m. Cadenas.
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Niiu FÉ, noD fnil; je n'ai pas fait.
Nou fait psl pour la négation, ce que» fait est
pour l'affirmation.
NoiwABT. Nulle pari.
NvNU, s. m. Homme àpclilesidées.
Ce mot est pris aussi dans le sens de bagatelles.
Pierrot <iuoiche que le ni'rnront'ruis.
Des nwnut, des lODconles.
(Pitmt et liargel.J
Oeuillabde, «. f. Trace d'un coup à l'œil : œil au beurre
noir.
Oliette, s. f . Sorte de pavot, qui produit une graine
servant à faire de l'huile. Nous préférons celte ortho-
graphe plus étymologique [okum], bien qu'on écrive
Hans le pays cdUeite. sans doute à cause de la ressem-
blance de la Deur avec l'œillet.
Oi.iEVti, s m. Ouvrier travaillant aux moulins à tordre
huile.
OpÉii.\, s m. C'est un ope'ra, se dit à propos d'une chose
qui présente quelqu'embarras.
Être à l'opéra, c'est se trouver dans l'obscurité par
lit maladresse d'un mouclieur de chandelle.
OsoiR . V. a . Pour oser, de l'espagnol otar.
OsTiAu.s. m. Du vieux mot ojle, hôtel- Se prend aussi
dans le sens de prison, petit hôtel.
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- 103 -
OTtec, 8. m. Oulil.
Otieu, s. m . Un homme qui n'eal propre à rien ; on dit
par ironie : Un fameux otieu! ce mot doit venir du
latin otiosus. (Malherbe.)
Otil, s. m. Oulil, c'est le nom donné par anlonomasi^ an
métier à tisser.
Outre (tout), loc. du laliu uUra;un homme tout outre:
on appelle ainsi un homme d'une capacité supérieure.
On trouve cette locution dans Robert Estienne, avec
le sens de complètement, et dans les mémoires de
Montluc :
a CapllalnrF, me* compignoiu. quand TouiMrez t UJiM nocet,
presKi voa geoi, piriri i l'un et i l'aiilre, remiirz-voai, ïrojei
que tous leirenilr«zv<illlantsloul outre, quand liane le ternlenl
qu'i demi. ■
OuvREfi, V. a. Travailler; operari.
pAcotiL, s. m. Paysan.
PACts, s. m. Lieu de dépôt pour les grains deslinés à
être vendus au marcliê.
Paf ^étre}, loc. Être surpris, interdit.
Paillotis, s. m. Construction en terre et en paille,
appelée aussi torchis.
pAiN'CaoTTÉ, s. m. Appelé aussi pain-perdu ; tranches
de pain sautées dans la poêle avec du beurre, après
Avoir été trempées dans le lait. C'est un mets des
jniirs gras ; or le saupoudre de sucre gris ou
hianc.
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— 106 —
pAiNS-Pen&OLES, s. m. pi. Pelitsgàteniix de pain-d'épicc
fabriqués à l'occ»sion de )a première communion, el
disiribués par les jeunes communiaots aux enfiints
qui les suivent dans les rues eu réciamDDt des
indulgences .
J'avais pensé, d'abord, que ce mot pain-perbote
pouvait ëlie une conlraclion du mot pain parabolù/ut;
ainsi donnés, sous forme d'indulgences, ces gâteaux
me paraissaient une louchante réminiscence du
mystère qui vient de s'accomplir à la sainte table;
mais un examen plus attentif m'a fait retomber de
toute la hauteur de ma fiction dans la sévère réalité,
ce mot signifie tout simplement : boulé de pain-
d'épice; du flamand piper, poivre, épice...
Pauelle, s. f. Sorte de graine.
Pana, s. m. Benêt, grand garçon qui fait l'enfant.
Pahchette, s. f. Morcean de la panse du cochon.
Pancuc, adj. Pansu, qui a une grosse panse.
Pandol'r.s. m. Jeu de cartes.
Pamaliser (se), v. pr. Se donner des aises; se prélasser.
Ch'enl li qui fait l'souiie et l'eM.
El s'bieir midamm' qiù s'pantalitte.
L'appeir dégourdi fans malice.
IDesi. — Jaca rbalou.)
Paour, s, m. Do pavor, peureux; nom donné aux
paysans par les Lillois.
Paoure, Pauvre, est dans Rabelais.
Papart, s. m . Poupart ; ligure de jeu de cartes.
Parchon, s. f Portion héréditaire.
Parjuré, s. m. Octave de la fèlc des Rois, cetle fêle se
célèbi'u le lundi qui suit l'Epiphanie. On l'nppctle
aussi fôte des Rois bronzés.
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Ce nom de parjuré yient, dît-on, du man<]ue de
fut allribué aux rois mages, qui ne rapporlèrent pas,
ainsi qu'ils s'y étaient engagés, des nouvelles de
l'enfant Jésus au roi Hcrode.
Le roi du festin de l'Epiphanie relève son royaume
au lundi du Parjuré.
Ce jour-là, les ouvriers de la ville vont chez toutes les
pratiques (le leurs patrons réclamer un pour-boire
qu'ils dépensent en conscience. .
Passet, s. m. De pas, sorte de tabouret, de petit escalier.
On appelle ainsi toute estrade mobile qu'on élève
au-dessus du plancher; les ouvreuses de loges le
nomment pelil-bnnc.
Le petit escalier portatif dont le préire se sert pour
placer l'ostensoir au haut du tabernacle est encore
ainsi désigné.
(D< Litoiu Mélicocq.-i4rt{ttM et ouvriert du nord da la France.)
Patagons, a. m. pi. Monnaie, espèces. Le palagon
valait 52 sols.
Patar, s. m. Monnaie de cinq iiards; les ouvriers fiUicrs
comptent pneore avec leurs patrons par patars. On
dit aussi palac (Rabelais), d'ûù patagon.
Patiau, s. m. Pàlée pour les oiseaux.
« Et si t'iHin Dieu enToi* l'i'ogeaui
• Y Dout eniolrs les patiaax.
(B.~l(. — Pnviçeii el Zabelle.)
Patobb, a. f. Prairie naturelle ovi l'on fait paître les bes-
tiaux, pastura.
Paucheub. Rebouteur. Il y a eu à Lille, jusqu'en 4742,
un pauckeur juré, salarié par le magistrat.
Pauvhiscijr, pauvrieur. Membre du bureau de charité
qui distribue des secours aux pauvres.
Païellk, s. f. Poêle à frire, c'est l'enseigne d'un hôtel
de Lille.
pELOTEUz, SE, adj. Lusot, qui pelotle en attendant
partie ; qui s'amuse de peu .
D,g,l.2cd|v, Google
Pbneux, adj. Pour Penaud. Le diclionnsirede Trévoux,
d'après Borel, donne pour origine de ce mot : pu
nudus. Penevx vient plutôt de peine.
Klrni de boucher «tmmelrrui
En buirémc lont bien ptiwM:.
(Frit, pic.)
Pëninque, s. f. Bàlon en spirale de pâte blanche composée
de sucre et de gomme .
PencoT, s. m. Petite perche, poisson.
Persieub, s. f. Persicaire, fleur bleue; duvieu\ français
pers, bleu.
VouIm-xh» lie ce pert eltr cyT
(Force te l'atlieUn.}
Perteleb, V. D. Péter.
Peiiteueb, ère. Qui a l'babiludc des inuoDgniités.
Queu nxlbei»! mlo tuadi:! y esl Bu ptrteUtr.
(P.-U. — Lt Tourqiumoit tl It UUaii lorcicr.)
Peteux, ailj. Penaud, misérable.
Pour «01 cha eti bien honteux
D'élre •etlkz comme de» pitaux.
(R.4I. — BaUan.)
Petit-<!)lerc, s. m. Enfant de chœur.
Petit HÔTEL. Nom qutr portail l'ancienne maison d'arrêt,
dépendance du palais de Bihourt , aujourd'hui
démolie.
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— 109 —
PBTiTg-PL.UDS. Tribunal de simple police où se Jugent
les cODtraventions aux arrêtés municipaux el les rixes
de peu d'importance; de placUum, lieu où se lenaît
l'assemblée .
Pkun, s. m. Pomme.
pEUNiQUE, 8. f. Épaisse marmelade de pommes.
Peun'tierre, s. f. Pomme de terre.
Philippine, s. f. Double amande; ce mot n'est pas
précisément patois, c'est la corruption d'une déli-
cieuse phrase allemande .
Dans nos campagnes, quand un convive, au dessert,
trouve deux amandes dans la même écaille, il en ofTre
une à sa voisine; le premier des deux qui, après
minuit sonné, crie à l'autre : Philippine! en reçoit un
cadeau.
Cet usage, qui n'est qu'une réminiscence du
système de Platon sur la dualité des âmes, a pris
naissance dans la sentimentale Allemagne, il a été
introduit en France par les alliés durant l'occu-
patiiin.
La phrase de rigueur que prononce le fiancé ,
d'ordinaire le plus vigilant, est celle-ci: Guten lag
Vielliebcken, bonjour bien aimée; c'est de Vielliebchen
que nos campagnards ont fait sans scrupule et sans
remords : Philippine; ô béotismel
PicuATE, B. f. Pissai, urine.
PicHE (faire du], loc DéBer quelqu'un, se montrer plus
hardi.
J' pari queJ'VAi vous Taire du pfeA«.
{Desr. — le Pemdifche.)
PiCHE-poT.a. m. Pot (le cbambre. Il y avait à Lille une
rue des Quinze-Pisse-Pots, dont on a fai l pudiquement
la rue des Quinzc-Pols.
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— 110 —
PiCBON, S. m. Poisson.
Il r en a bcn de* tDoniicnn k LiM qni ont dci non» de pitkon.
PicHOTiÈHE, 5. f. Béserroir d'urine.
PicHOu, s. m. T^nge d'enfant. On emploie aassi le mot
pichou, adjectivement, pour exprimer l'état d'une
étoffe r|ul a Changé de nuance, par suite d'un contact
avec t'urine, et qui ressemble au lange spécial, dit
piehùu.
Picot, s, m. Tout objet pointu, qui pique.
El poruit chscdn no pU&foD i pteot de ter et h Térole.
(f roiHud. — SoMUfa de Raiebttqae.)
PiECBA. Kclià. Déjà, pourpièça, vieux français, syncope
de pièce (de lemps) y a.
(Henri Enienne. — PrteeU. éi Long . fr )
Pied-d'agache . Jeu de marelle où l'on se tient sur un
pied.
PiEDEscAux (aller à), loc. Marcher pieds nus comme les
Carmes déchaussés ou déchaus.
Pour qu'eir cesie ro' diegrace
J'T coar' k ptt<it-4éeaux.
[DetT.— LundidEfilfuci.)
Donné m' de» sùt\it i aln point,
, Y riul bien qui d'heueh' des nouviaui.
Car T va loul 1 ptidi dicaam.
(B.tl. — U StteUer et lu VajtintK.)
PiEDSANTK, S. f. Scnticr, perfw famt/tt.
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— 111 —
PieiKETTE, s. f. Noyau de fniil.
Mangeant Jnsqn'ï les pierrettti
El mtrae les queuei.
(B^N.— Un roHrfiifRiiaîi qui n fa<l la (■irrurH <k
manger fbu de pnma (ptun cocAon.)
File, s. f. Raclée; donner une pile à quelqu'un, e'eel
Le battre à oulraoce.
PiLET, s. m. Pilier, poteau. Le peuple appelle pilels
d'place les Lazzaroni qui ne quittent pas la place
publique.
Aller à confesse à père Pilet, c'est s'abstenir de
cet acte religieux.
PiNCHERiAu, s, m. Sorte de pince d'une grande
portée.
PmoERLOTs, s. m. pi. Boucles d'oreille.
Pinte, s. f. Mesure locale d'un demi-U(re.
PiNTER, T. a. De pinte; aimer à boire; on dit d'un
ivrogne qu'il pinte volontiers.
PiKTEux.s. m. Quiaimeà pinter, àboire.
PiiDTEux. Peintre.
Cb'ptnieujc in pinlant dlu, y est mon loal in un cop.
( Léginde tour^uemunie.i
PiNTURLURÉ, adj , Peinturé, grossièrement peint .
Pique, s. f. Rancune ; on a une pique contre quelqu'un.
On appelle aussi piques les mois couverts, en
manière d'atlusion, lancés contre une personne dans
la (-onversation .
PiQOB'HQUE, s. m. Genièvre; liqueur forte.
PiQURs (passer les) , Terme du jeu de marbres ou billes;
c'est recevoir sur les plialaugiis, à courte distance, la
bille lancée d'un pouce vigoureux.
D,g,l.2cd|v,G00glc
— tl2 -
Piquet, s. m. Courte faulx que le pîqueteur agite de
la main droite, tandis que la gauche embrasse la
javelle avec le crochet.
Piquetage, s. m. Moisson au piquet.
Piqueter, v. b. Piqueter les bleds, c'est les coupera
l'aide du piquet.
Dans les temps primitifs le sciage des bleds s'opérail
à l'aide d'une faucille, qui figure dans les attributs
de la Cérès antique.
L'agriculture a employé, depuis, la longue faulx:
elle use aujourd'hui du piquet, emprunté à notre
Flandre .
Ce mode a pour principaux avantages de former
facilement les javelles, et de fournir une paille plus
longue .
Piteux, s. m pi. On appelle ainsi les parasites étrangers
qui viennent à la ducasse, du latin pietosus; ils
étaient pieux quand ils venaient, soutenus par leur
foi, à la dédicace d'une église, ils sont des piteux
3uand ils ne viennent à la ducasse que pour y manger
e la tarte.
Ce mot signifie aussi porté à la pitié.
Femm« trop ;>{l<ui«,
F(lt touvcot fille ifgaeuic.
[Rub.Ë!
Placbette, s. f. Placelle; petite place.
La plus connue à Lille est la plaehette à-
z'Ognont .
Plaignard, de, adj. Homme ou femme qui se plaint
volontiers.
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— 113 —
PLA^GH0M3, s. lu . pi. PlançoDS, plants de colza, piqués
à dislance, en octobre: ils proviennent de la graine
semée après la récolte du sucrion verl .
Dans le vieux langage lillois on appelait plançon
ou planchon un bâton ferré .
Plat-fieu, s. m. Pied plat; liomme sans dignité.
pLATELÉE. s. f . Un plsl bien rempli.
Platelets, s. f. pi. Petits plats.
Platée, s, f. Babil ; bonne langue; ehandelier fiché sur
un plateau.
Plein, Ioc. Plein une armoire, pour une armoire pleine.
Tout plein de monde, pour beaucoup de monde.
Muitum des chartes latines se traduit indifféremment
'p&r plenté[Atpieniias) et moull.
Nous trouvons dans le latin de la charte de fondation
de St-Pierre les mots ; cui mulium commiltitur.
mullum ah eo exigilur, traduils en roman par ces
mots: a eut on commet plentédechozes, on requiert
tnout lie ekoxes (1066).
Le motplenté pour beaucoup se retrouve en tÈte de
presque tous les actes de l'aulorité, au moyen âge, et
uotammentdes ordonnances des Ëehevins.
Il ul ordonné par... el pMpUnti dou commun de ta ville...
Plémures, s. f. pi. Planures, copeaux; le peuple dit :
d'zéplenures .
Pleuve, s. f. Pluie, iepluvia.
Cumme sorlant de l'iau
Tant l'ptiut» étol grande.
(B.-M.)
Plichon, S. m. Pélissim, manteau fourré.
Pluqueh, V. a. Manger comme un oiseau, à petites
D,g,l.2cd|v,G00gk'
— lU —
Pocher, v. a. Presser a\cc le pouce, du vieux français
poehier, poUex, pouce.
PocHEusE, s. f. Femme qui remet les os démis, rebou-
tpuse. {Voir pauckcur .)
PocHON, s. m. Poinçon, poisson, mesure de liquide; d'où
vient le nouveau terme d'argol : pochard. Pockon,
noirel résutlant d'un coup.
Pompête, Ioc, Etre un peu pompête; être en belle
humeur, en gaîlé parl'effel de la boisson.
Ce mot, que l'on iroiive dans Rabelais, tire son
origine des élévations cl rougeurs qui naissent sur le
nez des ivrognes comme des pompons de femme.
Pontificat {veniren grand], Ioc. Venir avec pompe, en
grande cérémonie.
H«i> vieux pérc
Est inirè bier à l'bopiu.
Conduit en );raiiil punlijieal
Pur ses iaranid, s' fetnm* et tet frères.
Toque, s. f. Coup, fêlure.
PoQUETTES.s. f. pi. Marques laissées parla petite vérole;
on dit d'une personne grêlée : qu'elle a eu les
poquetles .
N'y a pusd'iinfjt laW poquttlti
Su' «In vlug" bouffi;
Un T peut juer i (|u'necquei ;
J' laim' mieui qu' s\ s'ro uni .
(Desr. — le garile noIioBoI lomtour.)
Poqudtes volantes, rougeole.
PORETTE, s, f. Poirelte, espèce de toupie. On ventre à
porelte, c'est un ventre en pointe.
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— 115 -
PoRioN, S. m. Poireau.
PORTELETTE, S f. Porle d'agrippiii.
Postillon, s. m. Pelit morceau de papier qu'enfile la
corde lendue du dragon, et qui, poussé parle vcnl,
monte jusqu'à l'aérostat.
« C'est (oui su plus si on lui pcrmellrg de iu^vre dnns les n'in,
le long (lu ronducleur de ch«nvre, le potfillon de papier qui
galope vers le ciel. ■
iV. Lesranil.— Gamin île Lille.)
Postures, s. f. pi. Statues de plâtre qui ornent les
jardins; figures de cire.
Pot AG II, s. m. Se dit spécialement du lait-ballu qu'on
mange dans les fermes avec des louches de bois.
PoucuiiN, s. m. Poussin, pelit poulet et non poulain,
comme l'a Écrit M. Charles Monselel, en rendant
compte dans le journal Paris, du 19 juillet 4853, de
la pasquitle plaisante entre un mari et sa femme.
PoCTBiN, s. m. Petite braise, poussière incandescente à
laquelle on allume le tabac; poudre, pulvérin, de
putris .
Ses mon onl qucu en poufrin.
(F(TJ Bolfl.]
PouHONic, adj. Poitrinaire, qui crache ses poumons.
PouncHA5;, s. m. Quèle; d'où le mot pourchasser.
Pouhette, s. f . Poussière.
PooRLÉQCEH [sc), V. pfon. Se lécher, se délecter.
Pbbstement, adv. Syncope pour présentement; on voit
encore sur des tableaux: Maison à louer prestement .
pREUHE, adj. Premier, par abréviation.
Prinsel, s. m. Bœuf saie, de primum sal, premier sel .
PnisÉE, s. f. Imprimé qui contient le règlement de la
taxe du pain, fixée par le maire, après le marche du
mercredi.
8
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— 116 —
Privé. Lieux d'aisance . commodités . On (rouve
dans Rabelais ce mauvais calembourg : Mome au
privé.
PuoussE, locut. Contraction de prouesse; faire prousse,
se vanter; être en prousse, être monté, se mettre en
colère .
Puissant, te, adj. Pour signifier un homme ou une
femme d'une forte corpulence.
PuRAiK, NE. Pur.
Quant ils srronl encliu et mie tur Jei chanliiTG de puroine
cervoise.
(Roisia^ — Stnaena des brvueUeitra de bière.
Aujourd'hui le mot purain se prend généralement
en mauvaise part; on l'emploie pour iniliqu'pr des
gens de même acabit : chetot tout purin, dell'sorte
après les bons.
PuRER, V. a. Passer les cendres àun crible d'osier, pour
en retenir les escarbilles.
PcKGER, V. n. Faire un temps de stage avant d'être
admis dans une société d'ouvriers. C'est un vieux
mot de la langue du droit qui s'applique encore,
dans un sens actif, à la contumace et aux hypo-
thèques.
On raconte que certains dignitaires des sociétés
lilloises, interprétant l'expression dans un sens trop
exclusivement pharmaceutique , faisaient prendre
une médecine préalable à leurs malheureux
camiidals.
PuRUu, s. m. Réceptacle de L'urine des vaches; de pute-
eau, eau puante.
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QuicHBB, V. a. Faire souffrir, causer une douleur
cuisante; du latin quattare, d'où probablement le
verbe casser .
(B.-M. — L'amniraur berni.)
QuAR, S. m. Char, on appelle yuars courerfs ces grands
chariots qui, à la campagne, Iransporlcnl, en temps
de ducasse, les invités d'une ferme à l'autre; ils sont
couverts d'une grande toile blanche tendue sur des
arceaux.
QuARRÉE, 8. f. Charretée.
Elle ■ Ars imoureui par earrie.
{B.-V.-Bonileie$fitlkrt.]
L'ImpAt De icra plat déiorintlt que de deui toli Parbff île
chaque quartier de morues, de chaque renlg d'aloiea fraîche* oa
lalfes, de lauraons, d'eliebuih et auiret pcliiont fraii. de
chaqneqneTalItude bareogt.el iroli toit de chaque ifuarrj» de
QiiAHTEKiER, adj. Charther, de career, se dit d'un
vieillard impotent, emprisonné par ses infirmités dans
son fauteuil.
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— H8 —
Qu'as-tu-la? Nom donné aux employés des contribulions
indirectes, tiré de leur formule interrogative.
Qu'au (pour jusqu'au) locution.
Dea lauti qu'au plarond.
(Dcsr. - Jloiunwt.}
QuRHEKiAu, S. m. Manteau de cheminée.
QuENEGQUE, S. f. Petite bille en (erre cuite. Quand on
veut se débiirrasser d'un enfant importun, on l'envoie
jîur à gueneegues .
QuENNEToussG, s . f. Quînto-toux.
J'ai su de I' air t iM roune.
Qu'il arol altrtppt I' qaêrm'loviM.
(0.^. - Lu ifari man«l ihiMjc.)
QuKR (avoir) . .4 voir cher, aimer ; c'est un hellénisme.
QuEHQUE, s. f. Charge.
QuERRE, v. a- Chercher, de (ptœrere, quérir.
QuEHTLN, s. m. Panier; muselière d'osier.
L' HVeilcr a pris ten lirppled d'un' main,
La frinin' elle a pris sen qatrlin.
(U.-N. — L* Savetier M la Vattamit.)
QuEUGHE, S. f. Tranche de puin d'épice, ainsi nommée
de sa forme qui la fait ressembler à une pierre à
aiguiser, appelée en vieux français queua;.
Je luIs roinme la qaeax qui les coateaui aiguise,
EDCOre qu'l couper nullernent elle duise.
{Hob. Eslienne. — PredUmn.)
Queue ru dépôt (être mis à la) . Locution employée
par nos conscrits pour désigner l'état de ceux d'entre
eux qui seront les derniers appelés au service actif.
Les fils de veuves , par exemple , aujourd'hui
exemptés du service militaire, étaient, à la fin du
1" Empire, mis à la queue du dépôt.
(Brun-Lavainne. — Sonvêntri.)
[P. Legrand. — Coniril de rivition.)
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— 119 —
Queue leu leu (à la). En queue de loupi à la suite les
uns des autres, en se tenani par les pans de l'habit.
QuEUETTE (raire). Faire l'école buissonnière; on dit aussi :
faire bis .
QuEURE, V. n. Choir, tomber, de cadere; queure en
deux, accoucher.
Tfll' mi, Iniiirs' gni
Ch'edun Infint,
El m' lenim' Ml tneot prélc i f u«rr«.
(Uiinis. — U HlIm/ (TAniré.)
Queute, s. f. Bière.
Quia (être à), loc. Être à bout de ressources.
Te parle comme un atooI
Dnn' te trouve jimalt i gui'a.
(F. F. — JubiU ie UairUxi.)
Qi'iNQviN, 8. m. Nom d'amitié qu'on donne à un enTant
gâté.
Quiou, s. m. Pain de moine, pet de nonne, chausson de
paie commune renferniant une grosse poire cuite.
BADROUEit, v.a. Blâmer, lancer vertement dans un sens
de riposte.
Babrouîeii, V. n. Rebrousser chemin.
r m' ]ir#t' <]m doup's pour rabrouler.
(Iknri Sii, — f^ ta^tfti terpttUioii.)
Rac (âlre en). Loculîon qui s'applique plus parliculiè-
renienl aux voiliiriers arrèlés par un accident. Le mol
racine vient Ae rac.
Racaille, s. f. Canaille. Ces deux expressions ont pour
racine le mot chien.
Raccroc, s. m. Raccroc de ducasse, de noce; reprise
de la fêle, du dîner; sorte d'octave culinaire.
Racgusète , ad]. Rapporteur ou rapporteuse, terme
d'écolier. Les enfants disent du camarade qui les
dénonce ;
Rachemrr, V a. CoilTer. Ce mot, dans l'ancien langage,
parait avoir signifié aussi habiller.
fiabetais appelle achemeresse une femme de
chambre .
Cependant nous trouvons dansJean Lcmaire :
Quand la défsw <ul mil bai mi babils el aehetmtt.
Cette distinction entre habits et ackeames ferait
croire que le mot ackesmer. d'où rackemer, doit être
pris dans le sens de coiffure. Les femmes de chambre
d'ailleurs sont les coiffeuses.
La soubrette des Jeux de l'amour et du hasard, de
Marivaux, avait, si l'on en croit Bourguignon, la
maiti gui sentait fort la pommade .
Nous pourrions citer plusieurs passages de Brûle-
Maison où le mot rackemer est pris dans ce sens :
Bien rachtmé d'un 6n denielui.
Il y a d'ailleurs une locution qui coupe court à la
controverse. On dit: flacAcmer sainte Catherine; or,
les malheureuses filles vouées au célibat, coiffent
évidemment la sainte, elles ne l'habillent pas.
Cîoogic
— 121 -
Racontagës, s. m. pi. Récils familiers, comptes rendus
de la chronique dujoor. M. Brun-Lavainne a publié,
sous ce tilre, dans le recueil l'Artiste, des souvenira
fort inléressants de l'histoire du pays. Un estaminet
où se débilaienl, le soir, les cancans de la journée a
longtemps existé sous cette enseigne: Au Raconiage.
li était, je crois, situé aux débris St-Etienne.
Rade, adv. Du latin rigidvs; raiemeuX, vite, vitement;
tout rade, tout son plus vite .
Uiirioiis nous rademtni.
J'uie un rinchiricbln
Nous y renlroni bien radi.
Ragektiller. V. a. Embellir, restaurer, mettre en bon
élat.
Grlfe k noi piavriarun.
Nous lomm'i ragtntiUéi.
i\«a. — La tocUU ditGTBiaiUer.Ua»U.)
Rainb, Roike. s. f. Grenouille, du latin Rana. Il y a
rncnre à Lille une rue du Pont^à-Raisnes. On sait
que la rue Chantereine, à Paris, devenue rue de ta
Victoire, depuis le jour où Napoléon, premier consul,
l'habita, tenait son ancien nom d'un marais où chan-
taient les grenouiltet.
Ramentuvoir, V. a. Rappeler, remettre en mémoire.
Nfl ramtnluiioni lien el réparoD* l'ofTenM.
[HolUn. — Dcpit awMimix.J
Randouiuler, V. n. Aller à la recherche avec curiosité
et indiscrétion dans un ou plusieurs lieux (Brun-
I^vainnc). .Aller et vcnirsans motif sérieux, apparent.
Cocifilc
— 122 —
Rako, s. m. Itangée de maisons ; il y avait autrefois,
Biir la petite plact?, le rang des poteritt où est le bazar
Fromont, et en face, le rang du Beau regard. On a
conservé le nom de ran^ au flegard appelé aujourd'hui
trottoir.
BA^G o'olG^oNs, loc. En ordre de bataille, comme des
oignons dans un potager.
Pirlonl, dan* Ici c'ilés. j'en eiceple Avignon
Où ne domfnp pnlDt la ra;ile firult
Det verrrs lumineui perchas en rang d'oignon
Te remptaccnl le Jour quatid la clarlt rnula.
(BnuU-riniii de Lamoatiove nr fitablitiiTiunt lia Lanterna.]
Bappe, s. f. Rave, radis, navet; rue des Bonncs-Rappes.
Raquer, v. n. Cracher.
Rarièbe . s. f. Mesure agraire de 40 à 48 ares. On
appelle aussi de ce nom la mesure de capacité con-
tenant la quantité de grains nécessaires pour ense-
mencer une rasière de terre. Cette mesure est à Liile
de 90 litres environ.
Rassarcih, t. a. Faire des reprises au linge, du latin
ressarcire, raccommoder.
On trouve dans Cicéron, Damiia ressareire, réparer
le dommage.
Rattr^ure, V. a. Attendre quelqu'un pour lui faire un
mauvais parti, parguet-apens.
Ravage, s. f. Grande cage en osier où l'on isole la poule
rjui a des poussins.
Raviser, v. a. Regarder.
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— 1^3 —
Recheneh, V. i>. Littéralement rediner, receenare, se
dit à la campoffne, à propos du repas après le dîner,
appelé legoùler.
RECOHFAnER, V. a. Comparer.
(B.-M. ~ Cioiwon vUlaçeoitc.)
EÉcRiAB. S'emploie fréquemment pour écrire.
RÉCURER, V. a. Écurer, nelloyer en frottant avec du
grès.
Redoubleuse, adj. Fileuse en gros.
RÉDUIT St'Sauveuh. Fort construit en 1671 .
Bien que le nom de Héduit appartienne, en terme
de fortiûcalions, aux petits ouvrages ménagés dans les
grands, c'est une opinion généralemfnt répandue
que le fort du Réduit a été élevé pourr^duire, en cas
d'émeute, le quartier St-Sauveur.
Befi'ge, s. m. Maison de ville où se réfugiaient les
moines chassés de leurs couvents par les guerres
religieuses.
REueROT, TE, adj. Pour legerot, gui n'a pomt sin
poise-
Remettre, v. a. Reconnaître quelqu'un.
Remise, s. f. Epoque où l'on sème, où l'on remel à la
terre les semences qui fructifieront.
Remola, s.m. Gros radis noir.
Rendage, s. m. Loyer de terres.
On raconte que le savant Merlin de Douai excitn
quelqu'hilarilé dans un des bureaux de l'Assemblée
constituanle, quand il employa cette expression locale.
Renfocrmr, V. a. Rembourser.
Renipper, v. a. Donner de nouvelles nippes, rhabiller.
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— 124 —
Repamb», V. a. Rincer.
Repoubbh, V. a. Nettoyer, enlever la pouBaiëre.
Bbpouveter, V. a. Mol recevoir, repousserquelqu'uo.
Requinquer (se), v. p. Se rapproprier ; s'endimaDcher
(Rabelais); Hrt requinqué, se dit de quelqu'un qai
paraît plus soigné que de coutume dans sa mbe.
Qoan qu'elle ■ du neit' linge
Y fsudrot 11 vlr r'qrttnqui».
{Le portrait détaxa narier.)
Retoupeb, V. a. Pour eslouper, boucher.
On dit d'un homme parlant du nez qu'il a le nez
retoupé.
RÈTBAHBR, V. a. Rétramer les vaches, leur fournir une
nouvelle litière; destramen,è\To.in, paille.
Reu, adj. A bout de raisons. Ce mot vient, suivant les
uns de reus, accusé: kabemus confitentem reum.
Suivant les autres, il n'est qu'une contraction iered-
ditus, renda.
Te m' rendi ritf pir leirilioni.
(II. H. — le SaKlts- el la PnyMHfU.)
Reulle, s. f. Roue.
Reuper, V. n. Eruclare. Faire des rois.
Revelëus, adj. Vif, récalcitrant; reveleux, rebelle,
qui se mutine. (Rabelais).
Il ni si rtvtleu
Qu' pour (Kuiroir l'altrapp^,
Il tauclrot surie queu
Pouvoir mellre ilu fé.
(B.-H. — Eloje 6a DtKaux de Tointoiitf .)
Revikler. Pour résister, est dans le roman de Renard.
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— 125 —
Rbwidiage. s. m. BeleTailles de couches. Celle e
pression énergique n'a pas besoin d'explication.
Bewidibr, V. a. Vider.
Rbwigier, t. a. Reguiser, aiguiser.
Y I prij an' hache reieigtée,
Y » copé I' Dette h ecn baadé.
(B.-H. — Lebmdet i/uiabaU tune.)
Ric A Ric. Tout de suite.
Venlre saint Pierre
RiCDOuiLB, S. r. Ribote.
CoB'eDlend pouruna' rie^oulI«,
Qu'up Tu l' dluinch' qui suivra,
Un Tait proiltlon d'aDdoulie
D' pains français pou cb' grand gala.
(Dante. — Lt Grand gâta.)
Rider, v. a. Préparer les terres à l'aide de la herse.
Rigoler, \. a . Plaisanter.
Htlas I ce n'eti pas mainlcDant,
Ferez vousi qu'il TaiiU TijoUér.
[VtxbtUn.}
RincHiNCUiN . Onomalopéc, crincrin du violon. Ce mol
prononcé dur comme rinquinquin est employé par
les enfants pour exprimer i'élat d'un chevalqui hennit
et piaiTe ; il fait son rinquinquài .
RiscAMs, 8. m. Sorte de genièvre mêlé d'anis qu'on
débile à la frontière belge.
RiVAGEOis, s. m. pi. Hommes dn rivage, ouTriers du
port.
RoGHETTE, s . f . Pelil poisson ; homme fort maigre.
DigilicJb, Google
— 120
. tn. Raisin.
Tiroux appelle Rogin notre célèbre clerc Roisin.
RoGNEox, adj. Galeux, teigneux, de rogne, rubigo,
ancien nom de la gale.
Il s'emploie aussi pour cliélif.
Ch'pelll rognev» d' llfe,
(Dur. ~ L'Alnaiiaeh M iwcfec.)
Rognons (jouer aux). C'est uue variante des jeux du
ioat de mouton et du cheval fondu. Aux rognons,
le cheval, loin de se fondre et de se dérober sous le
camarade qui lefranclùl, reçoit sur les reins tous les
joueurs qui , siiccessivemeot, s'accumulent les uns sur
les autres, jusqu'à extinction de force.
Rondelle, s. f. Tonneau de bière.
RosA,s. m. Pomme de reinette rouge .
RosTE, adj . Saoul .
RoDDouDoii . Onomatopée ; tambour.
Les enfants Tout, à la retraite, entendre les rou-
doudoux.
|B,-H. — Le Timrqiiamtiii «tigsti fflUicc.}
RouQE-CROix, S. m. Pain d'épice à l'anis qui a retenu
son nom de l'enseigne de la boutique où on le vendait,
au coin des rues Française ei Ste-Catherine, à la
Bouge-Croix .
RouLiÈRB, s. f. Sarrau que portent les routiers.
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_ 127 —
RoiisTi, a<]j . Rôlt, grillé.
Il eat cuit et roviii.
Vient du vieux français roustir, rAlir.
Il suffit, pour se convaincre de rnuthenticilé
d'origine de ce mot, de relire dans Pantagruel l'aven-
ture plaisante du Taquin qui mangeait son pain à la
fumée de la roustisserye du Petit-Cliàtelel, et le
mémorable jugement du fol de Paris.
(Pamt. th. xxxvri, llï. 3.)
RouvELANT, adj. Bubesreits. Frais. Houvelant comme
wierùse.
RuAu, s. m. Rigole. Ruauter, creuser des ruaux.
RucHON, s. m. Qui ruclionne.
BucDON^ER,v. n. Murmurer, gronder.
RiiEH, v. a. Renverser; ruer ;u, jeter parterre, pour
rouer, assommer, abattre (Rabelais).
RuFFLETTB.s. f. Pelle en bois pour enlever les ordures.
On dit qu'un kommeeslricheà renfler, pourexprimer
qu'il peut remuer les écus à la pelle .
Ces mots dérivent de rafle, rafler, qui impliquent
l'idée d'un enlèvement énergique et complet .
RuFLER, V. a . Enlever à )a pelle .
Ch'jlot r bon temps At% dintelUér«s
On gangnol d' l'arginl k rulfltr.
IVtar. — La ntiOt dpnlMUrr.i
RiiQUB, S. f. Motte de terre.
RusK, s, f. Embarras. Avoir des ruses avec quelqu'un .
D,g,l.2cd|v,G00gk"-
Saboulb, s. f. SemoDce, réprimaDde.
Saclbt, s. m Petit sac.
Sahutbau. s. m. Ouvrier qui tisse une élotFe appelée
saie . Il y a à Lille une rue de» SahttteoMjr.
Saie, s. f. Du latin «o^um ; étofTe de laine.
Saint- PiERHK. Faire Saint-Pierre par nuit, loc., dé-
ménager furtivement.
Saligot, s. m. DiBiinutif de salop.
Sansonnet, s. ra. Petit convoi mortuaire où les cloches
de l'église ne sonnent pas.
Saquer, v. a. Tirer; vient de l'e&pagnol sacar.
Satiblbu. Juron local.
Sauret, s. m. Hareng saur.
Sauteri&ux, s. m. pi. Sauterelles.
T lODl bli^n pu alcrtet
Quv lous ches laiileriaux.
(B.-M. — La ctvisse lupiicoi.)
Sauts (rue des Sepi) . Ce nom ne provient pas des sols
de Lille, mais des saulls, sallaiores, jongleurs qui
iiguraient au nombre de sept sur les anciennes façades
des maisons dn rang dos Halles.
Savaie? pour savez-vous? se trouve dans le français du
muycn âge.
Savii comment qae il adolnlf
(Roben. — Fabba iiMUn.)
On l'employait fréquemment dans le langage usuel
sous Louis XIII et Louis XIY.
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— 129 —
StiHiiOFOEN (aller à). Aller dormir, ik l'aUemanfl'.
SÉcoT, s. m. Homme maigre.
SEf-ocs. Pour secoué, participe.
Sini estre esbrani # ne ueous.
IBarol.)
Segloot, S. m. Hoquet.
D? détresse j n'oot 1' itgloaj>
|K. P. - mriagc niDnfui^ dr CAamkite.)
Sequelain, Escaun. Monnaie de Brabant.
SÉQuoi, s. m. Od Dosait quoi, quelque chose.
J'avais,dans la première édition de mon dictionnaire,
écrit séquoi ou de séquoi, d' séquoi .
M. Desrousseaux pense que mon oreille m'aura
trompé, la prononciation eun' séquoi ressemblant
très-fort àuH d' séquoi.
En l'absetice de textes qui puissent étayer mon
opinion, je n'oserai pas invoquer l'inlaillibilité de
mon oreille, mais, avant de me rendre tout à fait^
j'émettrai tes doutes qui me restent encore.
$egwât substantivé est du masculin, M: Desrous-
seauK-le qualifie ainsi dans soji petit glo&saire.. On
doit, donc dire un séquoi, des séqwns. Pourquoi,
cependant, mettre l'article au féminin, artun' séquoi ?
Me pourrais-je pas dire, plus logiquement que
M. Desrousseaux, en retournant son argument : Vous
avez entendu eun' séquoi pour «n d' séquoi ?
Le de supplémentaire n'est-il pas un idiotisme de
langage très-i^ommun dans le patois de Lille qui admet
cet augmenl pour un grand nombre de mots*
D,g,l.2cd|v, Google
— 130 —
Dans l'Iiypothèse contraire à mon opinion, on se
rend difOcilement compte du genre féminin de l'article
qui précède le fiubstantif masculin séquoi.
Peut-être faudrait-il reconnaître que eunn' séquoi
est ton» bonnement le syncope de on «e sait quoi, et
L'ouseirer alors à celte locution le sens incertain,
dubitatif, que lui donne le langage familier.
On trouve dans Brijie-Maison un nouvel exemple de
cette façon de parler, cette fois appliquée, non à une
chose, mais à une personne, et le sens n'a rien
d'affirmatif.
fsi réveill* m' («eiir
Ed dUcanl : un buque;
N'j »unn»uqaik noiiui.
(Le retour de lean-Loait.)
En résumé, séquoi n'estaffirmalif que quand il est
employé comme substantif, et alors on doit dire un
séquoi.
Nous retrouvons les mois ein n' saqui dans la
première phrase de la parabole de l'Enfant prodigue
traduite en quatre-vingt et un dialectes, pour un
Iwmme, — Patois Wallon. —
Serber, V. a. Fermer; on dit : serrez la porte; de ce
mot vient serrure, serrurier.
SetT sais-tu? apocope, locution qui, sous forme inter-
rogative, est très-fréquemment employée pour con-
firmer un dire quelconque; la locution plurielle,
savaie? qui a le m&me sens, est moins familière.
Setu, s.m. Sureau. Conlraclîon deiamôucus.
C'est avec la tige de cet arbuste, vidée de sa
moelle, que les enfants fabriquent leurs c/açuotVj.
D,g,l.2cd|v, Google
— 151 —
SiBir, s m. Suif.
Si FAIT. Parlicule plus affirmalîve queti.
Par opposition on dil ■ non fait, ou nou fé, pour
indiquer piusénergtquement la négation.
SiHPLOT, TE, adj. Simple, naïf.
Je d' sois mie al rïmplol.
{B.-M. —LenarcluM diflltife.)
Snu, s. m. Tabac à priser ; de l'allemand tabac schnuf.
TbI poivri l' goup' de m' mère,
Aveuc un' demi oorh' ds mu.
(Desr. — PiOritt.i
SoiBH, V. a. Scier.
SoiLE, s. m. Seigle; grii comme pain de soUe.
SoLENT, adj. Pour insolent.
SoHHiEB, s. m. Solive, poutre.
So^, s. m. Contraction de sommet. Au son du clocher,
pour au sommet du clocher.
Ko lum ia lar ed monUe Bramidooe.
[HsluMi.l
J'ai Inflié rcacbell« i l' ptcbolto,
Je d'tToif jusqu'au ion dea bottes.
(D.JI. — Coalm it Ferdinand.)
SOHLET, S. m. Soulier.
SoucAHD, SoocARDE. adj. Soumols ; homme ou femme
qui regarde en-dessous; de l'espagnol cara, visage.
SouGttuGEON, s. m. Scourgeon, escourgeon, sucrion.orge
d'hiver, Scotiee kordeum, grain d'Ecosse.
SouLAS, s. m. Soulagement, de solatium.
Tepeui faire mcD ioula.
On appelle encore soatas le cordon qui aide une
personne infirme à se lever sur son lit.
D,g,l.2cd|v,G00glc
— 132 —
SouLOT, SouLOTTE, aJj. QuI se livre babitucllement à
rivrognerie. Il est rare qu'un homme ivre, se
hasardant à parcourir les rues de Lille , ne soit pas
immédialemont et incessammenl ai cueilli par le cri
populaire: Eh soûlot!! qui l'agace et l'irrite au
dernier point, malgré la débonnaireté de l'ivresse
causée par la bière.
SoopBTTE, s. f. Petite tranche de pain qu'on trempe
dans un liquide .
Diminutif de soupe. Espagnol sopa.
SouvEEto>'NE, s. f. Avmt-tȔl qui suiplombe, severonde
selon Roquefort.
Smerotide est encore usité dans les environs ^e
Béthune.
Ce mot paraît venir de sub ire.
Stappaerts. Etahlissemeut charJtable de pauvres filles,
fondé par Stappaeri, bourgeois de Lille .
Celte maison fut gérée ta 1653 p&r la célèbre
Anthoinette Bourignon qui la dota de 32 prébendes.
(Tironi. — Al. Dopais.)
Stopfé, Fromage à la crème ; du mostoffé, c'est du
fromage mou . Stoffé, pour tôt fait, fabriqué promp-
tement.
Suaires (rue des). Pour des sueurs; ainsi appelée en
souvenir de la surtte, maladie qui, en 1!S30, exerça à
Lilïe de grands ravages.
SwBiTMi (faire) qocl^u'un, le faire enrager.
SuccADEs. {Voit ckacaies .)
Suer de cnAim. Locution pour se plaindre d'un excès
de chaleur .
le paauhe
D,g,l.2cd|v, Google
— 133 —
Supporté ou svnroiiTS. Déjà porté, se dit d'un vête-
ment acheté de seconde main, de bnsard .
SuBDKMANDEn, V. Il , Surfaire, u Je ne surdemande pas,»
dit la marchande à qui l'on propose un rabais trop
considérable.
Sintoé, s. m. Supplément ; addition de quelques gouttes
de genièvre au petit verre bu le soir, en famille, après
le souper.
Surgeon, s. m. Eau sauvage, source qui surgit, de
surgere.
Tabac ok baudet, I(ic, Prendre du tabac de baudet;
regarder le soleil pourétemuer.
Tablette.s. f. Petit carré de sucre gris.
Talbuqueh, V. o. Frapper avec un marteau, ou un
autre outtt.
Talo, 8. m. Courtaude, femme disgracieuse.
Tannant, part. prés. Vexant, lourmenlanl.
Tarin, s. m. Verre de fcière ou de T*n.
Tartine, s. f. Tranche de pain beurrée.
TassehjV. a. Pourtâter.
Il a tatti dMii sin Mcltl.
(0. M. - Hmsurcli rfu etmp ilf Cyaiinf.)
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- 134 —
Tassiau, s. m. Pièce appliquée à un vêtement.
S'n habit est féd' taiaiaux,
(B.-H.— BrasueUtA
Tat'ué glaine, s. m. Tàle mes poules, sobriquet donné
à l'homme qui s'occupe Irop minutieusement drs
soins du ménage.
Tàtoule, s. f. Volée de coups.
vilain' cti<[ae, méchant' toutoulE,
SI ]' m'y meli j' tedonae un' tatoutt.
(Dur. — aeUmr dt NUelte.)
Taudion, s. m. Taudis, réduit.
Enfin ch' Douvean Grégoire
A r'gngné (fa tavdion.
[Desr, — L'IfTBgma a èa Fernnu.}
Taur, s. m. Taureau.
Taton, s. m. Aïeul, atacus , dont le diminutif est
alayolus, d'où fayon .
On trouve dans le testament de Villon, taye et
lat/on pour grand'mère et grand-père.
C'est aussi dans ce sens que ce^i mots étaient
entendus dans notre vieille législation lilloise.
t/>is est en cheale ville ordenée et eiiaule... que enfant après
le decble* de leur père cta de lenr mère lont parlaule et font nn
mont en l'eacanche de leut taion ou de leur taicn.
<afli.iD.)
Le peuple cependant s'est obstiué à voir dans l'aïeul
un degré de parenté au-dessus de grand-père.
L'aïeul ou tayon correspond dans sa pensée au
bisaïeul.
Teiqueb, V. n. Tousser souvent, par une sorte de tic.
Tellf:, r. f.Vase en terre culte, plus large que profond,
ou l'on dépose le lait.
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— 155 —
Tbhpète, s. f. Jeu, en rouchi topête, mot qui peint
mieux l'action. Le jeu consiste à lancer de plat une
pièce de monnaie contre un rour, d(> manière à la
faire retomber le plus près possible d'une autre pièce
posée à terre. On mesure les distances avec an fétu
de paille. Ce jeu a eu longtemps à Lille une vogue
égale à c«lle de la Jforra, à Naples .
Sur r rour qiund qu' cbeel k V îimpéli.
J' buqn' ivre laol d' ménagemlDt,
Qu'J'inronce loudii Haiequeiic.
(Dinii. — Bulint.)
Tbnpre kt tabd. T6l et tard; tempre. matwi. Mot
gallo-belge (Ducange},du latin tempus.
Ter, adj. Tendre, fragile, par syncope du latin (enw;
ou bien encore de leres, etis, tendre, doux.
Terluire ou Treluiiie, V. n . Faire plus que luire,
donner de l'éclat; la syllabe ter est augmenlalive.
Tehtoos, Tertousses. Par transposition de très-tous,
composé de tous et de la particule très, qui commu-
nique aux adjectifs une valeur superlative; il est dans
Rabelais et dans Montaigne .
Dame, dlat-U, Dieu qui [oui voit,
VoDB dolnl Mlnle et boDae lie,
El tr«ilo<it« Il Mropagnie.
Ter vient du latin ter, comme très vient du grec
ifii'f. trois fois.
Nicol et M, Ampère font dériver irès de Irons,
Théiio. Nom propre pourThérèse.
Sont venu'i de 1' culgeaioe
Lm drui ione* aiéqu«io«;
El TMto el Zibelte
» lin \i\etin.
(^.M. - Rnboil.]
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- 136 —
Tignasse, s. f. ChcTelure aihI peignée.
TiLLiACE, atlj. Dur, coriace, filandreux.
TiMBLET, s. m. Exercice gymnastique desenfanU.
TiTis, s. m. pi. Poux.
Tombac, s. m. Ou tombacle, composition de cuivre
jaune et de zinc.
De timibaoU on d'trgent la boucle
Ausii brfl)«nte qu'#n'*rboaclc.
{Porchenmt. — Cliap. I".)
ToncHÉ, ÈE, adj. Mal euiditionné, un bomme ou une
femme mal torché, torché comme quuïre sols.
Toftcuis, s. m. VoyeE paiiéolis.
Torse. Torche, cierge pffor les cérémonies puMk|ues.
Tort (dépens du tort) . Locution judiciaire pour dire
qa'on mettra tous les frais à la charge de eelui qui
succomber&dans la contestation.
ToBTENÉ, adj. Tourné, roulé.
D» cbevcux su vo lieite
Qui (MttDlM tortènii.
T0BTE.1EB, V. n. Ne pas aller droit; tourner autour du
pot.
ToHTW, s. m. Un objet conloumc, torlu.
TouB*QUE,s. m. Tabac à fumer.
TocDis.adv. Toujours; totâdie.
TouiLLAGE, s. m. Gâchis, désordre, Etat de choses
emmêlées. Froissurd emploie dans le même sons lu
mot louillement ;
Or lairons un petit à parler de ce louilUtnent qui éioil «ur
le roi de Franrc, et porletons du priace de Galles cl de ta
Bataille.
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- \ôl -
Touille», v. a. Embrouiller; de tout lier.
ToupiELLE , s. f. Porle , clôture ; du vieux français
eslouper, boucher.
Il a clos V tovpitUe du Tour.
(B.-X. — Le ■«u « (Dw.)
TouPTRiE, 8. f. Eblouissemenl pendant lequel totil semble
tourner devant les yeux ,
TovRLounETTE, S. f. Jcune fille étourdie.
Tour noir, s. m. l^e peuple appelait ainsi le tour
destiné à recevoir (os enTanls abandonnés par leurs
parents à la charité publique.
Il y en avait deux à Lille, ]*un à l'hôpilal général,
l'autre à l'hospice Saiut-Sauveur.
TouTovLE, B. f. Une femme sans ordre, qui m^le, qui
touille tout.
Tbamuer (se). Se remuer, s'agiter.
Tbanaine.s. f. Trèfle.
Tbahner, V. n Trembler; y iranne les fièvres.
Tribouler, V. n. Aller, venir; se triboukr, agira sa
fat^on. Laissons- le se tribouler, s'emploie à Tuccasion
d'un homme qu'on abandonne à ses propres ressources.
Il est dans Rabelais avec le sens de bousculer.
Triboulette, s.f. Verre qui contient une pinte de bière.
Trifouiller . Fouiller avec désordre et profondéaieat .
Trimballer, v. n. Aller ça et làsansmotifs.
Trimer, v. n. Armor. Iremen, aller d'un endroit à
l'autre. Ce verbe s'emploie plus Ercquernsnent dansie
sens d'un travail forcé.
Trinqueballeb, V, a. Transporter avre embarras des
p«w)nnes ou des cboses dans des endroits
différenis.
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Tripe, s. t. Etoffe de lain*: fabriquée |iar les bonr-
geteiirs.
Vaut flanrheieiJDTMpsr les rnjr et «errnent ile vin corpi. sur
la damnslloa de tos itnti, e( voz part de parnrlis que vous tetrt
l'es^ard de loolee les tHpei blenjuiliinienl et léalemeiil.
[hoiaiTI. — Semienldea ergari de ta Bourgeterie.)
D'après M . Brun-Lavainne, le nom de Bourgeterie
provient à celte branche d'industrie de ce que les
premiers ouvriers qui l'importèrent â Lille étaient de
Uourgcs .
A Roubais la fêle des fabricants s'appelle encore
aujourd'hui la fêledes tripiers.
Thipette, s. f . Terme de mépris . Cette femme ne vaut
pas tripette.
ÏBiPETTE, s. f. Panse de veau découpée en lanières et
servie à la sauco blanche .
On dit (l'une personne ou d'une chose déplaisante,
qu'elle ne vaut pas tripette.
Trondeler, V. n. (!kiunr d'une manière un ppu vaga-
bonde, flâner; envoyer quelqu'un à l'trondièle.c'esl
lui faire faire une course inutile, quelquefois désa-
jjréable. Les domestiques crédules vont à l'irondièle,
quand, le 1" avril, ils sont envoyés par de mauvais
plaisants chez les marchands de drap, où ils deman-
dent des lunettes de pinchina, ou chez les pharma-
ciens, où ils demandent du sirop de baudet.
Trouspettk , 8. f. Vilaine petite fille qui fait des
embarras.
TnOYELLB, s. f. Truelle; il existe un cabaret célèbre
sous ce nom à Wazcmmes, vis-â-vis de la Vieîlle-
Avenlure.
Tuter, V. n . Tic d'enfant qui tête à i-idc en suçant sa
langue.
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Vaclette, s. f. Vnse qui renferme la braise où l'on
iillume le labac; chauRerette.
Valeter, V. n. Pourvolter, tourner, volulare, aller à
droilp, à gauche. On attache à ces mois : faire
valeter quelqu'un, une idée d'assujettissement, de
vattaliié.
Varouleur. Ouvrier de filature.
Vëakt. Parlicipedeveoir, voir.
Sr il ne pot derainer per 11 entendable bomme del plaid, oaoi
S'il nt pt'it prouver par dtax hommtt dw plotd MfftiM
d'itrt tnttndvi, enlandnnf et voyant...
(Lait de Eiiiiiaime le CoifiiA-atil, IXflll.)
Vendas ou Vendaque, s. m. Poulie sur laquelle s'en-
roule la corde qui sert à hisser les fourrages au
grenier.
Venir, v. n. Employé pour devenir.
VÈPRE, s. f . Soir, du latin vesper.
Verdi. Coolraclion pour vendredi.
Verdurièhe, s. f. Paysanne qui apporte les légumes au
marché de Lille; les venluriéres sont remarquables
par la forme du chapeau qui les garantit de la pluie et
du soleil.
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- 140 -
VÉREUX, 8. m. Enfanta figure pâle, qui paraît avoir rlrs
vers,
Vebvereli, s. m. Verveux, engin de pè<.^he.
Vertessou, s. m. Pisse Froid, pince sans rire.
Vesse, s. f. Avoir In vesse, avoir peur, luculion d'écolier-
Vettier, V. a. Bt'gnrder, de videre. Vet ch'l'komme!
Regarde cel homme!
ViELJt-HoMMËS (liospiccdes). Etablissement qui reçoit
les anciens bourgeois de Lille tombés dans l'inrortune.
ViGiN, s. m. Voisin, de vicinus.
Vigneron. Nom d'une cloche qui donnait le signal de
la retraite.
Il eit tiop lard teviineronnisiinné.
tft-».(.iW..)
Voir Laineron.
ViNAiGRETTK, S. f. Caisse de voiture reposant sur deux
roues, et traînée entre deux brancards par un hommo
que ht peuple appelle ehevat chrétien.
CnigDaot d'uicr ttt piedi, den unn' vinaigrittt
Eir K rai)ot mener par aa qutva thrtittn,
(Dar-J
C'est l'ancienne chaise à porteur devenue roulante.
Le nom de ce véliiiule lui vient, selon moi, de l'a-
nalogie qu'il présentait, dans le principe, avec la
brouette du vinaigrier.
J'extrais le passage suivant d'un article du Moniteur
du i octobre 1853. signé, E. Tauxier, qui confirme
mon opinion £>ur ce point quelquefois contesté àLiliu.
• Voici Tenir une nouvelle larlélf.
a On Tabrii|ua dei cbaitvs auiquellet on adapla dem roue»
avec un brincard, un homme l'atlelail ilani ce br.-iDrird avec
une lanltre decuiriitctteenssuiolr Buru'i^pauka.ttBerrocbée
■ l'auire bout de In eaisse par un triimpun di- fer.i'l Cuisait
l'ullice de «brvul
Digiiiz^dt* Google
' ■ L«« fbaÛFt de ce mwléle, à eaute tant iaatt de la
Ttuanblanc» qa'ilUt offraient avec les brou «11 ri qu»
traînais») Iti vinaigritrt et marchand! dt moularda
avaient pTi$ U nom diriiolrB de vinaigrtttt. »
On se rappelle encore à Lille la pudique indi-
gnation d'un critique célèbre, à propos des vînat-
greltes.
Vingt- HOMMES. Corporation de portefaix chargés de
vérifier le poids des colis au déchargement des bateaux '
sur le rivage.
Le peuple, toujours narquois^, a longtemps qualifié
du nom des Vingt- Hommea la garde nationale à
uheval, à raison de la faible^^se numérique de son
effectif.
Voie (Un en) . Êlr« en roule . Celle locution dérive de
Tuncienne prononciation, je m'en voy$, pour je m'en
Volée, s. f. Brasse, monvement des bras qui fait
avancer le nageur.
w
Waiuiel, s. m. Regain, de teimetlus, seconde herbe.
Waimer. Miauler.
Warhas, s. m. pi. Faisceaux de paille de fèves qui
servent de litière aux vaches.
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- 112 —
Wassingcc, s. f. Serpillière, toile grossière servant à
l'emballage, que l'on fabrique dans le canton de
Bailleul.
'WiDiER. Vider, sortir.
ZÈGRE, adj. Élroil, mesquin, pauvre, gueux.
Dm rich'n, dei tigr'$. An droU, d'ternés.
ZÉZB, S. m. Un homme à petites idées, quixexa».
Digiiiz^dt* Google
TABLE
Absnier (0-
Atl«».
Arntoqae.
Ahlila.
Alowui.
Aroutnge.
About.
Alwi.
AriDuliie.
Abuser (»■).
Amizi.
Artltbiud.
Acaier.
Am bielle.
Aiselin (ïolr Aehf
ArctaniaiwB.
AmeDdIcc.
lin).
A-hdin.
AiupadisG.
Atille.
Acbelle.
Amear.
Acoa|ii ( «Tnir oit
Amiololer.
Aeiolé.
r.lre).
Amileui.
Aakui.
Awul.
Ain(iiUioD(p«lDd)
AUrger (.').
Aeriïinter (»•).
AmsKtle.
AliCIB.
Adrécber.
A nette.
AMqu*.
AfPquet.
ADgdOl».
Ato tniM d'}.
Amigé.
Angouche.
ALomber.
AlMer.
AnirhM (0.
Atonl.
AOToDtér.
ADk'Tochr.
Attrlao.
Aiïublcr.
AouMui.
AUiut.
Am>lé.
Aparlerfi').
Aubade.
AiïDiiau.
A|.eiipr.
Aubiau.
Agacbe.
Apourhim-r.
Aomondr.
Agé..
Appàleter.
AfaleoTt.
ARobllea.
AiiprocbsDt.
Awrldeo».
Agripper.
Arabie.
ATiBt.
IgrippiD.
Arrhelirr.
Aviw.
ArcbrHe.
Aïoienienl.
Ainsin.
Arlind.
Aïulp.
Ajolié.
Arlandcr.
Awf.
Digilizcdlv, Google
Babacbe.
Beniau (Jeu).
BoDl (aïoir).
Babeaae.
fienlau lumberMu)
Boiinicr.
Bibenueni.
Béoie.
BonnlqueU
Riclée.
Berdaine (courir).
BmidIIIud.
Bad<De(illertla).
Berdriacbes.
BomibO).
BidDuIcti.
Berdoof.
Bonbou (faire,'.
Badoulelte.
Berleau.
Boucan.
BaiTrer.
Beriiérei.
Bouirre.
Bagou.
Berlou.
Bougon.
Bagne* (aller à .
B^rlBser («).
BouRooner.
Btl«.
Bernalier.
BOUJOD.
BtlIU.
Brraeui,
Uoultaiii.
Baleine.
Bcnile.
Bourgage.
Biner.
Bourgeois (cooToi
Ballon.
BIc bar.
Bourler coart.
Balocbgr.
Bielle.
Bourler. Jouer.
Balol.
Bille.
Boorler. loiubeT.
Bilou.
Blllel de mon.
Baloulie.
Uillrtden.1.
Banse.
BItlouet.
Bouler.
Baose bercboire.
Bi«e.
Bouracbe.
Baqnel.
BUer.
Brader.
Baul.
BItel.
Braderie
BaroD.
BisMucr.
Brare.
Barou.
Bisiuquer.
Braire.
BarqueUe.
Bl.loule.
Brebigetle.
Bmainner.
Blime.
BreUe>.
Ba^Ecr,
Blanc-boimel.
Bren.
B«(i|itT.
Blasé.
Bren d'agacé.
Baudequin.
Bleuei.
Bren de ludai.
Béird.
Bkueu.
Bretelle*.
Be.u(|iaiter).
Bleuura.
Brejou.
Bec bol.
Bleu Idl.
Briffe.
Bedoule.
Blenvû.
Btinbeui.
Bi-guln.
Blo.
Bringoe.
Begulnagf-
Bobineur.
BrlMiiue.
Broacbr.
BuDfieui.
BrUMder.
igilizcdl:* Google
BroehoD.
BrOQier.
Buqner.
Brondeler.
Brouleur.
Burette.
BroDMr.
Brouté.
Burgugt.
Broqainle.
Bruant.
Butelle.
UrdliD.
BuilCT.
Broqaer.
BucquF.
Broqaei.
Bulue.
Cabas.
Capon.
Chouler (jeu).
Caborbe.
Capot.
ChonleU
Cabocbus.
Caracole.
Cbucade.
Cabujelle.
CarafieD.
Cbuche.
Cabut.
Carainara.
Clachcron.
Cacaque.
Carcaillou.
Clachoire.
Caché perdu.
Carer(ie).
Claque.
Cacbequien.
Cartier.
ClaquolT.
Cacher.
CaroD.
Clelner.
Cacheu de mannée.
Carré.
Clique.
Cachiïeui.
Carton.
Cliquer.
Caconoea.
CaliUcr.
Cllquei ri claques.
Cadot.
Calimini (en).
Clique- laloD.
Catelian.
Calou.
Cloer,
CaroiiiHage.
Gauches.
CiDuches.
CafoLin.
Censé.
Codac.
Cafouiller.
CodrelaU.
Caire«*.
Cenaler.
Coi. colle.
Calé.
Cent.
Coinoe.
Camaoetle.
Chaude.
Colle.
Campes.
Cbatideau.
C<ria».
Canada.
Chafflolter.
Comptoir,
CaDarlen.
CbliTIolian.
ComUste.
CandeW.
Contraire {venir an).
CaDdeM«Ue.
Chipencbop(allerd.r)
Copot>.
Canette.
Chipoicr.
Coquardier.
Capable de (<lff).
Cbiqufr.
Coqueleu.
Capaneolre.
Cboalne.
Coquille.
Capenoule.
Choque.
Coré.).
Caplan.
ChODicr, fouler.
CorlnchP.
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Cane.
Cracht.
CnKihu.
Cofctie.
Crachel.
CreleiW.
Cmlliai.
Cr«ine.
Croler.
CnUn.
Cramillie.
CrolW.
Cgiton.
Cnnpf.
Crou.
Couet.
Cnpe.
Croni.
Couillon.
Crapeui.
Croquant.
Crtpin.
Croque.
Cûole.
CraquHin.
CouHire.
Craqueloi.
Croquet.
CoulOD, plgmn.
Craiteui.
Croquet.
Coulon<oom prop.).
Crechi.
Crou-crou.
Couqne-baque.
Cren bouli
CrouiloiH.
Couretlc.
CreTBiiin.
Croutu.
Courir «an plai vile.
Crevé.
Cru»u.
CoDrtllIagc-
Crinchor (k).
Cru«nder.
ConrUileu.
CiiDcbon.
Crucbon.
ConrMnoii.
Crlncu.
Curleui.
CooMln.
Cmbe.
Curlue (piln de]
CuTe(U!(illfril').
Crorhe-plcd.
Dubc.
Wcrmr.
Déméprlier.
Dadwl.
DemiUDt.
Damne-
Dépicher.
Damai.
Dédicace.
D'' plaquer.
Danobii.
iMeise.
[Iern«.
Daquolre.
Défunquer.
Détouitler.
Dar.iD,De.
Di<8ag«T (te).
Diuillanr.
Daron.
Défr>lne.
Devenir.
Daronne.
DegiMr.
Uévéniner.
Danit.
D^obilJer.
Oirruler.
Dan>M>.
Wgrioler.
Dlicompia.
Dater.
Dégrioiojre.
Oodiner.
0(.
Déguculer.
Dodo.
Deb'Duquer.
Délvminier I>e).
DeboïK.
D*loqu.r#.
Dor.
DébtU.
béloufer.
Duré.
Décarocher.
Doreui.
igilizcdl:* Google
DorlorEs.
Douqa« Joiiqoe.
Uroule.
Donrunl.
Drigon.
Druquin.
Doube.
Dri.
Dueawe.
Doael.
DrhM.
D«.qtie.
EcafiltC.
Ecafater.
Ecirder.
Echuclier[iVI.
Edile.
Econre.
Eco nage.
BcoDint.
Eronrcbeu.
Ecrépe.
Ecruauiler.
Egalir.
Egard.
Ehoiil
EmarToié.
Einbarra!ié«.
Erablan.
Knibliv«ri«.
Emilion.
Emonl^e.
EqD«iiea.
Empailer.
Estarbille.
Empifrer.
Esmmer.
Endever (ralre).
Enfardel*.
EXCDUt.
EnreDOumt.
EBcoiisanl.
Enfunqué.
Emousm.
EnBfl*.
EspiBier.
EngueuKr.
Esqn«lin.
EnDalller.
E«|iiiBl«r.
EoonT
Etal.
Enroder.
Etoquo.
En ton il 1er.
Eleneltei.
Enijrlu (1 1').
Eteule.
Enrielllir (a).
Eloqu» (s-
EpaCTe.
Eiraln.
Epaulrer.
Eltanner.
Epili».
Elw.
Epincber.
ElriH.
Epoapelle.
Etrivetle.
FaIttMt.
Fallu Icbe.
Farroiitller.
I Faacard.
Faucarder.
Flaque.
I Fergu.
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Ferloupes.
Flécheil«.
Fouronner.
Fermeal.
FiepM.
Fourtée.
Fi.
l^haiDe.
FoDyner.
Flcbau.
Foirer.
Friicho.
FlM.
Fonrer.
Frasolr.
Filer.
ForliOD.
Frajeui.
FHwle.
Frl»iit-h<ll«iit.
Fin.
Force que.
FricttK.
Flnider.
Foncner.
Friïpn..
Flon.
Foaao.
Frusqula (SI).
Flahule.
Fouftrdei.
Foii«.
Flimlquo.
FonlTe.
Funqute.
FlandrlD.
Fourr«li«(éireen).
FUtt.
Fourntquer.
Gafe. '
Giga (parler).
Gaiole.
Galafre.
GaletMii.
GalieUe.
Galoche.
GalDriiD.
GaivaDder.
GaDtola.
Garchonale.
Garçonnière.
Gard.
Giiflel.
Gaarre-collche.
Gaugue.
Gaule.
flauquier.
Gbtd.
Gaiiau.
Giine.
Greignard.
Gigeante.
Greigner.
GigeiDe.
Griffer.
Gin.
Grlngrin ((«J
GiDgeol.
Gringaei.
Ginglpr.
Grioler.
Glslne.
GrippelU.
Gland.
GroiMlie*.
Gla.ei.
Gro(-J«iD.
GlorletU.
Gros mort.
Gloul.
Godsilier.
Grouler.
Godiche.
Gruau.
Godon.
Guernaie*.
Gogu.
GuerDoni.
Gagu«iu.
Guernoier.
Garlier.
Guer(l«r.
Goardaines.
Goei.
Gourer.
Gui, gée.
Gouïion.
Guiter.
Griladewl.
GutK.
Graiirter.
Guilerne (cour)
Grameat.
Gui»e.
GraDd'Hagaila.
Gyrie.
Grind-Tournanl.
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ILiblle.
Havol.
flonaiae.
Hdbriii.
HâJOD.
Hnupellf.
Hall».
Hnyure.-
Hourdage.
mm.
Iltmeur,
Houiwai.
H«ppe.
Hobelie.
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Hochemi»ire.
HuU
mrd.
Hnche-jml.
Huieiie.
Hardi.
Hole.
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loriDl.
rnnocbenl.
IncrlDi|aer(s".
lDfll«r.
Iniiplte.
IndiRiie. ■
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Intendance
iDdUlReDCH.
htottbii.
Induque.
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Jeûner.
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Kanneiie. [ KraCne.
Ladwtro.
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Loq.ie.
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LMquInfmoiiliode).
Lo>le.
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LaUich. de Mm*)-
LIache.
Loaehel.
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Lille.
Lourd.
Lapite.
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Llri.
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Larnease.
Llilan.
Liimerolr.
Larri.
Lombard.
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Léboyll.
LoDimelet.
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Madu.
Haode.
MaeiDX.
Hagemenl.
Mannée.
Macavenle.
Ablueue.
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MMbnqaï.
Haie.
Manuel.
HachDré.
Maladie Jaquelte.
Maqua.
Halva.
Maquiller.
HaOïni.
Mamuioi.
Maraille.
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MirdDché
HiUer-Malte.
MoQthon.
MtTte.
Meli.
Moudre.
MargDulette,
Heure (le).
Honffles.
M.rgoulin.
Meule.
Uoulet.
Mariage Qe» de)-
Ml.
MonniKHilcile.
Marlchlui.
Mie.
Mouue.
Maridle.
Hier.
Houuet.
Haijoler.
Minable.
HoaHaOa.
Haronoe.
MlDCk.
Montre.
HtroUe.
Miae.
MouT«ler.
Marron.
Minoa.
Hontlar.
Maue.
Mltan.
Mou/on.
Mulelle.
Mode (k ra').
Moie.
Mal.
Mole, Moyeue.
HaïOlte.
Halon.
Mai«e.
Mucher.
Matou,
Mun.
Huchelle.
Mauoslielé.
HoDteuie de mode».
Mucb- Un pol (en)
H^oule.
MoDire.
Mugol.
Ueoetle.
MordMor.
HuQt.
HenoQies,
Moreau.
Méquainc.
Hoi^uei.
Nafque.
Noquére
NacliPui.
NobiJiau.
Noquel.
NaijGolreii.
Noufi.
N«D
NoWe-Tour.
Nuiwarl.
Ni.:doulllf.
Nom jel«.
Nunu.
Nleulle.
Moque.
OEulllirde.
1 OM'lt.
OUI.
Oliclle.
Oaliau,
Outre (lant)
Ollflur,
Olieu.
Ouvrer.
Digilicdb, Google
Ttmti.
Peon'lierrf.
Plein ;ioal).
Pani..
Ph<li|>i>tnf.
Plenures.
p»r.
PIrhal".
PI^UTB.
Paillolls.
Pirbr.
Plicbon.
PsinnroU*.
Pkhfriwr.
Pluquer.
Pkhon.
Pnrher.
Pamelle.
PIrhollère.
Pocheiia-.
Pann.
PIchou.
Pucbon.
PïTithelff.
Picol.
PomptiiP.
PanchD.
Plécha.
Ponlifical.
PRDdo-ir.
Piïd-<l'aBacbr.
Puque.
PanlalUeri«e).
Pi«le*i:«ui,
Paour.
Piedwinle.
Porfltr.
pBouri'.
Pierrette.
Poriun.
PipiirL.
Pile.
Poiiclelie.
Pnrchcn.
Pilel.
PoiMIIon.
P«r|iirt.
PlncberUu.
Pnslurw.
Passct
Pindfrlolii.
PoUge.
P*UgOD(.
Pinte.
Pou.bin.
PaliFT
flaUT.
Poumn.
PulUii.
Plnlfui.
Pnumnnir.
Pliure.
Pintcui.
Pnurcbn».
Piucbeor.
Plntnrlor*.
Pourelle.
Piuvriieur.
Piquf.
Pourliqucr (•*)
Payelle.
Pique pique.
Presienienl.
Peloieu,.
Piques (pauer les).
Preume.
PenMn.
Piquet.
Prlnael.
Peninqtip.
PiqiiMage.
Prli«e.
Pertol.
Piqueler.
PriȎ.
Pcrsielle.
Pi.eu..
ProuMe.
RTleler.
PlachellP.
Poluant.
l'rrteliep.
PlalgDanl.
Poraln.
Pplem.
PlanThoit".
Piircr.
Pelll-cl-r---
Platplêe.
Purger.
PelilbdreJ.
Plalflel-.
Piirian,
Pelit!t-,'4alds,
Piat-Seii
Purin.
Peuii.
Piallan.
Digiiiz^dt* Google
Quacher.
QuenneloiwM.
Quewlie.
Uiur.
Quer («Toir;.
Queure.
QatTTte.
QueutP.
Quia (âlre è]
Qu'a»-IU-li?
Quinquin.
Qa-i,at}ai).
Quiou.
QoemeDlan.
QaenedudépAl.
Qacoecqae.
Qoeue len-Uii.
Rabrouer.
Rarijet.
Réo.
Rabronicr.
Ret'brncr.
Beulle.
Rac.
Efcomparw.
ReuppT.
Racaille.
Rtcrire.
Re*eleui.
Raccroc.
Hécarer.
Refléter.
Racciitile.
Redoubleoie.
Reirldiage.
Bacbemer.
Rédall St-Sauvcar.
Rewldler.
BacoDlagfi.
Refuge.
Bewigier.
Rade, radpmenl.
Regerol.
Rie i Rie.
Rigemlller.
Remellre.
Rii-rtoulle.
Raine.
Hemln.
Rider.
Raroenlaroir.
Rémola.
Rigoler.
Randouiller.
Rendage.
Rlacblnchin.
Rnrtg.
RenfouraiT.
RIscanli.
Rang d'ognons.
Henlpper.
RIrageoli.
Happe.
Repainer.
RocheUe.
Raquer.
Récurer.
Rogin.
Kaslére.
RepouvFler.
Rogneui.
RniMrcir.
ReqolDipieT {n).
Rognon».
Ratlendre.
Ri»age.
BeUaracr.
D,g,l.2cd|v, Google
Ron<le1tc.
Rouli.
Rum«r.
ROH.
Rouvelanl.
Rani«ite.
Roate.
Ruan. Tuiulcr.
Ruqur.
RuchoD.
Rnw.
RooRecRiii.
Rndionncr.
Roollére.
RatT.
Stdfi.
Stqiielalii.
sis;.?
Sahaleaa.
Sfqaol.
Soalot.
S*ie.
Snrer.
Soapelte.
Siinl-Pt«rre (r*lre).
Sel.
SiliHOl.
S*Ta.
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Saïuonoel.
Sieu.
SioDé.
Saquer.
SI ral(.
S«im(niedet).
SsnKi (raedMiepi;,
SImplol.
SoWter (faire).
Saorel.
Sno.
Suecadet.
Sauierhui.
Soler.
Surriterhaud.
fUtIblea.
Solle.
Sappori*.
Saviie.
Solenl.
SchkrfhB (aller à).
Son.
Sorgé.
Secol.
SoTlel.
Smom.
Soucard.
Tabac de Iwudcl.
Tarlioe.
Taur.
Tiblelle.
Tauer.
Tilbuquer.
TSHiSU
Telqucr.
Talo.
Tnf mé glaine.
Telle.
Tannanl.
Taloule.
TempAir
Tarlo.
Taadlon.
igilizcdl:* Google
Temprc n lard
Totlen^
Trimwr.
Ter.
Torlcuer.
Trlbonler.
Terinire.
Torlin.
Triboalrllf.
TerlouH.
TonlMine.
Trifouiller.
Théro,
Toudii.
Trimballer.
TlgBMse.
TouillBg*.
Trimer.
Titll.cp.
Twllllfr
Trlnqaeballc
Timblel.
Toupidlr.
Tripe.
Titli.
Toopjrle.
Tripell*.
Tombnr.
Tburloarelte.
Trlpflle.
Torché,
Tour noir.
Trondeler.
TorrhtE..
Tonroule.
TroiMpetle.
Tofȕ.
Trainaer (se).
TraT^ile.
Ton.
Tranalne.
Tuter.
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Verdi.
VIrui-hommes
Yiitltt.
Verdoriére.
Vlgln.
Varonleur.
Vereni.
Vigneron.
VHn(.
ViMlgrelie.
\màu.
VerTeiMin.
Venir
Ve»e.
Vole (élre eii>,
Vépre.
Veiller.
Volée.
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